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GENEVE- Dans son nouveau livre « La Haine de l’Occident » publié chez Albin Michel, le Pr Jean Ziegler poursuit avec courage son œuvre consacré essentiellement à la dénonciation des mécanismes d’assujettissement des peuples du monde. Jean Ziegler, ancien rapporteur onusien pour le droit à l’alimentation, élu récemment membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies veut remettre l’église au milieu du Village en demandant à l’Occident de reconnaître sa part de responsabilité dans la misère du monde en réparant les injustices passées qui influent sur le présent de nombreux peuples affamés et humiliés et qui, aujourd’hui, organisent une résistance à laquelle des balles n’arriveront pas à mettre fin et dont on ignore les conséquences sur la stabilité du monde. C’est pourquoi, Jean Ziegler considère que face à une résistance basée sur le formidable et redoutable levier que constitue la mémoire, il faut taire les rancœurs et se débarrasser de l’arrogance fatale pour créer les conditions d’un dialogue, condition sine qua non, pour envisager l’avenir de l’humain dans la sérénité et la fraternité. Le livre de M.Ziegler est traversé par les lumières rasantes d’un Aimé Césaire et de Soyinka à qui il rend hommage. Très certainement affecté par le discours de Sarkozy le 26 juillet 2007 à Dakar, le sociologue suisse analyse les dangers de ce qu’il appelle « le désastre de Dakar ». Un livre à lire !

Sarkozy n’ignore pas la souffrance des Africains, il la reconnaît mais refuse de l’attribuer à l’action des colons, souligne le sociologue Suisse. Ce dernier cite Nicolas Sarkozy: « Cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes» (page 80). A en croire, Jean Ziegler, cette manière habile de parler en recourant à une généralisation pourrait faire croire à un certain humanisme alors que l’auteur de ces propos s’ingénie à diluer une réalité inhumaine dont le tréfonds est de disculper les acteurs. « La mise au fer des esclaves, le martyr de la faim…. Pas la peine d’en faire un plat ! », décortique Jean Ziegler. Ce dernier soutient: « En mêlant les bourreaux et les victimes, Sarkozy dilue la souffrance des Noirs ». Cela veut dire que les bourreaux n’ont aucune raison de faire amende honorable. Ignorance ou calcul politique ?: « Nicolas Sarkozy a de l’homme africain une vision singulière». Pour l’homme fort de la France : « L’Africain est un Sisyphe épuisé, privé d’avenir ». Ainsi pour trouver son salut et entrer dans l’histoire : « Il (lui) suffit de se soumettre à l’Occident». (page 81). La colonisation, est donc une chance ; un bel héritage selon Sarkozy pour « les Jeunes d’Afrique », « tout ce que l’Occident a déposé dans le cœur et dans l’âme de l’Afrique ». En exposant cette thèse à l’Université de Dakar, « Nicolas Sarkozy attaquait tout simplement l’enseignement de Cheikh Anta Diop ». Ce savant sénégalais qui a réhabilité les Noirs en donnant la parole aux anciens pharaons d’Egypte pour montrer l’antériorité des Civilisations nègres, qui sont loin d’être un « mythe » comme l’a voulu dire l’avocat Sarkozy ( page 83). De même son adresse à la jeunesse africaine confine un seul destin, s’il existe, au Continent premier, un seul objectif : chercher l’autosuffisance alimentaire. Entre l’urgence de nourrir tous ces affamés africains, les réalistes qui ont acquiescé de bonne foi, ignoraient le vrai dessein sarkozyen: rappeler à ceux qui s’agitent contre l’Occident, ceux qui sont les porteurs de « la haine de l’Occident » qu’ils ont mieux à faire. C’est vrai que le bétail ne cherche qu’à brouter de l’herbe. L’animalisation de l’Africain dans le discours de Sarkozy n’a pas échappé à nos sentinelles. Le tollé qu’a suscité le discours de Dakar du 26 juillet 2007, imposera un certain silence à Sarkozy lors de sa visite à Alger les 3 et 4 décembre 2007. Il a évité ses sorties philosophico anthropologiques à quatre sous et dont l’architecte n’est rien d’autre que son « Nègre de service », sa plume démoniaque, Henry Guaino décrit par Ziegler comme « le prototype de ces technocrates interchangeables que les Grandes Ecoles françaises produisent chaque année par centaines ». Guaino, dit-il, est « l’auteur de la plupart des fulgurances discursives de Sarkozy » ( page 86). Il est le penseur du « désastre de Dakar ». C’est lui qui a fait croire à Sarko que « mémoire »égale « nostalgie ».
Français, Anglais, Néerlandais, Allemands, Belges, Italiens, Espagnols, Portugais ont entrepris en Afrique et ailleurs une fausse mission civilisatrice basée sur la négation de l’homme par l’homme. Dès lors le racisme devient une idéologie qui constituera la charpente nécessaire pour leur entreprise coloniale et capitaliste. Jean Ziegler écrit que « le racisme est l’essence même du colonialisme » (page 57) en faisant appel à Claude Levi-Strauss qui lors d’un discours sur ce thème prononcé à l’Unesco en 1971, assimilait le racisme à « une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique» (Cf « Race et Culture, Paris, Edition de l’Unesco,1971). Pourtant Emmanuel Kant soutiendra in « Œuvres philosophiques II. Derniers écrits sous la direction de Ferdiannd Alquié, Paris, Gallimard, Collection « Bibliothèque de la Paix » 1981 : « L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi ». Ce que les peuples africains demandent, c’est peut-être ce qu’a concédé le premier ministre Canadien aux autochtones au nom de son pays. Ce ne sont pas que des mots. Certains mots dans certaines circonstances peuvent autant détruire que réhabiliter l’humain ! Stephen Harper a déclaré au nom du Canada : « Depuis la fin du 19ème siècle, et jusqu’en 1969, environ 150.000 enfants autochtones ont été arrachés à leurs parents et conduits dans des orphelinats religieux où ils ont subi des agressions sexuelles et psychologiques » (page 66).
Peut-on ignorer, comme le prétendait Léon Bloy, dans « La France colonisatrice » Paris, S Meissinger, nouv.éd.1981, cité par Ziegler (page 53) : « L’histoire de nos colonies, surtout en Extrême-Orient et en Afrique, n’est que douleur, férocité sans mesure et indicibles turpitudes.»
A Alger, le Président français interpellé sur le passé le passé colonial français, sur la mémoire, réplique par je suis venu pour « construire» et non pour la « nostalgie ». C’est sans compter sur l’intrépide d'Abdel Aziz Boutéflika, le Président algérien qui lui lancera : « La mémoire vient avant les affaires ».

Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE