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Il y a une caravane qui va traverser l’Europe et qui va aller à Ouagadougou, composée de latino-américains, d’africains et qui porte la parole de Sankara. Il y avait au passage de la caravane Thom Sank à Genève, la famille de Sankara, sa veuve. Il y avait aussi les avocats qui luttent contre l’impunité de l’assassin. "Je crois que c’était une cérémonie extraordinaire digne pour le 20ème anniversaire de la mort de Sankara et qui a prouvé que la résurrection est en cours" affirme Jean Ziegler, très ému. Pour le sociologue Suisse, "l'histoire de l'Afrique est constellée de martyrs". Pour lui Sankara le Che africain est un héros qui voulait changer radicalement la vie des Africains avec une vision indigène et contre l'impérialisme. ( Réactions sur l'Affaire Sankara).

Qui était Sankara ?

Sankara était un Africain, d’origine Mosi et Peul en même temps ; il incarnait l’universalité, même dans son être physique qui, avec quelques camarades, dans ce pays totalement corrompu et tenu dans les griffes du néo-colonialisme qui s’appelait la Haute-Volta, a pris le pouvoir en août 83. Qui a totalement, par sa parole, par la mobilisation, créé dans ce pays de famine, l’autosuffisance alimentaire par les travaux collectifs, l’irrigation, éliminé la corruption, éliminé une classe sur-administration, en permanence déficitaire et qui a donné la dignité, une identité à ces civilisations éparses, magnifiques chacune, du Burkina. Il a forgé une nation. Il a été assassiné par l’impérialisme le 15 octobre 1987, il y a donc 20 ans mais sa lumière aujourd’hui illumine des centaines de milliers de jeunes africains, d’européens, de latino-américains. Il ne mourra jamais.

Que pouvez-vous nous dire aujourd’hui concernant cette journée consacrée à Sankara ?

Par rapport à cette caravane, on a tenu à la mettre en place pour des questions de visibilité, ça permet de moduler selon les étapes donc pour nous c’est important de montrer l’actualité, les idées avant-gardistes de Thomas, qui sont d’actualité aujourd’hui, 20 ans après. Pour nous, c’était important de montrer cette lumière qui est encore présente dans la mémoire des jeunes, des africains, et d’autres peuples aussi.

BLANDINE SANKARA TEMOIGNE

Quel est votre lien avec Thomas Sankara ?

Je suis une des sœurs cadettes de Thomas Sankara. Nous étions onze, il était le 3ème de la famille et moi je suis la 10ème de la famille ; je vis à Genève depuis un certain temps et c’était mon frère ainé.

Qu’est-ce que vous attendez aujourd’hui de la communauté internationale ?

On attend que justice soit faite afin que l’on aie la paix du cœur, afin que l’on se pardonne parce que ça fait une vingtaine d’années maintenant, les parents sont décédés sans cette paix-là. Donc pour nous, il faut que justice se fasse, c’est la seule raison. Ce n’est pas une question de mausolée ni d’avenue Thomas Sankara qui vont régler le problème. Il faut qu’on nous dise où se trouve la sépulture de Thomas Sankara, qu’on rectifie le certificat de décès qui dit qu’il est mort de mort naturelle, et qu’on se pardonne.

Me Dieudonné Nkounkou, membre du collectif international d'avocats "Justice pour Thomas Sankara" s'explique

Aujourd’hui, où en êtes-vous de ce dossier ?

Il y a bien eu trois procédures : deux procédures qui passent devant les tribunaux et une procédure qui est extra judiciaire et qui passe devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU. La première procédure a été sanctionnée par un arrêt de la Cour Suprême du Burkina Faso, un arrêt d’irrecevabilité où on nous avait dit que notre demande était rejeté parce qu’on n’avait pas consigné la somme de 5,000 francs CFA. Pour la deuxième procédure, là j’ai déposé une plainte pour séquestration de Thomas Sankara, qui a la particularité d’être une procédure qui ne se prescrit pas, c’est-à-dire qu’on n’est pas enfermé dans un délai au-delà duquel on peut ou on ne peut pas poursuivre. Cette affaire est devant les juridictions du Burkina Faso et devant la Cour Suprême du Burkina Faso. Et la troisième procédure, extra judiciaire, c’est celle qu’on a initié devant le Comité des droits de l’homme ici à Genève, qui a été sanctionnée par deux décisions : la première, on a reçu une communication disant que notre plainte était recevable sur le fond et le Comité des droits de l’homme a condamné le Burkina Faso. Dans ce volet-là en tout cas, c’est une grande victoire, c’est une première au monde. La décision a été rendue le dernier trimestre de l’année 2006, donc c’est tout récent. Donc il appartient maintenant au Comité de voir sur ce que le Burkina Faso a donné comme explications pour dire qu’on a suivi au moins les recommandations du Comité, de voir si ces recommandations ont été suivi par l’Etat-partie qu’est le Burkina Faso. Le Comité des droits de l’homme a rendu une décision qui est juridiquement claire, même si, je le répète, ce n’est pas une décision de justice mais ça a quand-même un impact important puisque ça s’adresse à un Etat qui a adhéré au Protocole de New York, donc, si vous y adhérez, vous devez respecter les décisions que prendra ce Comité … Le Burkina Faso doit donc pouvoir se conformer à la décision qui a été prise.

Propos recueillis par Gorgui Wade NDOYE