Compte Utilisateur

Audios



Souscription

Le groupe

Directeur de publication
· Elh Gorgui W NDOYE

Rédacteur en chef
· Elh Gorgui W NDOYE

Comité de Rédaction
· El hadji DIOUF
· Papa Djadji Guèye
· Responsable Informatique
·
Alassane DIOP

Responsable Gestion
· Cécile QUAN

Webmaster
· REDACTION

Contact

Adresse
   Salle de Presse
   N0 1 Box 35
   8, Avenue de la
   Paix Palais des Nations Unies
   1211- Genève 10 Genève Suisse.
Téléphones

   +41 22 917 37 89
   +41 76 446 86 04

Service

Publicités, Abonnements et Souscriptions

Téléphone
· Suisse:
   +41(22)917 37-89
   +41(76)203 61-62

Ou envoyez un courriel à Info@ContinentPremier.com

 

Réalisé par El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur de publication

Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie a dans une interview accordée à la « Tribune de Genève » ainsi qu’à la télévision suisse romande ( TSR), condamné les caricatures sur le Prophète Muhammad. Il a par ailleurs demandé l’appui du Nord au Sud, en rappelant le projet du Président Abdoulaye Wade sur la « Solidarité numérique». M. Diouf qui est notre invité de ce mois consacré aux femmes, mais aussi à la Francophonie née officiellement le 20 mars 1970 à Niamey (Niger), a été choisi pour décliner l’actualité de Léopold Sédar Senghor à travers sa philosophie de la Civilisation de l’Universel.

Le ministre suisse, Pascal Couchepin à Abdou Diouf : « Vous êtes M. Abdou Diouf, si vous me l’autorisez, le continuateur inspiré de l'œuvre de Senghor ». Abdou Diouf à Couchepin : « Oui, je vous l’autorise, je me considère comme un fils spirituel, un disciple et un héritier de Léopold Sédar Senghor». Ainsi, Diouf pouvait nous parler de l’intérêt et de l’actualité du projet senghorien de construction de la Civilisation de l’Universel à travers l’instrument et le symbole que constitue la nouvelle Francophonie. A travers un texte prononcé ( les titres sont de la rédaction) lors d’une conférence à Genève, M. Diouf dévoile le projet francophone de la Civilisation de l’Universel.

Défis

La chute du Mur de Berlin, la fin du système bipolaire, l’affirmation d’une hyperpuissance cherchant à régner sur un monde décomposé a créé une situation nouvelle, marquée d’une part par l’instabilité, d’autre part par cette dynamique libérale, moderniste et marchande qu’il est convenu de dénommer « mondialisation ».
Dans ce nouveau monde, s’affiche certes un renouveau de la revendication démocratique, mais la pauvreté y progresse, les inégalités s’y accroissent, les identités, surtout quand elles sont minoritaires, sont malmenées. La montée en puissance du terrorisme et les nouvelles formes de croisade qu’il engendre attisent les haines et les divisions, le repli sur soi. C’est dans ce contexte, où l’on oppose courageusement le multilatéralisme à l’hégémonisme, le dialogue des civilisations au choc des civilisations, la diversité culturelle et linguistique au repli identitaire, le partage maîtrisé et régulé des richesses à la loi pure et dure du marché et du profit, qu’on redécouvre aujourd’hui le discours et les valeurs des pères fondateurs de la Francophonie.

Procès de la mondialisation

Face à cette mondialisation protéiforme et déshumanisée qui anesthésie nos espérances, le projet de « civilisation de l’universel » construit par Léopold Sedar Senghor, dont nous fêtons en cette année 2006 le centième anniversaire de la naissance, reprend tout son sens, sa pertinence, son actualité. Il n’est plus seulement séduisant, il est devenu nécessaire.
Voilà pourquoi le projet francophone répond aujourd’hui à de vraies attentes, à de vrais besoins. Voilà pourquoi la Francophonie, après un cheminement difficile, est entrée dans une phase plus active, où elle est davantage reconnue et beaucoup plus sollicitée. Après ces années de balbutiements institutionnels, d’hésitations et de dispersion dans la définition de ses objectifs, la Francophonie se retrouve en phase avec les réalités de ce nouveau siècle.

Pourquoi le projet de Civilisation de l'Universel?

Nous savons tous ce dont le monde a besoin pour relever les défis auxquels il est confronté : davantage de paix, davantage de solidarité, une reconnaissance de la diversité. Nous savons aussi que pour y parvenir, il est nécessaire de démocratiser le système international.

- La crise du multilatéralisme

Nous vivons aujourd’hui une crise très préoccupante du multilatéralisme. La liste des manifestations de cette crise est longue : je peux évoquer les difficultés de la réforme des Nations-Unies, les lenteurs du cycle de négociation de Doha, la prolifération dans les domaines les plus divers d’accords bilatéraux et plurilatéraux selon le modèle fixé par les Etats-Unis, l’inefficacité des instruments existants dans le domaine des droits de l’Homme ou dans celui du désarmement et de la sécurité…..
J’en profite pour ouvrir une parenthèse et rappeler l’importance que la Francophonie attache au processus en cours de mise en place ici à Genève d’un nouveau Conseil des droits de l’Homme, et redire toute notre disponibilité pour contribuer dans ce cadre à une action plus décisive dans ce domaine.
Avec la paix et la démocratie, les droits de l’Homme constituent un volet prioritaire de l’action politique de la Francophonie conformément à nos engagements inscrits dans la Déclaration de Bamako adoptée en novembre 2000.

- Des instruments d’action internationale

De fait, les instruments d’action internationale utiles et pertinents se multiplient.
Je citerai par exemple les Objectifs de développement du millénaire, la Convention sur le patrimoine immatériel, le déjà ancien Protocole de Kyoto, sans oublier la Cour pénale internationale. L’accord quasi unanime autour de la Convention sur la diversité culturelle, adoptée en octobre 2005 à l’UNESCO, grâce à la forte mobilisation de la Francophonie, de ses membres et de ses alliés, est un signe remarquable de cette volonté d’aboutir à un système complet de régulation.
En outre, lors des grands sommets, notamment lors des G8, les Etats développés affirment fortement leur volonté de lutter effectivement et de façon cohérente contre l’inégalité et la pauvreté et proposent des solutions innovantes telles que des taxations ou des facilités financières au profit du développement des pays du Sud.

- Les risques du « Chacun pour soi »
Récemment, lors de la 6ème Conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong comme à l’occasion de l’adoption du nouveau budget de l’Union Européenne, les Etats ont montré qu’ils étaient clairement conscients des risques du « chacun pour soi », alors que se multiplient les effets pervers de la mondialisation et que des dynamiques nouvelles se mettent en place, aussi bien en ce qui concerne les biens que les personnes.
Il semble, en réalité, que nous vivions une évolution du multilatéralisme plutôt qu’une crise irrémédiable, et qu’il soit possible de retrouver une démarche positive.
On note par exemple une dynamique de recomposition plurilatérale qui se traduit par la mise en place de blocs régionaux s’agrégeant autour d’intérêts spécifiques (le commerce, les matières premières, les ressources naturelles renouvelables). Mais, comme le montre l’exemple de l’Europe, il est difficile à ces dynamiques d’aboutir à des réalisations significatives, car peu nombreux sont les Etats concernés qui acceptent de renoncer à des parts importantes de souveraineté.
La seule cohérence économique et commerciale ne suffit pas à créer la dynamique nécessaire pour adopter une nouvelle organisation du monde et une meilleure répartition des charges et des profits.
Dans ces conditions, des enceintes telles que la Francophonie, peuvent être le lieu où recréer un multilatéralisme positif, suscitant des coopérations et des coordinations plutôt que des antagonismes. En effet, les problèmes peuvent s’y débattre sans faire intervenir d’emblée des relations de pouvoir et de domination.

Francophonie et la construction de l’Universel

En mettant des valeurs non-marchandes comme la paix, la solidarité, la diversité, les droits au cœur de leurs pratiques et de leur réflexion, en mettant l’accent sur la recherche de partenariat et de concertations transparentes, une Organisation comme la nôtre remplace la confrontation par une coopération vraie, fondée sur des convergences fortes comme le partage de la langue, une histoire commune, des valeurs privilégiées.
Consciente de la diversité de ses membres, la Francophonie apporte à l’universel abstrait de la norme et du droit la richesse d’un universel concret, celui de l’échange dans le respect de l’Autre, afin que vivent et se déploient les cultures multiples de notre Humanité. Il ne s’agit pas seulement de préserver ces cultures en les figeant, mais de leur fournir les moyens de s’exprimer et de continuer à s’enrichir mutuellement, d’élargir notre compréhension du monde, en favorisant la circulation des idées et des livres, celle des hommes et de leur parole.