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LES ENJEUX DES ASSISES NATIONALES SENEGALAISES ET L’APPORT DE LA DIASPORA.

Par Ahmadou Mahtar Mbow

Dans l'interview exclusive qui suit le discours de Paris, Ahmadou Mahtar Mbow déclare que Bolloré n'est pas derrière les Assises nationales qui sont financées par ses compatriotes, contrairement aux accusations tendancieuses qui visent à saper l'organisation des assises. Partis politiques de l'opposition, la société civile dans toute sa diversité, la diaspora sénégalaise, ont entamé depuis le 1er juin 2008 à Dakar une série de rencontres pour, au delà des appartenances, se hisser sur les hauteurs, pour se mettre au chevet du Sénégal. C'est donc, loin d'un "complot", comme le soutiennent ses détracteurs, "un effort collectif de réflexion sur nous-mêmes, sur nos progrès, sur nos succès, sur nos échecs, sur nos divisions stériles, sur les leçons que l’on peut tirer de toute notre expérience de 48 ans d’indépendance pour qu'ensemble, dans l’union et la concorde", souligne l'historien et initiateur du nouvel ordre mondial pour l'information à l'Unesco. (l'intégral de son discours de Paris)-

« Je suis heureux de l’occasion qui m’est donnée de m’entretenir avec nos compatriotes de Paris treize jours seulement après le lancement des Assises sénégalaises à Dakar.

Comme je l’ai dit à son ouverture, ces Assises sont celles de tout Sénégalais mu par la volonté de progrès, de paix et de concorde. Elles sont donc celles de tous les hommes et de toutes les femmes, jeunes et vieux du pays et de la Diaspora soucieux du présent et de l’avenir de notre pays, et par de là le Sénégal, de celui de notre continent, de son unité, de son progrès.

Elles sont l’occasion d’un effort collectif de réflexion sur nous-mêmes, sur nos progrès, sur nos succès, sur nos échecs, sur nos divisions stériles, sur les leçons que l’on peut tirer de toute notre expérience de 48 ans d’indépendance pour qu’ensemble, dans l’union et la concorde, nous puissions faire face aux dures réalités du présent tout en nous préparant un avenir meilleur à notre jeunesse, à notre peuple.

Ses enjeux fondamentaux sont donc la réflexion sur nos institutions, sur notre démocratie, sur notre développement économique et social et sur la recherche de solutions assumées par tous parce que conçues par tous, et qui permettent une action unanime et lucide au profit de tous ses habitants, et en particulier, des plus défavorisés. Elles sont donc les Assises de tous les sénégalais de bonne volonté, unis dans la pensée et dans l’effort.

Elles sont nationales parce ouvertes à tous sans discrimination, elles dépassent le cadre des clivages politiques, sociaux, ethniques, religieux ou autres.

Elles tendent à fédérer toutes es initiatives venues de tous les secteurs de la nation, à utiliser toutes les capacités intellectuelles, toutes les potentialités du secteur formel comme du secteur dit informel, à écouter tout le monde, y compris nos dirigeants d’entreprises de toutes natures, les paysans du plus profond de nos campagnes, les travailleurs de nos villes et de nos champs, ceux de tous les secteurs d’activité et de la vie sociale.

En sondant leurs pensées, leurs idées sur eux-mêmes, sur leur situation, sur la façon dont ils sentent leur vie et envisagent leur avenir, sur la solution des problèmes qui les concernent, et en confrontant les résultats de ces consultations avec les études et les conclusions des spécialistes, nous voulons parvenir à des consensus globaux qui pourront permettre une action lucide et déterminée, assumée collectivement parce que voulue par chacun.

Ces assises ne seront pas, de ce fait, l’occasion de critiques stériles, d’invectives, de mise en cause de qui que ce soit. Ce sont les problèmes, les situations et leurs solutions dans le cadre d’un vaste consensus qui sont les objectifs de tous ceux qui se sont engagés dans cette action. Ce seront des propositions mûrement réfléchies qui en sortiront.

Leurs mots d’ordre sont : clarté ; transparence et ouverture. La démarche retenue pour la conduite de nos travaux consiste, selon les termes de référence adoptés par le Comité national de Pilotage (CNP), à partir d’un diagnostic aussi précis que possible pour proposer des solutions appropriées. Le principe méthodologique choisi repose sur le dialogue consensuel plutôt que conflictuel, guidé par la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers et la conviction que les meilleurs spécialistes des affaires sénégalaises sont les Sénégalais eux-mêmes.

Il s’agit donc de s‘appuyer sur la première richesse du Sénégal, son capital humain, pour, d’une part, évaluer l’état de la situation sous tous les rapports et d’autre part de déterminer les voies et moyens de sortir durablement de la crise actuelle dans toutes ses dimensions.

Ces assises démontreront avec force que sans partager la même idéologie, les mêmes croyances et les même ambitions politiques, des hommes et des femmes, du pays et de la Diaspora, inspirés par l’esprit citoyen peuvent avec détermination et enthousiasme, s’asseoir autour de la même table pour réfléchir en commun à un devenir meilleur de notre pays.

Nous attendons évidemment de la Diaspora d’Europe, des Amériques, d’Afrique, et de partout ailleurs, une participation active. Si Vous vivez loin du pays, nul n’ignore la part que vous apportez à sa survie, à son développement.Je rappelais à l’ouverture des Assises à Dakar que de nombreux Sénégalais connaîtraient la faim ou vivraient dans de grandes difficultés sans l’apport des émigrés. Cette solidarité que vous n’avez cessé de témoigner à l’égard des vôtres et des autres vous honore.

Etant parmi les meilleurs fils de notre pays votre apport aux assises sera donc des plus appréciés. Votre condition dans les pays où vous vivez, la façon dont vous y êtes traités, la place qui vous y est faite font partie aussi de la problématique sénégalaise.

Par ailleurs l’expérience que vous avez acquise dans les pays où vous vivez vous donne un recul nécessaire pour pouvoir mieux réfléchir à nos propres problèmes et aux solutions qui peuvent leur être apportées. Votre contribution, est, par ailleurs, essentielle à la mise en œuvre de toutes les solutions susceptibles de changer la condition de nos peuples. Etant parmi les meilleurs ambassadeurs de nos pays à l’étranger, vous êtes aussi une part importante de notre espoir en l’avenir.

Nous comptons aussi sur votre contribution si modeste soit elle pour financer ces assises ici et au Sénégal. Nous voudrions que tout le monde sache que nous comptons sur nos propres moyens pour mener à bonne fin cette tâche historique par son audace, sa dimension et sa portée.

Aussi voudrais-je vous dire en conclusion, hommes et femmes de la Diaspora, tout mon fraternel respect et toute l’espérance que nous fondons en vous. Vous êtes au carrefour de diverses expériences humaines dont nous savons la valeur.

Votre vie est un combat de tous les jours. Quitter son pays, s’arracher à l’affection des siens pour s’enraciner ailleurs sans cesser d’être soi-même, surtout quand le milieu d’accueil n’est pas toujours favorable, n’est pas facile. Et nul n’ignore les sacrifices que vous vous imposez pour assurer le mieux être de vos familles ici et au pays.

Pour terminer, c’est à cette somme d’expérience accumulée à chaque étape de votre parcours que je rends hommage en vous conviant à y puiser tout le savoir, toute l’énergie et toute la foi nécessaires pour vous exprimer largement dans ces assisses de la raison et de l’espoir que nous ouvrons aujourd’hui avec vous dans la Diaspora."

PARIS, le 13 juin 2008

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC AHMADOU MAHTAR MBOW:« Le financement des Assisses est totalement assuré par les Sénégalais eux-mêmes »

GENEVE- Les assises sont financées par les Sénégalais. Ahmadou Mahtar Mbow qui a grandi sous les ailes de Blaise Diagne, est sorti de sa réserve pour mettre toute la lumière sur les ombres dédaigneuses des détracteurs des assises et de leurs initiateurs. Et « dans un souci de clarté et de transparence, un compte rendu détaillé sera publié à la fin des Assises sur les fonds reçus et la façon dont ils ont été utilisés ». Ancien ministre sous Senghor, l’un des premiers historiens du Sénégal et ancien directeur général de l’UNESCO, est connu pour son Amour indéfectible pour notre pays et l’Afrique-Mère. Invité récemment à Paris par la Diaspora sénégalaise, Mahtar Mbow, n’exclut pas de se rendre en Suisse et partout ailleurs où les Sénégalais le demanderont pour donner une valeur ajoutée aux assises. M. Mbow a par ailleurs minimisé dans cet entretien exclusif la démission fracassante de son vice-président : « c’est un non évènement » dit-il.

M. Mbow, il semblerait que le talon d’Achille des assises est leur financement. Certains, ont cru y déceler une ingérence étrangère confortant l’esprit d’un « complot ». Est-ce-vrai que c’est Bolloré qui finance des assises au Sénégal ?

« Le financement des Assisses est totalement assuré par les Sénégalais eux-mêmes sous deux formes; une contribution de chacune des organisations participantes en fonction de ses moyens et des contributions volontaires venant des Sénégalais de l'intérieur et de l'extérieur. Nous n'avons recours et n'aurons recours à aucun financement occulte. Dans un souci de clarté et de transparence, un compte rendu détaillé sera publié à la fin des Assises sur les fonds reçus et la façon dont ils ont été utilisés ».

M. Mbow, la situation du Sénégal est –elle si particulière pour justifier la tenue de ses assises nationales ?

« Tous les pays africains connaissent des situations difficiles. Le Sénégal n'échappe pas à la règle. Ce qui est nouveau c'est l'ampleur que prend la pauvreté dans les campagnes comme dans les villes. Ceux qui vivent au contact du pays profond, savent la détresse des plus déshérités dont le nombre ne cesse de croître. Cette situation n'est pas liée seulement à la conjoncture internationale, même si celle-ci l'aggrave. Elle résulte de l'absence d'une vision à long terme du développement, un développement assumé en toute conscience par l'ensemble des forces vives du pays et qui tienne compte à la fois de nos réalités et des aspirations du plus grand nombre. Depuis l'indépendance, c'est l'élite intellectuelle formée en Occident qui assume les responsabilités du pouvoir sans toujours se demander si les politiques qu'elle mène sur les plans économiques correspondent réellement aux besoins des populations. On ne développe pas un pays, un pays ne se développe que par la volonté et le travail de ses habitants. Et pour ce faire le consentement des acteurs de la base est indispensable. C'est pourquoi les assises ont pour vocation de trouver le consensus le plus large entre les Sénégalais de tous les milieux sociaux sur la façon dont ils appréhendent la situation et sur les mesures à prendre et la façon de changer les choses. »

Les assises ont connu un grand succès lors de leur lancement. Cependant quelques jours après, Babacar Ndiaye, Président d’honneur de la BAD, Premier Vice-Président des Assises Nationales, a décidé de se retirer. N’est-ce-pas un coup dur si on y ajoute la non participation du pouvoir ?

« Cette démission intervenue au lendemain du lancement des assises n'a et n'aura aucune incidence sur le déroulement de celles-ci. Pour tous ceux qui sont engagés dans les assises, c'est un non évènement qui renforce, au contraire, la solidité de l'engagement des uns et des autres».

Dans le cadre de l’internationalisation des assises, disons de leur appropriation par l’ensemble des Sénégalais vous étiez, le 13 juin, à Paris. Peut-on s’attendre à vous voir en Suisse ?

« C'est la Diaspora de Paris qui m'avait invité à la rencontrer. Je suis prêt à faire de même partout ailleurs y compris bien sûr en Suisse. Nous souhaitons une participation très active des Sénégalais de l'extérieur dont l'expérience sera d'une grande utilité aux travaux des assises ».

Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade NDOYE.