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Par Ibrahima Guèye, doctorant en Droit de la bioéthique en Afrique à l'Université de Paris XII-Val de Marne
gueyeibrahim@yahoo.fr

Paris - De par sa superficie, petit pays situé en Afrique de l’Ouest, le Sénégal a toujours fait parler de lui et a bien des fois occupé une place de choix dans l’histoire des nations.

Comme partout ailleurs, de malheureux échecs ont eu à émailler sa vie mais aussi de belles réussites ont eu à se succéder dans l’histoire de cette ex capitale de l’Afrique Occidentale Française.

Parmi tant de dates, il y’en a une que les sénégalais et tous les hommes épris de paix, de justice, de démocratie et de liberté garderont à jamais ancrée dans le plus profond de leur mémoire. Il s’agit du 19 mars 2000.

Ce jour là, le pays a connu sa première alternance politique après plus de 40 ans de règne socialiste. La joie et la grandeur de cet événement ont été à la dimension des peurs et des craintes que les premières élections du 3ème millénaire avaient suscité au Sénégal.
Cette belle alternance réalisée avec esprit de responsabilité et beaucoup d’élégance et de grandeur des différentes parties en présence fut saluée dans le monde entier. Six ans après, il ne s’agit pas pour nous, en tout cas dans cette perspective, de faire le bilan de l’alternance. Nous laisserons cette initiative à d’autres pour donner plus de crédibilité aux suggestions que nous nous proposons de faire.
Là, il s’agit plus de faire appel à tous les sénégalais pour qu’ils se retrouvent autour d’un certain nombre de valeurs pour que demain, une fois que le Sénégal réussira de nouveau à heurter avec sérénité mais aussi avec détermination les portes profondes de l’avenir, qu’il n’en arrive plus à faire des pas en arrière pour revenir sur des problèmes qu'il était censé avoir définitivement réglé.
Pour ce faire, nous en appelons à l’éthique du plus bas de l’échelle jusqu’au plus haut niveau. A notre sens, la seule chose susceptible de sauver le Sénégal du spectre de la violence, des fraudes et de la malhonnêteté aux prochaines élections, c’est nécessairement l’érection d’un pôle éthique afin de susciter une éthique politique qui mettra hors jeu les tics et les piques politiques.

Pour faire simple et parler dans un langage qui soit accessible à tous, nous dirons simplement pour définir l’éthique qu’il s’agit de cette science de la morale qui incite ou invite au bien. Même si on peut toujours discuter et même philosopher sur ce qui est bien, nous retiendrons simplement que le bon sens est la chose la mieux partagée au monde. Tout le monde est censé pouvoir distinguer le bien du mal.

Dans la perspective des élections présidentielles et législatives de février 2007, acteurs politiques comme simples citoyens doivent penser à mener des actions et à avoir des comportements qui soient en conformité avec les intérêts suprêmes de la nation. Sur ce plan, justement, la première chose à faire c’est d’organiser des élections transparentes. Et la première chose à ne pas faire c’est de faire reculer la démocratie sénégalaise.

Cette entreprise est évidemment l’affaire de tous. Il faudrait que chacun dans le secret de sa conscience puisse réfléchir sur ce qu’il y’a de mieux pour son pays et se garder d’avoir un comportement nocif à sa patrie. Je suis tenté de dire qu’il s’agit de mettre en œuvre à la fois le principe de bienfaisance et le principe de non malfaisance.

A cet égard, la responsabilité des acteurs politiques est forcément plus importante parce qu’ils aspirent à conquérir le pouvoir. Il faudrait que chacun d’eux ait présent à l’esprit que l’alternance politique suppose qu’on se prépare à aller dans l’opposition demain si on conduit les affaires de la nation aujourd’hui. Il faudrait aussi qu’ils prennent pleinement conscience que l’exercice du pouvoir n’a de sens que si l’on sert ses concitoyens de manière loyale, honnête, intègre et responsable. Ils doivent savoir que la recherche démesurée des honneurs conduit souvent à des horreurs.
De même, la recherche d’un quelconque enrichissement en profitant de la position et des avantages que confère la responsabilité de prendre des décisions pour le bien commun est tout simplement malsaine.

La vérité et les passe-passe politiques ou politiciens que nous appelons des tics et des piques politiques sont incontestablement honteux parce que cela revient à profiter de la naïveté de certains et à abuser de la confiance d’autres. Nous n’en voulons pas !

Nous voulons des gens civilisés aussi bien du côté du pouvoir que de l’opposition. Mais les citoyens aussi se doivent de corriger certains comportements qui ont pour noms : naïveté, insouciance, manque de détermination et d’esprit patriotique, solutions de facilité. Pour cela, il leur faut d’abord corriger la conception qu’ils ont de la pratique politique même.
La politique n’est pas la contrevérité ; la politique n’est pas le détournement des deniers publics et une redistribution partielle des richesses accumulées aux militants ; la politique n’est pas cette idée selon laquelle la fin justifierait toujours les moyens.
 Cette introspection est d’autant plus nécessaire que force est de reconnaître que les acteurs politiques et les dirigeants sénégalais ne sont que le reflet de la société sénégalaise.
Il faut que chacun dans son domaine de compétence et dans la sphère où s’exercent ses activités pense à agir dans l’intérêt du peuple, donc dans l’intérêt de ses enfants.

Penser à la postérité est essentiel dans toute œuvre humaine. Dans l’histoire des nations seules les œuvres qui s’inscrivent dans la durée sont dignes d’être célébrées et certainement pas les profits éphémères.
Rien n’est plus beau pour un enfant que d’entendre ses compatriotes parler en bien de son aïeul. Quelle honte que d’entendre ses concitoyens regretter les pratiques anti-morales dont est coupable son géniteur !

Pour les élections de 2007, le monde entier nous observe et nous attend. Nous devons rapporter la preuve que le 19 mars 2000 n’était pas un accident dans l’histoire politique de notre pays. Nous devons montrer à la face du monde que la démocratie peut et doit être africaine.
Pour cela, il faut des soldats de l’éthique qui n’auront d’autres ambitions que de faire en sorte que les choses se déroulent normalement, c’est à dire en conformité avec les règles établies par la république. Ces soldats de l’éthique peuvent être de l’administration à condition qu’elle soit républicaine, de la société civile, des militants des partis politiques même mais il s’agit aussi et surtout de tous les citoyens qui devront faire preuve de dépassement et être mus par l’intérêt général. Dans cette entreprise, personne n’est à exclure parce que c’est ensemble que nous construirons le Sénégal.

Alors, tous ensemble, ils vont pouvoir constituer un pôle éthique et pourront servir d’alerte. Ils devront être des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes voire des vieux qui entendront raisonner en permanence dans leur tête les mots et groupes de mots que sont : Honnêteté, sérieux, intégrité, non cupidité, vigilance, lucidité, postérité, progrès, développement, enfants, patriotisme, sénégalais, africains,  avenir!

Cet objectif ne peut être atteint que si chacun en fait son affaire. Chaque sénégalais doit se sentir responsable des malaises de la république et être prêt à enfiler sa blouse pour apporter des soins aux plaies du Sénégal.

Le Sénégal, les politiciens, les dirigeants, les autres, ce n’est personne d’autre si ce n’est chacun de nous pris individuellement.

Si dans un sac de pommes de terre, une est en état de putréfaction, nous avons l’obligation de l’extirper.
De même, si un arbre pousse dans le jardin de la liberté et de la démocratie, nous avons le devoir de l’arroser et de l’entretenir parce que nous bénéficierons au moins de son ombre, de son oxygène et de sa verdure.

Pour réussir cette mission, le rôle de la justice est essentiel parce qu’elle est le garant de l’ordre social. Elle doit rester intègre et libre.
La liberté et la justice doivent cheminer ensemble comme deux sœurs jumelles.

Rappelons nous cette phrase de Victor Hugo prononcée le 19 décembre 1832 devant le tribunal de commerce de Paris. Le but était de contraindre le gouvernement français à laisser représenter et le théâtre français à faire représenter sa pièce intitulée  « le Roi s’amuse » : « Sur ce tribunal, vous représentez une idée auguste et moi à cette barre, j’en représente une autre. Sur votre siège, il y’a la justice, sur mon siège, il y’a liberté. (Or), la liberté et la justice sont faites pour s’entendre, (car) la liberté est juste et la justice est libre ».

 Vive le Sénégal ! Vive l’Afrique !