Compte Utilisateur

Audios



Souscription

Le groupe

Directeur de publication
· Elh Gorgui W NDOYE

Rédacteur en chef
· Elh Gorgui W NDOYE

Comité de Rédaction
· El hadji DIOUF
· Papa Djadji Guèye
· Responsable Informatique
·
Alassane DIOP

Responsable Gestion
· Cécile QUAN

Webmaster
· REDACTION

Contact

Adresse
   Salle de Presse
   N0 1 Box 35
   8, Avenue de la
   Paix Palais des Nations Unies
   1211- Genève 10 Genève Suisse.
Téléphones

   +41 22 917 37 89
   +41 76 446 86 04

Service

Publicités, Abonnements et Souscriptions

Téléphone
· Suisse:
   +41(22)917 37-89
   +41(76)203 61-62

Ou envoyez un courriel à Info@ContinentPremier.com

Pr Moustapha Kassé,
économiste et enseignant à l'Université de Dakar.

Incontestablement, la flambée des prix du pétrole fait courir d'énormes risques économiques et sociaux au Sénégal en tant que pays pauvre et pauvre en pétrole et dont l'économie est fortement tributaire de cette matière première. Le secteur industriel, une partie du secteur agricole ainsi que le tissu social fonctionnent par l'électricité dont la production absorbe près de 40% du volume total des produits pétroliers importés. L'augmentation de la demande est d'environ 10% l'an. Le cours du brut ne cessant d'augmenter au point d'atteindre presque le seuil de 80 dollars le baril sur le marché international, deux questions se posent indubitablement: Quelles sont les conséquences de cette augmentation drastique ? Alors que faire ?

Tous les analystes s'accordent sur les incidences catastrophiques de ces augmentations drastiques. Dans son allocution d'ouverture de la Conférence des Ministres des PANPP montre avec pertinence qu' " qu'à titre d'exemple, la facture pétrolière du Sénégal a plus que doublé entre 2002 et 2005 passant de 200 milliards de F CFA à 426 milliards de F CFA soit une surcharge cumulée de 320 milliards de FCFA…. Par ailleurs, les subventions pétrolières du Sénégal qui se chiffraient à 23 milliards de FCFA en 2002 pourraient s'établir à 17 milliards de F CFA en 2006 "…..

Cette situation fait peser " des menaces graves sur la stabilité économique, financière, sociale de nos Etats et la réalisation de nos objectifs d'éradication de la pauvreté. En effet, si des mesures ne sont pas prises pour supprimer cette surcharge, les PANPP s'achemineront inéluctablement vers le désinvestissement et, de façon plus globale, la régression économique. La promotion de l'éducation et l'accès aux services de santé et à l'eau potable ne sera plus que des voeux pieux. Pire, si cette situation devait persister, les pays producteurs de pétrole risquent d'être exposés à des flux migratoires importants des populations des pays non producteurs. On doute fort que l'on puisse s'opposer à ces courants irrésistibles ".

Face à cette situation pénalisante pour les activités économiques et sociales les solutions innovantes ne sont pas légion et se résument en des mesures de court terme et moyen terme.
Dans le cours terme les marges dont disposent l'Etat ne peuvent être que de deux ordres soit appliquer la vérité des prix ou alors mettre en place des subventions publiques.

Dans le premier cas de figure, comme l'observe le Ministre de l'énergie, " Quand les prix des produits pétroliers baissent (au) plan des cours mondiaux, nos prix baissent. Quand les prix des produits augmentent, nos prix aussi augmentent " ; Evidemment cette évolution entraîne deux conséquences négativement corrélées : d'une part la montée d'une inflation généralisée et de l'autre l'érosion du pouvoir d'achat des consommateurs y compris l'énorme partie qui n'a même pas accès à l'électrisé.

Le Gouvernement s'est orienté résolument dans la deuxième direction en mettant en place un " Fonds de Stabilisation " qui éviterait de faire subir aux acteurs des secteurs économiques et aux citoyens les incidences négatives de la fluctuation des prix. Le mécanisme de fonctionnement de la stabilisation est assez simple ; Comme l'explique le Ministre de l'Energie, " le fonds serait alimenté par les effets induits par les variations des prix. Quand les prix baissent, nous appliquons un niveau acceptable qui permettra aux consommateurs de faire face, et quand les prix [augmenteront], pour éviter des phénomènes d'inflation des prix dans d'autres prestations, nous [appuierons] les prix (avec) l'économie réalisée au moment des baisses ".

A l'évidence, la stratégie alternative doit être recherchée dans le moyen et long terme avec la mise en place d'une autre politique fondée sur la maîtrise, la diversification de la carte énergétique par valorisation prioritaire des énergies renouvelables. Il faut prendre une claire conscience que la crise actuelle de l'énergie indique la sortie définitive de la période des combustibles fossiles abondantes et bon marché et cela pour des raisons, à la fois, de prix et de sécurité d'approvisionnement. En conséquence, la maîtrise de l'énergie s'impose comme une
priorité et passe impérativement par la définition d'un autre modèle de production et de consommation énergétique.

Dans cette direction, le Président de la République a pris une posture d'avant-garde et d'anticipation en proposant l'élaboration d'une nouvelle politique énergétique basée sur les biocarburants. Le projet prévu dépendra de la rapidité de sa mise en oeuvre et des moyens budgétaires qui y seront consacrés.

Pour une Agence Mondiale de Gestion des Mutations énergétiques.

Les débats intenses qui agitent, aujourd'hui, les milieux des décideurs politiques, les spécialistes du jeu pétrolier, les scientifiques, les chercheurs, les journalistes et les simples citoyens sur le pétrole indiquent l'ampleur et la gravité des problèmes que suscitent la flambée actuelle des prix du pétrole. Tout le monde semble prendre conscience que les besoins énergétiques vont croître fortement sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs comme l'accélération de la croissance mondiale, le regain des activités industrielles, le bâtiment, les travaux publics et surtout les transports, de l'expansion démographique, de l'urbanisation explosive et de l'accès au développement des Nouveaux Pays Industrialisés à forte croissance.

Quant à l'offre, elle est déclinante avec une répartition très inégale des réserves. Cette donne complique la gestion de cette ressource à l'échelle mondiale ainsi que la formation et l'utilisation de la rente qui y est associée.

L'horizon d'une pénurie de ressources n'est presque plus discuté, ce qui fait dire à Jean Marie Chevalier que " nous sortons définitivement d'une période d'énergie abondante et bon marché à la fois pour des raisons de prix et d'approvisionnement ". En conséquence, la politique de l'énergie doit être érigée en politique prioritaire. Il devient impérieux et urgent de s'orienter vers une triple voie de sortie par:
- L'élaboration d'une politique d'investissements massifs et de subventions dans la recherche et le développement de sources alternatives aux énergies fossiles, et la construction des infrastructures nécessaires pour ces modèles énergétiques.
- L'instauration d'une politique d'économies d'énergie afin d'obtenir une meilleure efficacité énergétique des hydrocarbures. C'est dire qu'il faut se ménager une transition avant la mise en place des nouvelles infrastructures.
- La mise en place d'un Fonds Mondial de l'Energie et de Régulation des ressources énergiques et particulièrement du pétrole. Il serait appelé à gérer les ressources énergétiques de la planète, le financement des recherches développement et des modifications des systèmes énergétiques. Il établirait des liens avec les services publics des pays membres et particulièrement ceux en voie de développement.

L'AIE existe mais elle est entrain de se disqualifier pour les rôles que les grandes puissances lui font jouer dans leur stratégie de contrôle de toutes les sources d'énergie. Par ailleurs, elle manifeste encore un intérêt bien modeste pour la question énergétique dans les pays en développement. C'est pourquoi, ce Fonds Mondial devient une nécessité avec comme première mission la résolution des questions énergétiques des pays du Sud qui ne disposent pas de ressources suffisantes et qui sont condamnés à chercher des sources alternatives. Il pourrait s'occuper aussi des investissements dans les nouvelles infrastructures et également de la lutter contre les gaspillages énergétiques, les atteintes à l'environnement. Enfin, il pourrait assurer les transferts technologiques nécessaires aux PVD.

Les Pays Africains Non Producteurs de Pétrole qui payent plus durement le contrecoup du renchérissement du prix du brut doivent au plus vite élaborer des politiques publiques de maîtrise énergétique et mettre en place des institutions qui assurent un meilleur accès et un partage plus équitables des ressources et des résultats des innovations technologiques et des recherches en cours sur les énergies alternatives.