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Union européenne : Un Déclin Pour la France

Publié le, 23 avril 2006 par

Par Pathé MBODJE, journaliste, sociologue

DAKAR - ( Sénégal)- La crise de langueur déjà visible sous Tonton s'est accentuée avec Jacques Chirac, au point de conduire à l'impasse : la France a mal, dans sa chair et dans sa tête, et doute. Entre justice, équité, intégration et morale, elle se cherche une nouvelle esthétique, dans un espace trop grand et trop large que ses populations ne reconnaissent plus comme étant le leur propre. Le régicide subséquent conduit les va-t-en guerre spécialisés dans la théorisation à parler de déclin. Politiciens, intellectuels, chercheurs-cliniciens, tout le monde s'y met. Pour discourir sur un phénomène non encore scientifiquement signifiant puisque limité dans le temps d'un septennat qu'il faudrait peut-être revoir dans sa longueur,... et une union trop large qui dilue les personnalités plus qu'elle ne permet de se mettre en valeur.

Un Déclin Pour la France

Un nouveau vocable fait actuellement fureur en France, qui ressemble à un néologisme : les "déclinologues"; il désigne des Cassandre locaux qui se sont penchés sur le pays au cours de ces dernières années et qui arrivent à la conclusion selon laquelle la Franceserait sur le déclin et ne fait plus "flipper". Une analyse fine des différents postulats se dilue dans un septennat doublé qui a conduit à une crise de langueur, comme naguère le soulignait François Mitterrand, qui est pourtant devenu, dix ans après sa mort, le meilleur président français à date, dans l'esprit des Français prompts à idéaliser et à rêver à ce qui n'est plus ou n'est pas encore.

En quinze ans, les Français déchirés dans leur chair à partir de 1995 par le doute systémique, au point de ne pas voir venir Jacques Chirac aux présidentielles, s'en veulent presque d'avoir été obligés de reconduire le même président sept ans plus tard, faute d'avoir su gérer une société de plus en plus malade : malgré lui, l'électorat a dû subir en 2002 les assauts inattendus d'un Jean-Marie Le Pen, à un moment où Marianne cherchait à charmer les autres pays invités au banquet européen.

Cette double défaite, sur le plan épistémologique, ramène aujourd'hui une certaine rancoeur pour celui par lequel le scandale est arrivé : Jacques Chirac. Nul acte, nulle contrition, réelle ou pas, n'a su dérider le peuple français renfermé dans sa coquille et battant désormais tous les records d'abstention aux consultations populaires. D'avoir dû subir deux présidents en près d'un quart de siècle (81-95 et 95-2007) semble mal apprécié, au point de conduire à une sinistrose qui s'est accentuée sous Chirac, pour aboutir à la théorie sur le déclin de la France. La sémantique employée par l'échantillon intellectuel est déjà révélatrice de la profondeur de la crise qui revoit des gens revenus de leurs certitudes antérieures perdues et obligés de se faire à une nouvelle réalité.

Pour beaucoup, aujourd'hui, il faut revisiter Senghor dont on fête le centenaire cette année : l'émotion devient ainsi britannique (1) et la raison (économique) castellane. Intellectuels de renom (Alain Minc), jeunes loups (politiciens) aux dents longues décidés à bousculer une nomenclatura sénile et grabataire (Pierre Lellouche), chercheurs-cliniciens confirmés (Ghislaine Oltenheimer-2) emploient les vrais mots, selon leur champ paradigmatique, pour inviter à remettre le boxeur debout, après une tentative de parricide née principalement de la remise en cause de l'autorité et de l'ordre qui s'est vérifiée notamment à la fin de l'année dernière : les violences des banlieues invitaient en effet à une vision plus globalisante et posaient dans les faits la question nationale à une société incapable de se situer sur l'échiquier européen.

Le KO ? C'est la remise en cause de tout ce en quoi on a cru un moment, pour mieux le désarticuler le lendemain : l'Europe actuelle, différente de celle des pères fondateurs de la Communauté du charbon et de l'acier, la loi du 23 février 2005, notamment en son article 4 sur les bienfaits de la Colonisation que personne n'avait su relever à temps, l'affaire Doutreau de viols collectifs d'enfants par tout un quartier lorsque sept accusés sont acquittés au bout d'un long moment et que tout le monde se demande comment une justice réputée a pu conduire à un tel gâchis, au point que 64 magistrats aient pu être abusés par un climat délétère ambiant favorable au viol supposé d'une fillette toujours vierge, selon les gynécologues, des partenaires politiques de gauche et de droite qui se crêpent le chignon au moment où, paradoxalement, la France enregistre un léger frissonnement politique vers la droite (3), dans une Europe de plus en plus libérale (Pologne, 25 septembre 2005, Portugal, 22 janvier 2006, etc...).

Le chaos ? C'est ce blocage que pressentait déjà Michel Crozier dans les années 80 avec une société bureaucratique révulsée qui refuse systématiquement tout projet du gouvernement, bien que timidement (Cpe et manifestations estudiantines de février-mars-4), qui verse dans le dilatoire pour des politiciens sans projet et freinant toute idée du camp adverse, qui utilise le corset constitutionnel pour forcer l'adoption de lois par l'Assemblée nationale (Alinéa 49-3 pour un vote sans discussion du projet sur l'égalité des chances, le 9 février 2006, et la motion de censure subséquente, avortée).

Alors cette société troublée, d'essence purement royaliste de droit divin où le soleil (colonial) ne se couche jamais, cette société donc fait genre et consacre le phénomène Ségolène Royal qu'elle voit à la présidence de la République. Feu de paille ou nouvelle réalité touchant à la virilité ambiante ? Elle-même se prend au jeu. "Il faut à la France de l'oxygène", avance-t-elle. Le choeur des lamantins socialistes remet l'antienne : "La France manque de dessein" (Jospin, le 10 février 2006) ; "Non, c'est simplement parce qu'elle est entre de mauvaises mains", selon François Hollande (21 février 2006).

Jacques Chirac s'est livré à un combat d'arrière-garde au cours de son second mandat ; il rendrait un fier service à la France en revisitant le septennat : un quinquennat limité à deux mandats serait une grande réforme constitutionnelle et un heureux présage pour les Français toujours pressés d'en finir avec le locataire de l'Elysée.

Car l'Union européenne présente le défaut des grands ensembles : ils stagnent à long terme, pour dire le moins, et sont appelés à disparaître, victimes de leur démesure et de leurs contradictions culturelles, politiques et économiques (Nigeria, RDC, ex-URSS, Mittal Steel, Gdf-Suez,...). L'absence d'émulation, d'alternative quant au choix de société conduit toujours à une certaine densité morale fatale aux régimes en place.


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Références bibliographiques :

  1. Libération n° 7713 du 24 février 2006.
  2. Alain Minc : "Le crépuscule des petits dieux", Grasset, 2006 (Contre-pouvoir et Non au référendum sur la Constitution européenne de mai 2005) ;
    Nicolas Baverez : "Le nouveau monde français"
    Pierre Lellouche : "Les illusions gauloises", Grasset, 2006 : face à l'immobilisme et au conservatisme de la société, remettre la France debout !
    Ghislaine Oltenheimer : "Nos vaches sacrées", Nathan, 2006
  3. Le Monde n° 18979 du 31 janvier 2006 révèle, par exemple, le cas d'un François Bayrou qui coupe les ponts avec l'Union pour la majorité présidentielle (mais refuse de voter la motion de censure déposée le 9 février contre le gouvernement de Dominique de Villepin) au moment où le parti de la majorité enlève le canton de Sèvres à...l'Udf du même Bayrou.
  4. Le Parisien n° 19104 du 8 février 2006, page 8.