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Par Papa Diadji Gueye

Toronto- (Canada) - Excès de zèle, professionnalisme parcellaire ou institutions peu outillées? En tout état de cause l’image de la diplomatie canadienne sur plan international a fait l’objet de nombreuses interrogations dans l’affaire Souaad Hagi Mohamud. Certains observateurs n’ont d’ailleurs pas hésité à relever le paradoxe noté dans l’explosion d’une telle affaire, lorsque le Canada, de tout temps, s’est démarqué par sa promptitude à assister ses citoyens une fois en difficulté administrative dans un pays étranger.     

Les faits remontent au 17 mai dernier, lorsque la jeune femme voulut prendre son avion pour le retour au Canada après un séjour de deux semaines chez sa mère vivant au Kenya. Un  contrôle de la douane la priva de son passeport qui serait appréhendé comme étant la propriété d’une autre personne. Ses lèvres auraient une apparence différente de celles que l’on voyait sur la photo.

Saisis du dossier, des agents du consulat canadien au Kenya confirment le doute de la douane en attestant qu’il s’agissait bel et bien d’une usurpation d’identité et que la femme qui se présentait à eux n’était pas celle dont la photo était estampillée sur le passeport. En conséquence, ils détruisirent son document de voyage et la remirent aux autorités kenyanes pour qu’elles décident de son sort en vertu des lois qui sont en vigueur dans ce pays.

En attendant son procès initialement prévu pour le 17 octobre, la canadienne fut emprisonnée et s’est vu imposer une amende de 2500 $.

Convoquée le 10 juillet par le Haut-Commissariat du Canada à Nairobi, elle a été soumise à une séance d’interrogatoire sur la vie à Toronto pour jauger sa connaissance du pays et de la ville, ce à quoi elle aurait répondu avec précision sans pourtant nourrir une dissuasion à l’accusation d’imposture. Une analyse des ses empreintes digitales aurait même été effectuée sans changer la donne qui traduit le doute sur sa véritable personnalité. En outre, des témoignages de voisins et collègues de la jeune femme se sont révélés vaines pour disculper la présumée imposteur.  

L’épisode cauchemardesque dans lequel s’était engouffrée la canadienne d’origine somalienne,  Souaad Hagi Mohamud n’a pu prendre fin que le samedi 16 Août dernier à l’aéroport de Toronto après que toute charge retenue contre eut été abandonnée : sauvée à la dernière minute par une analyse d’ADN en confrontation avec celle de son fils unique resté au Canada. Le résultat a finalement écarté toute forme de suspicion.

Accueillie en héroïne, elle  n’a pas manqué d’exprimer son soulagement après trois mois de supplice entretenu par la diplomatie kenyane qui lui affublait l’étiquette d’imposteur. 

 

Le long parcours du combattant qui vient de se terminer sur cette note de confirmation d’innocence après plusieurs mois d’arguties judicaires et administratives, pose la question fondamentale de savoir comment une diplomatie de ce niveau peut bien faillir sur le simple établissement  de l’identité d’un citoyen.

La télévision nationale canadienne CBC suggère que l’on change son passeport avec nouvelle et récente photo à l’appui aussitôt que son apparence physique change, même si l’ancien passeport est toujours en cours de validité. Cette mesure, quelque pertinente qu’elle puisse paraître a priori, laisse toujours une marge de liberté aux autorités frontalières et consulaires de relever une certaine différence physique, lorsque l’on sait que le refus ou l’acceptation n’est laissé qu’au bon (ou mauvais) jugement du fonctionnaire ou diplomate. Clairvoyance, discernement et bon jugement, vous êtes donc suspects ! 

Ce cas ne semble pas être le seul, car depuis 3 ans un jeune autiste d’origine somalienne aussi, Abdihakim Mohammed, en séjour en Somalie, a été retenu au Kenya, la citoyenneté canadienne lui étant déniée du fait de ce que les autorités appellent une non conformité du sujet à la photo sur le document de voyage.  

Au vu de la multiplication des cas de cette nature, comment se fait-il que le Canada ne mette pas en place, à l’heure de l’avancée de la technologie et de la médecine, des dispositifs incontournables permettant d’établir immédiatement et avec justesse la véritable identité de ses citoyens qui veulent revenir à leur pays une fois en visite à l’étranger?

Le développement des passeports biométriques pour les citoyens canadiens, qui pourrait être une solution, est certes en vue, mais la finalisation d’un tel projet n’est pas prévue avant 2012. D’ici là, faudrait-il encore s’attendre à d’autres cas de polémiques identitaires sans moyens de vérification fiables, à l’ère de la globalisation et de la montée en puissance des mouvements transnationaux ?