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RENAISSANCE AFRICAINE ET ETATS UNIS D’AFRIQUE

Publié le, 21 février 2011 par Prof. Abdou Salam SALL, Ancien Recteur UCAD

Il me plaît particulièrement de féliciter le Prof. Iba Der Thiam pour son engagement pour la cause Africaine et la dignité des noirs. Il est clair que l’humanité toute entière lui reconnaîtra, dans son histoire, d’avoir organisé le forum du 3éme FESMAN sous le leadership du Président Me Abdoulaye Wade.

Je félicite et remercie tous les membres du comité scientifique.

Notre table ronde traite de la renaissance Africaine et des Etats-Unis d’Afrique. Il me semble que la renaissance Africaine, dans une société globalisée avec la formation de regroupement de plus en plus grande, passe forcément par la création des Etats-Unis d’Afrique. Nous constatons que la plus part des puissances et celles émergentes sont constituées de fédération. Il s’agit, entre autre, des Etats-Unis d’Amérique, du Canada, du Brésil, de l’Inde. En Europe, l’Union Européenne s’élargit de plus en plus. Dans le monde entier de grands ensembles se forment ; c’est le cas en Asie et en Amérique. Une des réponses à la globalisation semble être la constitution d’entité de plus en plus large. Comment dans ce contexte maintenir des frontières qui nous ont été imposées par la conférence de Berlin ? Il me semble que la première tâche, pour libérer l’Afrique et autoriser sa renaissance, est de nous affranchir des conclusions de la conférence de Berlin en créant les Etats-Unis d’Afrique. Nous n’aurions jamais du aller aux indépendances en acceptant la nucléarisation des états Africains. La vraie décolonisation est de sortir du référentiel élaboré par le colonisateur. En se maintenant dans ce référentiel, leur référentiel, nous servons leurs intérêts. Une simple étude de la structure de l’économie Africaine atteste de cela. En fait le nord se nourrit encore du sud. Les neurones des participants à la conférence de Berlin ne peuvent pas être plus développés que nos neurones  à nous tous réunis. L’élite des pays développés ne doit pas comprendre mieux que nous les tenants et aboutissant du monde moderne voir post moderne.

Si nous voulons compter dans le monde d’aujourd’hui, tout plaide pour la constitution des Etats-Unis d’Afrique. L’éclairage historique atteste d’une histoire Africaine largement partagée. Il y a une véritable continuité culturelle en Afrique. Rien ne différencie la danse zoulou de celle de certains terroirs en Afrique de l’Ouest. Les valeurs de solidarité familiale se retrouvent à travers toute l’Afrique. Rien ne différencie le phénotype de certains peuples d’Afrique de l’Est et du Centre des peuples d’Afrique de l’ouest.  D’après Cheikh Anta DIOP, « il existe également un fond linguistique commun. Les langues africaines présentent la même unité et constituent une même grande famille linguistique aussi homogène que celles des langues indo-européennes. Rien n’est plus facile que d’établir les lois qui permettent de passer d’une langue zoulou (bantou) à une langue de l’ouest africain (sérères-wolof, peulh) et même à l’ancien égyptien ».

Malgré tout cela, depuis 50 ans les dirigeants de l’Afrique n’arrivent à mettre en place l’Etat Fédéral. Nous devons répondre à des questions précises et bâtir une stratégie débouchant sur la création des Etats-Unis d’Afrique seul à même de garantir la dignité des Africains dans ce contexte mondial. Je voudrais interpeller les panélistes et aussi les participants sur trois groupes de questions :

1) Quelles sont les valeurs partagées qui doivent fonder la constitution des Etats Unis d’Afrique ? Est-ce que nous ne devons pas élaborer une constitution des Etats-Unis d’Afrique et la faire partager largement en Afrique ? Il semble, à la suite de Cheikh Anta DIOP, que le bicaméralisme avec une implication des femmes est conforme à nos valeurs de société. Comment organiser des institutions équilibrées en mettant en bonne place la diaspora ? Comment gérer la question de la souveraineté qui est assez souvent convoquée par certains chefs d’Etat ? Avec la globalisation, qu’est ce que la souveraineté pour nos Etats très souvent sous l’influence des Institutions de Bretton Woods ? Comment démontrer à nos Chefs d’Etat et les convaincre que nos pays auront, à y regarder de près, plus de souveraineté dans le cadre des Etats-Unis d’Afrique ? Il est clair que cette question est fondamentale et mérite une réflexion urgente. La question n’est pas nouvelle. Elle a été soulevée et résolue dans le cadre de la création des Etats-Unis d’Amérique. Quel contenu donner à la subsidiarité ? Est-ce que nous devons attendre que tous les pays se mettent d’accord pour créer les Etats-Unis d’Afrique ? Si non à partir de quel nombre de pays nous pouvons recommander la création des Etats-Unis d’Afrique ? Est-ce que la continuité territoriale est une exigence ?

 

2) Bien que systématiquement pillé depuis des siècles et des siècles, notre continent reste toujours riche de ses ressources naturelles et l’est encore plus avec ses ressources humaines. Quelles stratégies pour déconstruire la polarité économique africaine et reconstruire immédiatement sa convergence interne ? Comment, sur chaque ressource naturelle, mettre une couche de propriété immatérielle ? Quelle industrialisation pour l’Afrique ? Il nous revient que les éléments techniques de la création de la monnaie unique Africaine seraient réunis mais que les banques centrales pour des raisons non avouées empêchent son avènement. Comment lever les contraintes ? Quelles stratégies pour fusionner toutes les banques centrales d’Afrique en une seule banque ? Comment mettre la Science et la Technologie à la disposition de l’Afrique pour sa renaissance ? Comment aider à la mise en œuvre des orientations pertinentes du NEPAD ?

3) Nous devons tout faire pour que notre pays, l’Afrique, puisse prendre sa place, toute sa place dans cette globalisation. Personne ne le fera à notre place, nous avons des alliés mais aussi des adversaires pour ne pas dire des ennemis. Il est clair que la création des Etats-Unis d’Afrique ne correspond pas toujours aux intérêts de certains pays mais aussi de certains organismes et même de certains chefs d’Etat. En effet, beaucoup de pays et d’organismes étrangers vivent de leurs transactions avec l’Afrique et ne cessent de la piller avec des complicités locales. En ce qui concerne les chefs d’états, ceux qui ne sont pas pour les Etats-Unis d’Afrique immédiatement, proposent une démarche progressive qui, à l’expérience du temps, à peu de chance d’aboutir. Dés lors que les chefs d’états ont montré leurs limites, est ce qu’il ne faut pas envisager la mobilisation des masses Africaines pour la création des Etats-Unis d’Afrique ? Si nous partageons cette orientation, est qu’on ne devrait pas la transformer en soutien aux chefs d’états prêts pour les Etats-Unis d’Afrique ? Comment organiser la mobilisation ? Quels sont les éléments que nous devons concevoir comme déclencheur de la création des Etats-Unis d’Afrique ?

Est-ce que notre table ronde peut donner les éclairages pour baliser notre marche vers la renaissance Africaine par la création des Etats-Unis d’Afrique ? Telle est la question pour les trois heures à venir.

 

Prof. Abdou Salam SALL, ancien Recteur UCAD, Modérateur