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PARIS- ( Envoyé spécial de retour)- L'Humanité n'atteindra pas les Objectifs du millénaire pour le développement sans une prise en compte de l'aspect environnemental. De même la lutte contre l'émigration clandestine est vouée à l'échec si la dégradation de l'environnement n'est pas stoppée. A la suite de la conférence internationale tenue à Paris du 19 au 21 septembre sur " biodiversité et réduction de la pauvreté", organisée sous les auspices de l'IUCN, l'Union mondiale pour la Conservation de la Nature et de l'Union Européenne, les 450 participants issus de tous les coins du Globe, ont mis la protection de notre écosystème au cœur des programmes de développement.

Dans le message dit de Paris (voir Document), l'Union Européenne, s'engage avec ses partenaires à prendre en charge la question environnementale dans ses programmes d'aide publique et de développement. Mieux les entreprises devront désormais respecter la protection de l'environnement local. A ce titre, le ministre français de la coopération et de la Francophonie, Mme Brigitte Girardin, a révélé que le contrat de désendettement développement du Cameroun qu'elle a signé récemment avec ce pays, a consacré 20 millions d'euros à la protection et à la gestion durable de la forêt.
Le Mauritanien Ibrahima Thiaw ( voir l'interview), directeur général par intérim de l'IUCN souligne que : " les zones où les écosystèmes sont le plus dégradés, constituent des zones de migration sauvage ".

Par ailleurs, l'UE devrait porter son aide pour la protection de la biodiversité de 0,7 à 5 % pour qu'en 2010, l'objectif d'atteindre l'équilibre de notre écosystème soit réalisé.

Par Gorgui Wade NDOYE

" Les zones où les écosystèmes sont le plus dégradés, constituent des zones de migration sauvage " selon Ibrahima Thiaw, directeur général par intérim de l'Union mondiale pour la nature ( UICN).

(PARIS) - de notre envoyé spécial- La plupart des personnes pauvres sont dépendantes des aliments, de l'énergie et de l'eau que la nature leur fournit. Les menaces qui pèsent sur la diversité biologique, d'où sont tirés ces biens et services, peuvent ainsi avoir un impact direct sur leurs conditions de vie. Par conséquent, dans certains cas, assurent les spécialistes, la conservation de la nature peut générer de plus grandes options pour améliorer leur existence. Dans cet entretien, Ibrahima Thiaw établit le lien entre la lutte contre la pauvreté et la protection de la biodiversité. Il explique que les zones où l'environnement est dégradé sont des zones où les populations ont tendance à émigrer pour assurer leur survie.

M. Thiaw quel est l'intérêt de la conférence de Paris sur la biodiversité?

" L'intérêt est majeur. C'est de travailler avec la Commission pour qu'elle intègre davantage les questions environnementales dans ses programmes de développement. L'UE est le premier bailleur de fonds du développement au monde. Il est important que ses investissements sur le développement n'aient pas d'effets négatifs sur l'environnement. Bien au contraire qu'ils puissent avoir des effets positifs sur l'environnement.
Tout l'enjeu est de travailler avec l'UE pour qu'elle ait un point de vue à la fois des organisations internationales de conservation mais également des pays partenaires, des ministères chargés du développement comme des ministères chargés de l'environnement sur comment mieux intégrer les questions d'environnement dans les programmes de développement.

Je pense que l'UE a de très bons programmes, elle aide les pays du Sud à lutter contre la pauvreté. Elle investit énormément sur les infrastructures sur l'éducation sur les secteurs de la santé etc. Mais ses projets qui sont développés en toute bonne foi ont souvent des impacts assez négatifs sur le développement. Nous souhaitons réduire cette tendance et nous assurer que tous les programmes intègrent les questions de l'environnement pour que le développement durable que nous appelons de tous nos bons vœux puisse se réaliser un jour."

Beaucoup de spécialistes en environnement soutiennent qu'avec la dégradation de la biodiversité, l'on n'atteindra pas l'objectif de réduction de moitié de la pauvreté. Comment expliquez - vous ce lien ?

" Prenons par exemple les populations rurales du Mali. La Commune a été créée. Le gouvernement a mis en place toutes les infrastructures administratives pour gérer la commune localement. De quoi dépendent les populations vivant dans cette commune? Essentiellement, des ressources naturelles puisque dans ces communes rurales, il n'y a pas de service, de banque, d'industrie. Leur revenue dépend de l'eau de la terre, du sol de la végétation de la faune, de la forêt etc… Si nous voulons atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement et si nous voulons réduire de moitié la pauvreté dans le monde, il va falloir tenir compte des ressources naturelles desquelles les populations vivent. La réduction de la pauvreté ne se fera pas par des chèques qui vont être transmis, ni par une augmentation des salaires de fonctionnaires peu nombreux, ni par la construction de nouveaux buildings. Cela se fera en assurant que la base même de la vie de ces populations est maintenue pour longtemps et que ces populations puissent utiliser ces ressources pour longtemps encore. Il ne faudrait pas avoir la courte vue par laquelle on pense qu'on peut lutter contre la pauvreté en détruisant le milieu naturel pour réponde à des objectifs immédiats tout en oubliant que les générations à venir auront aussi besoin d'avoir des ressources pour leur survie"

Un autre constat, dans la plupart des zones où l'environnement est dégradé, les populations émigrent. Quel commentaire faites vous de cela ?

" C'est malheureusement un sujet d'actualité très sensible. Nous avons pour notre part à l'IUCN, essayé d'examiner les causes des vagues de migrations massives que nous connaissons en ce moment. Un sujet sensible mais aussi triste. C'est très triste de voir des jeunes qui sont l'espoir de leur peuple et de leur famille et qui sont obligés de quitter leur famille, leur terre, leurs attaches, leur père, leur mère, leur épouse. Des jeunes enfants qui sont embarqués dans des pirogues tout en sachant que peut - être ils n'arriveront jamais. C'est très triste tout cela. "

" Mais quelle est la cause pour tout cela ? "

" Ce n'est pas une mode, c'est un mouvement pour la survie. Il y a des gens qui dans leur communauté, ne trouvent plus les revenus nécessaires pour leur survie.

Il y a des jeunes qui n'ont plus suffisamment de terre pour l'agriculture. Il y a des jeunes qui n'ont plus tellement d'espoir. Ils vont à l'école, ils ont des diplômes, ils ne n'ont pas de travail. Ces jeunes là sont obligés de quitter leur milieu naturel. Ils n'ont pas de forêt, ni de fruits ni de ressources suffisantes pour construire leur famille et leur avenir. "

Qu'est ce qui leur reste, à faire ?

" Pour certains, c'est malheureusement le suicide. Le suicide c'est, embarquer dans des bateaux, parfois dans des cales d'avions. C'est suicidaire mais ils le font pour assurer leur survie. Je pense que le monde qui devient de plus en plus riche et les riches qui deviennent de plus en plus riches, ont cette responsabilité de partager un minimum de leur richesse avec des gens qui sont de plus en plus pauvres de manière à ce qu'un minimum d'équilibre soit établi.
Nous ne pouvons pas continuer à fermer les yeux devant cette tragédie humaine que nous vivons actuellement."