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Adaptation tropicale de Lysistrata : Les Intrigants font ‘La Guerre ou l'Amour’

Publié le, 25 mars 2011 par El hadji Gorgui Wade Ndoye

La compagnie de théâtre, Les Intrigants de Kinshasa, présente la pièce La Guerre ou l'Amour, mise en scène par le Suisse Michel Faure, d'après Lysistrata du Grec Aristophane (495 - 380 av. JC), un des plus grands poètes de l'Antiquité, connu pour son sens comique et ses critiques politiques et sociales. La pièce est jouée en Suisse romande du 22 mars au 16 avril, suivie par de débats sur les droits des enfants et des femmes en période de guerre.


 

 GENEVE - Amnesty International s'est associée avec la Compagnie des Intrigants pour promouvoir un spectacle théâtral qui fait le tour de la Suisse romande (Genève, Lausanne et Fribourg) depuis le 22 mars, ouverture officielle, au théâtre de la Parfumerie en présence de personnalités genevoises et d'un nombreux public, et se poursuivra jusqu'au 16 avril.

Ce spectacle joué par une troupe congolaise, Les Intrigants de Kinshasa, est une adaptation moderne et africaine du Lysistrata d'Aristophane et transpose dans le contexte congolais actuel la fameuse grève du sexe menée par les femmes grecques en vue de ramener leurs guerriers de maris à la raison. Dans un pays déchiré par les conflits, les femmes de toutes les provinces font un pacte pour en finir avec la guerre : tant que les hommes continueront à se battre, elles feront la grève du sexe. Elles occupent également la banque centrale pour empêcher que l'argent public ne serve à l'achat des armes, et réclament leur droit à participer à la direction politique et économique du pays. Après une période de colère et de refus, les hommes finissent par accepter les conditions des femmes et la paix est déclarée.

Monter aujourd'hui Lysistrata au Congo correspond parfaitement à la ligne de travail des Intrigants : dénoncer avec humour et engagement la réalité sociale de leur pays, lit-on dans le dossier de presse. L'actualité de ce texte est totalement déconcertante, il suffit de rappeler la grève du sexe des femmes kenyanes au mois de mai 2009 pour voir à quel point Aristophane était un visionnaire. Dans un pays où le viol est considéré comme une arme de guerre, parler de la place des femmes dans la sexualité, dans la gestion des affaires économiques et politiques, en bref de leur pouvoir dans la société, nous paraît de la plus haute importance, explique Michel Faure. ‘De plus, l'efficacité, la drôlerie, le côté iconoclaste d'Aristophane correspond à merveille à l'esprit populaire africain. Tous ces éléments font de Lysistrata un texte idéal à monter à Kinshasa’, poursuit le metteur en scène.

Adaptation et mise en scène
 
En vue de la création de La Guerre ou l'Amour ? par la Compagnie Théâtre des Intrigants, Kulumbi N'Sin Mbwelia (directeur artistique des Intrigants) et Michel Faure (metteur en scène) ont travaillé à une version africanisée du texte d'Aristophane. Cette adaptation reste très proche du texte d'origine, mais en replaçant dans un contexte africain les références de la Grèce antique, sans en changer l'esprit, les tuniques deviennent des pagnes, Sparte devient le voisin de l'est (le Rwanda pour le Congo), etc. La pièce a été élaguée pour pouvoir être jouée par 6 acteurs, 3 femmes et 3 hommes, mais les chœurs ont été maintenus.
Si le thème est grave et résonne de façon tragique au vu des exactions commises par les groupes armés au Kivu, à l'est du Congo, il n'en reste pas moins que Lysistrata est une comédie. C'est ce qui nous sauve du désespoir. Le texte contient déjà les éléments comiques, truculents et paillards, c'est incontournable. L'enjeu est de garder dans le jeu d'acteur une authenticité, un engagement réel. La violence du comique est à aborder et défendre avec sincérité. L'engagement est physique, tonique, rapide, fougueux ; on doit sentir la rage du combat des femmes pour la paix.
Outil essentiel de la mise en scène : le chœur, forme théâtrale toujours à inventer. Entité vivante à la présence scénique multipliée. Même à trois, le chœur existe. Les femmes font appel au public. En effet, une interaction entre scène et salle implique le public pour qu'il se sente concerné personnellement en tant qu'homme et en tant que femme et non plus en tant que simple spectateur. Ainsi le chœur déborde du spectacle et plonge dans le réel. Le chœur retrouve sa mission primitive : porter la parole de la Cité. En plus de la pièce jouée magistralement par les comédiens congolais, le public peut poursuivre la réflexion autour des rencontres thématiques sur ’Droits humains et enfants soldats en Rdc’, ‘Conflits armés : quelle justice pour les femmes ?’

El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)