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Samba Diabaré Samb : le gardien du temple

Publié le, 13 février 2007 par

Un film de Laurence Gavron
Par
Hamidou Dia, philosophe écrivain

DAKAR- En visionnant le film de Laurence Gavron – Samba Diabaré Samb : le gardien du temple – avec émotion et délectation, m’est revenu le propos de l’anthropologue canadien : il ne s’agit pas de retourner aux traditions mais d’y recourir.

Samba Diabaré, prince des ndanaan, est un monument de la musique traditionnelle de chambre qui peut supporter victorieusement la comparaison avec les plus grands du patrimoine universel. Généalogiste, conteur, historien, traditionniste hors pair, peut – être le dernier gawlo de haut lignage, Samba Diabaré fait corps avec l’histoire de son pays. Dont il est l’une des incarnations les plus vivantes malgré les mutations sociologiques et les avatars historiques.

Le film, qui n’a pas de prétention musicologue ni biographique, donne à voir et ce qu’il donne à voir est sublime. Sur de superbes images le spectateur est invité à un voyage initiatique. Et défilent sous nos yeux attendris des promesses de pluie, des couleurs des parfums inédits, des souvenirs enfouis. L’espace d’un instant – le temps du film – nous nous dépouillons avec volupté de nos fausses richesses et reprenons possession de nous –mêmes.

Nous renouons, presque à notre insu, avec la sagesse de nos racines ; bercés par la mélodie céleste des airs de xalam qui gémissent sous des doigts magiciens. Dans la houle de la parole de cet homme crépitent les broussailles sèches et les senteurs de feux de brosse dans un embrasement épique.

C’est que tout est atmosphère dans ce film. Tout y est Présences. Samba Diabaré y vient à la rencontre de notre propre mémoire souvent oublieuse. Il nous redit notre passé de gloire, de lutte, de résistance mais aussi d’honneur et de dignité.

Il nous redit des valeurs enfouies, maintenant délitées, qu’il nous faut apprendre à reconstruire, à réapprendre pour mieux affronter cette furieuse et agressive modernité dans laquelle nous sommes plongés sans recul.

Et nous nous surprenons à désirer que cette parole, ce rythme, l’amplitude de cette voix fussent sans fin. Victoire décisive de la créatrice.

 Après Ndiaga Mbaye : le maître de la parole, Laurence Gavron a donc récidivé ; montrant un amour profond pour ce pays, ce peuple, ce terroir qui est désormais le sien. Elle poursuit sa quête inlassable de notre âme profonde, au –delà ses apparences souvent brouillées, participant ainsi à la renaissance africaine qui passe par la réconciliation de l’Afrique avec elle – même.

Sénégalaise de cœur, il n’est pas indifférent que cette toubab parle wolof, s’habille serere et mange peulh. Sans déni de ses propres origines. Ndiaga Mbaye : le maître de la parole et Samba Diabaré Samb : le gardien du temple méritent de figurer en bonne place dans les médiatiques de nos universités, lycées et centres culturels.

Madame Gavron a mérité du Sénégal qu’elle a appris à connaître par l’une de ses meilleures fissures : la culture, cette impérissable denrée ! Je peux en témoigner !

Souhaitons à cette cinéaste, qui a pour notre pays une véritable passion, une longue carrière au service du Sénégal et de l’Afrique. Elle a demandé la nationalité de notre pays. Elle le mérite et l’a prouvé. Le pays de la téranga ne la lui refusera pas ! Tous ceux qui ont vu ses films et lu ses écrits – et ils sont nombreux  - sont ses parrains. Et j’en suis !