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Interview de l’Ambassadeur Guy-Alain GAUZE, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des organisations internationales à Genève, Coordonnateur et Porte parole du Groupe africain à la CNUCED.

« Oui, absolument et je peux en témoigner, en ma qualité de coordonnateur du Groupe des Ambassadeurs africains. Cette influence était certaine et forte par l’intermédiaire du négociateur, porte parole du Groupe africain. Des initiatives de l’Afrique ont été prises en compte dans le contexte des négociations notamment dans le domaine de l’agriculture, en matière de préservation des préférences tarifaires de longues dates, en matière de produits de bases et également dans le domaine des produits industriels.


M. l’Ambassadeur, vous avez été coordonnateur et porte parole du Groupe des Ambassadeurs africains à l’OMC de décembre 2007 à décembre 2008. Quel était votre rôle ?

« Il s’agit de représenter et défendre les intérêts de 42 pays africains membres de l’OMC et négocier en leur nom au sein de tous les formats de négociations (restreint, bilatéral ou multilatéral) auxquels le coordonnateur est invité à prendre part. Négocier au nom du Groupe africain signifie au préalable un travail technique préparatoire intense approfondi, effectué au cours des réunions internes régulières du Groupe au niveau des experts et dont les résultats sont entérinés ensuite par le Groupe des Ambassadeurs, qui donne mandat au coordonnateur pour exprimer, en qualité de porte-parole, les positions du Groupe africain sur tous les thèmes en négociations notamment, l’agriculture y compris le coton, les produits industriels (AMNA), les règles (antidumping), les services etc ... Enfin rendre compte régulièrement au Groupe de l’état d’avancement des négociations et des échanges que j’ai avec les autres délégations de négociateurs, avec les présidents des Groupes de négociations et le Directeur général de l’OMC en sa qualité de président du Comité des négociations commerciales. Le Ministre du Commerce de Côte d’Ivoire, Monsieur Youssouf Soumahoro a, pour sa part, assuré la coordination ministérielle du Groupe africain. »

L’Afrique peut-elle avoir une influence quelconque sur l’OMC ?

« Oui, absolument et je peux en témoigner, en ma qualité de coordonnateur du Groupe des Ambassadeurs africains. Cette influence était certaine et forte par l’intermédiaire du négociateur, porte parole du Groupe africain. Des initiatives de l’Afrique ont été prises en compte dans le contexte des négociations notamment dans le domaine de l’agriculture, en matière de préservation des préférences tarifaires de longues dates, en matière de produits de bases et également dans le domaine des produits industriels.

Ainsi, les discussions avec le Groupe des produits tropicaux ont porté sur les 42 produits des 60 produits de la liste des préférences et qui se chevauchaient avec la liste des produits tropicaux destinées à la libéralisation. L’enjeu de ces négociations était de déterminer les produits qui seront éligibles au traitement de l’érosion de préférence, c’est-à-dire une mise en œuvre de 10 ans et ceux éligibles au traitement de la libéralisation « complète » du commerce des produits tropicaux dans une proportion de réduction de 70% minimum. Le Groupe africain a été à l’origine de l’intégration dans le projet de modalités agricoles, de tout le dispositif consacré aux produits de base, en termes d’arrangements et d’accords internationaux pour soutenir les prix et en termes d’assistance technique et financière ».

Quelle est l’importance de l’OMC pour l’Afrique ?

« L’objectif majeur affiché des négociations du programme de développement de Doha vise la modernisation du système commercial multilatéral, la maitrise des excès de la mondialisation de l’économie préjudiciable aux plus faibles, l’insertion progressive des pays en développement (PED) dans la dynamique de la mondialisation et la normalisation du commerce international, afin que les règles du jeu soient transparentes, prévisibles et équitables pour tous, assorties de flexibilités au profit des pays en développement grâce au traitement spécial et différencié (TSD). Dans cette perspective historique, le PDD revêt, aux yeux des Africains, une importance capitale. Les gains que les pays africains pourraient retirer de la conclusion du PDD sont tels qu’en matière d’agriculture par exemple, à défaut d’Accord, on assistera au maintien de la politique de subvention aux exportations agricoles qui entre autres pénalise le coton africain. De même, à défaut d’Accord des préférences tarifaires que les pays africains membres du Groupe ACP utilisent pour leurs exportations en franchise de droit de douanes sur le marché européen seront régulièrement menacées par les pays NPF d’Amérique latine ou d’Asie. Le cas de la banane est assez éloquent en la matière. »

Quel est le lien entre l’Afrique et le cycle de Doha ?

« Ce lien est évident. Je vous en donne les raisons et les explications qui y sont liées. Lancé en novembre 2001 au cours de la quatrième (4ème) conférence ministérielle de l’OMC tenue à Doha au Qatar, le cycle de négociation dit de Doha a placé les questions liées au développement au cœur de son programme de travail. Ce qui traduit la volonté de l’OMC et de ses membres d’assurer une meilleure intégration des pays en développement (PED) dont ceux d’Afrique au commerce mondial afin de réduire la pauvreté. Au demeurant, le cycle de Doha est conduit depuis son lancement de façon à répondre aux objectifs du millénaire pour le développement (initiative historique décidée en septembre 2000 à l’occasion du sommet du millénaire à New-York). L’inflexion en faveur du développement du cycle de négociations commerciales de Doha reflète la reconnaissance par l’OMC et de ses membres, de l’importance du rééquilibrage des relations commerciales et la nécessité de prendre en compte les intérêts des pays en développement dans les échanges commerciaux. »

Propos recueillis par Catherine FIANKAN-BOKONGA, journaliste accréditée à l’ONU.