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Une journaliste occidentale est – elle, préparée à produire une information objective sur l’Afrique ?

Je vais vous raconter une petite histoire que je ne vais pas oublier de sitôt. J’étais invitée, il y a quelques années au Bénin pour donner un cours sur le journalisme tel qu’il se pratique en Occident. J’ai donc eu une matinée en face de moi de jeunes journalistes. Je leur ai expliqué effectivement la manière dont on exerçait notre métier en Suisse, les moyens dont on disposait pour le faire et le type de presse qui était en activité. On avait ensuite une heure de débats avec les élèves. J’ai passé la parole à la seule main qui s’était levée..

Et cette personne me demande si je suis mariée. J’ai trouvé ça assez intéressant. C’est à dire la difficulté d’être une femme blanche, journaliste au fin fond de l’Afrique parce qu’on nous remarque. On peut difficilement passer inaperçue dans un contexte peut – être un tout petit peu tendu que ce soit au Congo, lors des Gacaca au Rwanda QUE J’Étais aller suivre. On sait quand même que notre présence suscite des réactions, des comportements qui n’avaient pas besoin d’être.
Je me rappelle, notamment, en suivant un Gacaca au Rwanda, il y a tout de suite eu un comportement. Une autre tension lors de cette procédure. On essayait de me traduire ce qui s’y passait. C’était évidemment très difficile d’où aussi pour nous la difficulté d’interpréter et d’être au plus juste de la réalité.

Concernant mon journal « La Liberté », je peux vous dire que nous sommes assez connus pour accorder une large place à l’Afrique dans nos colonnes. Ceci est surtout le fait de journalistes assez passionnés et assez amoureux de ce continent. C’est aussi dû aux collaborateurs qui nous parlent de leurs problèmes, voire de leurs analyses. C’est aussi dû au contact que nous avons avec l’Agence Info Sud. « La Liberté » est un bon partenaire pour cette agence qui dispose d’un réseau assez étendu de collaborateurs en Afrique et auxquels nous faisons appel pour justement exprimer des points de vue qui viennent de journalistes africains sur une problématique africaine.

Comment une journaliste suisse sachant que votre pays n’a pas de passé colonial appréhende –t- elle les problèmes africains ?

Est ce contraire au point de vu de journalistes français ou anglais qui sont issus de pays qui ont un passé colonial ?

C’est assez étonnant. Moi, je suis assez surprise parce que nous abordons l’actualité africaine et l’histoire africaine sans préjugé. J’ai encore fait une expérience il n’y pas longtemps avec « La Collection Continent noir » des Editions Gallimard. J’ai pris toute une série de publications de ces derniers mois à l’occasion de la rentrée littéraire. J’en ai fait un article assez développé me demandant finalement faut – il une Collection Continent noir chez Gallimard ? Pourquoi pas, si on estime qu’un manuscrit est valable de publier un auteur dans la Collection traditionnelle de Chez Gallimard.

J’avais un peu développé cette réflexion là et j’ai eu un téléphone, de la Maison d’édition dans la semaine qui a suivi la publication de l’article, me disant « Jamais on aurait dit ça en France ». J’avoue que j’étais complètement étonnée de cette remarque parce que moi j’avais tout simplement émis une réflexion personnelle sans aucun préjugé.