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L'ORANGE EST SUCEE, L'ECORCE EST JETEE

Publié le, 09 juin 2006 par

Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur de publication, g.ndoye@continentpremier.com

Il faudra être celui qui reste... Te rappelles - tu Camus dans "la Peste"? Il faudra sauver l'écorce. Cette relation douloureuse et longue, ne le compare pas avec celle de Voltaire et son ami le roi Frédérique de Prusse. Plus de trois siècles d'esclavage, un siècle de colonisation, près d'un demi - siècle de néo - colonialisme et d'hypocrisie institutionnnelle. Une trentaine d'années de dettes imposées et de Sida. Et l'Occident, ingrat et corrupteur sans vergogne, s'arrogeant dans sa folie narcissique tout ce qui est progrès humain, te dit : tu es pauvre car corrompu, paresseux, embourbé dans tes guerres ethniques. Ta terre, riche d'or, de pétrole, de diamant, de bauxite, de cobalt, d'intelligence, est transformée en champ de bataille et on te fait croire que tu es pauvre.

Que tu es un damné éternel. On oublie les armes qu'on te délivre gracieusement, les complicités dans ces coups d'Etat, ces meurtres ou déportations des plus dignes fils et filles de ton Continent: Patrice Lumumba, Kwamé Krumah, Thomas Sankara, Félix Moumié, Mamadou Dia, Cheikh Ahmad Bamba, Samory Touré... Cet Occident n'est pas prêt à jeter les amarres de la domination de l'homme par l'homme. Cet occident mon frère est loin de ses principes. Ses symboles sont bloqués. Il a tué le Père pour mettre la machine à sa place. Il a érigé l'argent en valeur suprême. Il a remplacé la chaîne de la solidarité humaine par des réseaux macabres et sanguinaires qui opèrent dans l'ombre de tes élites malades de leur ambition égoïste. Aujourd'hui, l'Occident malade de sa pauvreté spirituelle et de sa décadence humaine, est confronté aux délires de sa propre idéologie économiciste. Il vit de peur et s'entoure de nucléaire et de menace. Il parle démocratie, liberté d'expression et religieuse, de droit à la différence, mais étouffe les musulmans, suspecte les Maghrébins et les Noirs. Ceux qui défendent leur dignité.

Beaucoup de journalistes du Nord et autres spécialistes auto - déclarés, ont érigé l'insulte, l'intolérance et l'insolence, loin de l'impertinence en éthique, préférant les raccourcis qui dédouanent la sale politique qui permet de te maintenir en dépendance et perpétue leur virtuelle richesse. L'Occident affame ton peuple, le soumet à l'indignité par des règles commerciales qui n'ont de juridique que ce qu'elles ont d'inique. Jusqu'à aujourd'hui les producteurs de coton africains attendent les résultats des négociations à l'OMC. Au même moment, leur compétivité s'étiole et les "grands" ( Pitié à nos vainqueurs, comme disait Césaire), et leurs nouveaux amis devenus riches concoctent des produits de substitution. Et nos négociateurs à Genève, quand je les vois suer d'espoir, je hoche la tête.

Et toi, tu le singes cet Occident comme un fou. Et toi tu es attiré comme une mouche sur son miel enivrant. Sache raison gardée. Ces pays qui ont enchaîné tes pères et violé sur les mers et sur tous les cieux, canons en mains tous les principes de l'égalité, de respect envers tes mères, soumis tes frères à un pacte de souffrance et de barbarie indicibles que l'Histoire a déterré, tu te tues vers leur rivage.

L'arrivage de la honte nous est ainsi montré par les télévisions comme au temps des décomptes des valeureux fils et filles d'Afrique ayant résisté aux affres des intempéries, du scorbut, de l'asphyxie en arrivant en Amérique qu'ils ont développée sans que leurs noms ne soient cités. Je te dirai un secret, à chaque fois qu'un esclave mourait sa dernière volonté était de dire à ses enfants: " Mon âme retourne en Afrique. Vous, vous devrez retourner physiquement sur cette terre de nos ancêtres". C'est, nous dit - on, avec la sagesse de Martin Luther King que les descendants d'esclaves ont décidé de changer de posture, en continuant la lutte pour la Dignité des Noirs sur sol américain.

Oh toi héritier de l'Egypte phraonique, de Kankan Moussa, de Chaka, de Malick Sy, de Baye Niass. Toi Fils et fille de la Reine de Sabah. Oh toi mon frère, ma soeur, retourne à l'enseignement de Louqman. Retourne au Temple. Là - bas, tu t'illumineras, et te pourvoieraS en viatique nécessaire pour faire face à l'aveuglement d'un monde injuste et fou. Malade de l'arrogance des multinationales plus puissantes que les Chefs d'Etat de notre planète. Ce monde s'effondre. Ce que tu vis mon frère, ma soeur est la résultante d'une histoire, d'une trajectoire difficile. Ce n'est donc pas le binôme aide - prêt, qui t'affranchira. Ce n'est pas non plus la fuite vers ces cieux réputés cléments et qui pourtant pour qui connaît, ressemble bien à un serpent. Sa douce marche, cache bien son vénin et son dédain face à l'étranger.

Le monde d'aujourd'hui est organisé en fonction de l'avoir et non de l'être. Ce qui compte est d"avoir", et non pas d'"être". Il n'y a pas de service fraternel, ni même d'attitude fraternelle possibles sans la mise en question et la modification des structures économiques, sociales et politiques du monde actuel, admettaient il y a 36 ans des chercheurs suisses in ( Penser la paix pour la faire p. 87). Pour ce groupe dirigé par Robert Junod " l'accueil fraternel accepte celui qui vient sans s'occuper préalablement de son identité, de ses coordonnées sociales ou politiques; il ne lui demande pas sa carte d'électeur ou de parti: il le reçoit comme frère en l'humanité. Il ne lui demande pas de renoncer à ses différences; tout ce qu'il lui demande, c'est la parfaite réciprocité. C'est de tenter ensemble de réaliser " la fraternité universelle sans laquelle tous les avantages publics et individuels sont si douteux et si précaires selon le mot si juste de Mirabeau ( p.92).

L'avenir, c'est toi. L'avenir, c'est la douce perle de ta sueur qui suinte de lumières millénaires. C'est ta sagesse. Ta détermination et ton courage, ton refus de l'abandon et du découragement. Ton retour sur la terre première, la terre nourricière, le passé et l'avenir de l'Humanité. Non, l'Afrique n'est pas encline à la mort. Les Africains n'aiment pas la mort. Ils ont opté pour la vie éternelle. C'est ici qu'est né l'homo religiosus, donc l'être de l'espoir et de l'espérance. Il n'y aura pas de suicide. Il y aura des bras fiers qui travailleront et qui mangeront à la sueur de leur front.