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Dr. Mamadou NDIONE, Economiste, DG du COSEC

Publié le, 24 mars 2021 par El Hadji Gorgui Wade Ndoye

 L'économie mondiale ébranlée par la pandémie est en quête de moyens de s'adapter pour atténuer le choc. Le Conseil sénégalais des chargeurs (COSEC) qui avait misé sur le commerce électronique depuis le début du siècle donne l'exemple d'une structure pionnière dans sa résilience face à la COVID19.

Au Sénégal, le COSEC a pu en 2020 en dépit de la Covid19, aider à l’exportation de plus de 40 000 tonnes de noix d’anacarde à partir du port de Ziguinchor. « La Covid 19 ne nous a pas empêché de dérouler notre programme. Il a fallu juste s’adapter pour affiner la démarche en tenant compte du respect des règles et mesures barrières », déclare Mamadou Ndione grand défenseur du Plan Sénégal Émergent du Président Macky Sall. Notre invité dévoile également ses ambitions pour Diass son terroir. (Entretien)

 

La Covid 19 a plombé l'économie mondiale, le Sénégal n'est pas en reste, avez-vous pris des mesures pour accompagner les entreprises membres ?

 

Effectivement la Covid 19 a à la fois assommé et réveillé le Monde. Le choc a été certes (et l’est toujours) violent pour les entreprises et les États, mais il s’est agi pour le Sénégal et l’Afrique d’un réveil ou d’un sursaut pour davantage accélérer les politiques d’atteinte de plus de souveraineté économique dans des domaines vitaux comme la santé, l’agriculture, le numérique, la logistique et autres.

Au COSEC, nous étions déjà dans la dématérialisation de nos procédures avant la Covid 19. Nous avons dû accélérer ce processus en offrant aux importateurs la possibilité de faire toutes leurs formalités liées à la délivrance du bordereau de suivi des cargaisons sans se déplacer. Aujourd’hui, plus de 80% des importateurs sénégalais font toute cette formalité légale via une plateforme web qui permet également de payer électroniquement. Pour les expositions de nos produits à l’étranger, avant la Covid 19, nous accompagnions les exportateurs dans des foires et salons à travers le Monde. Nous avons en 2020 développé une plateforme dénommée EVP ou Exposition Virtuelle Permanente qui enrôle beaucoup d’opérateurs économique nationaux orientés vers les filières d’exportation. Dans nos missions d’assistance multiforme aux chargeurs, nous avons aussi développé une plateforme nommée TRACE ou Traitement des Réclamations et Avis des Chargeurs Entrepreneurs pour leur permettre sur la base du numéro de connaissement de saisir le COSEC qui se charge de traiter la requête avec les points focaux des différents intervenants et auxiliaires de transport. Nous avons aussi lancé la bourse de fret lieu virtuel de rencontre entre l’offre et la demande de transport de marchandise. Les équipements et le logiciel ont été déployés au niveau des 14 chambres de commerce du pays pour permettre aux transporteurs d’avoir du fret à l’aller et au retour avec à la clef une réduction du coût de transport notamment des produits provenant des régions intérieures du pays.

Nous avons pu en 2020 en dépit de la Covid 19, aider à l’exportation de plus de 40 000 tonnes de noix d’anacarde à partir du port de Ziguinchor. La Covid 19 ne nous a pas empêché de dérouler notre programme. Il a fallu juste s’adapter pour affiner la démarche en tenant compte du respect des règles et mesures barrières. D’ailleurs, récemment, nous avons organisé un webinaire international de partage des règles incoterms 2020 avec plus de 150 participants et des relais sur écran géant dans trois grandes écoles de commerce. Dans le cadre d’un partenariat avec le Chambre de Commerce Internationale, nous sommes en train de renforcer les capacités de tous les intervenants dans la chaine logistique pour une appropriation des règles régissant la simplification des relations entre acheteurs et vendeurs à travers le monde dénommées règles incoterms dont le lancement mondial a eu Lieu en 2019 au Sénégal sous l’égide du COSEC.

 En tant qu'économiste et écrivain prolixe vous êtes bien placé pour nous parler des chances de succès du plan Sénégal émergent du président Macky Sall ?

 

Le PSE est une chance pour le Sénégal. Il a été conçu avec des déclinaisons quinquennales pour, en plus de la trajectoire d’émergence, se donner les moyens d’actions pour des ajustements en fonction des résultats et chocs exogènes. La conviction du Président Macky Sall est depuis le programme Yoonu Yokkuté qu’un développement endogène du Sénégal doit s’appuyer sur les trois priorités que sont la femme, la jeunesse et le monde rural. C’est à partir de ce socle que sont bâtis les trois axes de la première phase du PSE que sont l’infrastructure, le capital humain et les institutions. Le PAP 1 première phase du PSE a permis en cinq ans (2014-2018) de corriger sensiblement le gap infrastructurel du pays avec des investissements orientés vers les zones de production. Nous avons pu régler dans cette première phase la question énergétique avec un doublement des capacités installées accompagné d’une diversification des sources d’énergie. Nous avons pu densifier davantage le réseau routier et les pistes de production tout en améliorant sensiblement la disponibilité de l’eau en milieu rural. Nous avons pu mettre l’accent sur l’agriculture avec plus de 2 000 tracteurs injectés en milieu rural grâce à une politique de subvention de l’Etat. Ce sont ces investissements publics massifs qui ont permis d’avoir des productions agricoles records et un taux de croissance quasiment multiplié par deux comparé à la période quinquennale précédant 2014.

En 2019, nous étions déjà bien partis avec la deuxième phase du PSE qu’est le PAP 2 (2019-2023) qui mettait l’accent sur les cinq initiatives majeures à travers, la jeunesse, l’économie sociale et solidaire, l’industrialisation, le numérique et l’économie verte. La Covid 19 est passée par là ce qui a nécessité une résilience doublée d’une relance avec le PAP 2A qui va permettre de rester sur les rails de l’émergence en mettant l’accent sur les conquêtes de souveraineté alimentaires, pharmaceutiques, sanitaires, numériques, etc. Ce qu’il faut comprendre avec le PAP 2A, c’est que grâce à plus de synergie des actions de l’Etat adossées à un secteur privé national dynamique, notre pays va vers plus de développement endogène. Oui le PSE connaitra un succès parce que la Covid 19 a fini de montrer que l’option d’émergence séquencée par grappe de cinq ans est la bonne. Les initiatives du Chef de l’État sont des formes d’anticipation salutaires parce que le gouvernail du navire Sénégal est bien tenu par un homme d’expérience et de défi.

 

 

Pouvez-vous nous dire le rôle que joue le Cosec dans l'économie du Sénégal et qui tend vers l'émergence ?

 

Le COSEC est un établissement public à caractère professionnel dont la mission s’articule autour de l’assistance aux importateurs et exportateurs du Sénégal par la promotion du transport maritime, la formation et l’investissement. Le COSEC est à titre d’exemple actionnaire majoritaire de l’armement national COSAMA SA qui, en plus de la liaison maritime Dakar-Ziguinchor, agit dans le cabotage sous régional par un transport de marchandises avec deux navires cargos le M/V Djilor d’une capacité de 5 000 tonnes et le M/V Diogué qui peut prendre 2 000 tonnes. Autre exemple, au niveau du port de Ziguinchor, le COSEC a construit la gare maritime. A Saint Louis, nous avons construit un entrepôt frigorifique du port. Au port de Kaolack, nous avons financé la construction d’un entrepôt de 1 000 m2. Le COSEC qui a été un des bailleurs les plus importants lors de la mise en place du système Gaindé a aidé à son déploiement à Ziguinchor permettant de booster les activités de transport maritime de marchandise dans le pole territoire Casamance. Sur l’axe Dakar Rufisque, c’est le COSEC qui a acquis le navire Mame Coumba Lamb et construit le ponton de Rufisque devant permettre les accostages de ce navire passager. En 2021, nous allons filialiser la gare maritime de Rufisque pour lancer cette liaison maritime.

Dans un autre registre, sur toute l’étendue du territoire, le COSEC travaille avec les 28 chambres consulaires (chambres de commerce et chambres des métiers) qui bénéficient de nos subventions pour leur fonctionnement et d’accompagnement dans leurs activités. D’ailleurs, le COSEC a construit l’essentiel des sièges régionaux des chambres de Commerce du pays. Pour dire simplement que l’empreinte du COSEC est indélébile dans l’économie nationale.

Pour coller à l’émergence en cours du pays, nous avons élaboré un Plan stratégique qui renforce l’option cœur de métier du COSEC tout en préservant nos revenus pérennes. Nous avons également fini d’élaborer en 2020 avec les 28 chambres consulaires et les filières agro-industrielles un plan inclusif pour tirer profit des investissements massifs de l’Etat en milieu rural afin de booster nos productions et nos exportations dans une approche chaine de valeurs. Le COSEC conscient que la bataille du maritime se gagne à terre agira les années à venir davantage sur la résolution des équations logistiques de stockage, de transport et de conservation des produits pour les marchés intérieurs et extérieurs.

 

Pensez-vous que la Zlecaf peut apporter une valeur ajoutée au commerce sénégalais ?

 

Je le crois sincèrement parce que déjà les exportations du Sénégal en valeur vont à plus de 42% vers l’Afrique. Cela veut dire que nous avons un appareil de production et une approche logistique qui font que nous commerçons bien avec l’Afrique. La ZLECAF est une belle opportunité pour l’économie sénégalaise parce que le défi africain est de passer rapidement à 50% de part de commerce interafricain conte 16% actuel. Il est vrai qu’il y aura des inquiétudes mais, le Sénégal est prêt et le sera davantage grâce à la synergie des acteurs du privé qui bénéficient d’un accompagnement des structures publiques. Il va falloir accélérer les processus de mise en place des solutions logiques le long des corridors menant vers l’hinterland africain pour gagner en efficience et faire des économies d’échelle afin de garantir plus de compétitivité de nos produits. Si nous maitrisons nos coûts logistiques et si nous adoptons une attitude positive et conquérante, la ZLECAF sera une opportunité immense pour notre économie.

 

 

Quel est le rêve pour Diass dont vous voulez devenir le maire et qui a certainement profité du plan Sénégal émergent avec un aéroport ultra-moderne et d'autres réalisations ?

 

Diass fait partie des priorités en terme de développement économique et social. Il y a déjà l’aéroport. Il y aura le port de Ndayane qui sera aux flancs de la Commune de Diass sans compter le projet Dagga-Kholpa et la zone économique spéciale. La question essentielle pour tout fils du terroir est d’anticiper pour que les populations de Diass profitent au maximum de ces projets. Il faudra renforcer l’assiette foncière des villages actuels en terme d’extension bénéfique aux populations dans une totale transparence. Il faudra aussi anticiper en termes de formation pour que les populations riveraines puissent être aptes à occuper des emplois issus de ces projets. Il faut reconnaitre que l’équipe municipal actuelle n’a pas su à temps prendre les dispositions d’anticipation sur ces questions. Il s’agira de corriger cela dans la paix et la concorde dès la première année si nous sommes élus Maire de Diass.

Notre rôle une fois élu Maire de Diass sera de faire le maximum possible pour que les populations tirent profit de ces projets structurants. Nous ne serons pas des spectateurs. Nous serons des acteurs et nous mettrons en place des projets endogènes locaux pour faire profiter aux populations les opportunités de ces projets structurants. A l’instar de ce qui se fait à Sandiara et à Malicounda en terme d’inclusion et d’anticipation, Diass qui a largement plus d’opportunités ne doit pas être en reste, mais il faudra voir plus loin que le bout du nez et anticiper.

Nous voulons être maire de Diass pour une seule raison : placer Diass dans le top 10 des communes les plus dynamiques et les plus profitables pour ses habitants les 10 prochaines années. Ce défi est largement à portée de main parce qu’étant un défi collectif porté par toute une communauté. Notre rôle sera de fédérer toutes les forces vives pour l’atteinte de l’objectif de développement inclusif. En attendant, nous pensons avoir la légitimité politique, la confiance des populations, la base et la coalition large pour relever ce défi.

 

Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade Ndoye