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Par EGWN


photo: permanent.nouvelobs.com

Cher collègue, peux - tu nous décrire la situation générale de la presse en Afrique ?

« On a une presse en Afrique qui est de plus en plus remuante, de plus en plus contestatrice par rapport au pouvoir. On voit les conséquences tragiques avec l’assassinat de Deyda Hidera en Gambie qui était notre correspondant et le correspondant de l’AFP dans ce pays. On voit aussi ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire. On voit le nombre de journalistes qui sont emprisonnés ou pris en partie que ce soit en RDC ou au Zimbabwé.

Bref, il y a une presse de plus en plus remuante et une presse qui comme elle remue, elle est de plus en plus réprimée parce que malheureusement je n’ai pas le sentiment qu’on assiste à une liberté de la presse.

J’ai l’impression qu’il y a tout un tas de régimes qui sont arc – boutés sur une attitude répressive. Eh bien, aujourd’hui, je ne vois pas qu’il y a une vraie progression. Il y a dans certains pays où on assiste à une régression comme en Côte d’Ivoire ou en Zimbabwé. En Guinée Equatoriale, malgré la richesse du pétrole, je ne pense pas que ce soit un eldorado pour la presse. C’est cela la première réalité. La deuxième est que la qualité au niveau elle - même de la presse n’est pas toujours au niveau de l’espérance des gens.

Il y a encore trop de médias et de journalistes qui prennent trop de liberté avec les principes professionnels. Je pense que cela nous fragilise car c’est beaucoup plus difficile de défendre la presse quand elle dit ou écrit des choses indéfendables ou pas vraies. On est donc dans cette situation : des pouvoirs qui régressent et qui répriment et qui ne progressent pas et qui s’appuient sur le fait que la presse dans certains nombre de pays manque aux règles élémentaires de notre métier et qui disent regardez ce qu’ils font, vous n’allez pas nous faire la morale ».

RSF défend – elle systématiquement les journalistes ?

« C’est une question compliquée parce – que, en même temps, honnêtement on est dans des situations où nous défendons des journalistes dont je trouve que la rigueur professionnelle n’est pas toujours la première qualité. Et en même temps, on les défend sur des principes. J’essaie d’expliquer aux gens qu’on est contre l’emprisonnement parce qu’on pense que les délits de presse ne doivent pas être sanctionnés. Et ça, c’est un principe des Nations – Unies qui dit que les journalistes ne doivent pas être sanctionnés par des peines de prison. Mais en même temps, permettez – moi de vous dire que cela ne veut pas dire que nous applaudissons des deux mains ce que ces gens – là, écrivent. De temps en temps, ils écrivent de grosses bêtises ou des choses où ils jouent avec le feu. On a un certain nombre d’expériences de médias par exemple aujourd’hui en Côte d’Ivoire, qui participent à attiser la haine, qui participent à déstabiliser le pays ».

RSF, n’est pas une école de journalisme, mais que faire quand des journalistes abusent de la liberté d’expression, ou participent à destabiliser leur pays ?

« Ah, attendez, moi je passe ma vie à rappeler à un certain nombre de journalistes, ces derniers temps plus qu’en Côte d’Ivoire qu’ailleurs, certaines règles de notre métier. J’ai eu des discussions terribles avec les journalistes locaux en leur disant écoutez ce n’est pas possible. A quelques exceptions près de faire un truc qui n’est pas du journalisme. Qui est autre chose. Qui relève de la propagande et de la haine. Vous ne pouvez pas vous plaindre en même temps du mauvais traitement qui vous est fait quand vous faites ce métier dans ces conditions là.

J’essaie de le répéter peut – être qu’on ne le fait pas assez fortement. C’est vrai qu’il faut faire attention. En gros, ce sont des journalistes, donc on les soutient quel que soit ce qu’ils écrivent. Vous avez raison. Il ne faut pas que nos prises de position, apparaissent comme des positions corporatistes.

Le pluralisme de l’information renforce la démocratie quand la presse est responsable. Quand la presse jette de l’huile sur le feu, le pluralisme de l’information est la pire des choses pour un pays ».

Situation de la presse au Sénégal ?

« C’est un peu une exception en Afrique. Au Sénégal, il y a une vraie presse qui est pluraliste mais ce que je peux dire, est que Maître Wade a quand même révélé sur certains nombre d’affaires son penchant pour une espèce d’autoritarisme que je ne croyais plus d’actualité.

Ecoutez j’ai vu Maître Wade pendant plusieurs années quand il était dans l’opposition. Il venait même à des réunions de RSF, et il n’avait de cesse répéter que s’il avait appris une chose dans l’opposition, c’est qu’il faut que la presse soit libre et que même si on était au pouvoir il fallait respecter la liberté de la presse. Sur un certain nombre d’affaires, ces dernières années, j’ai eu l’impression qu’il a un peu oublié ses paroles quand il était opposant. Avec l’expulsion de Sophie Mlibaux, par exemple, on a l’impression que c’est « écoutez vous nous gênez, on vous fait taire. Ce n’est pas bon signe. Ce sont des attitudes qui vont à l’encontre de ce qu’on pouvait espérer de la démocratie sénégalaise ».

A quoi attribuez – vous les dérapages de la presse, rayonnement, floraison, jeunesse des journalistes ?

« On est d’autant plus forts pour exiger ses droits qu’on est respectueux de ses devoirs. La presse a un devoir d’exactitude, un devoir d’impartialité, un devoir d’objectivité, d’honnêteté, au moins. Et si elle ne respecte pas ses devoirs, elle n’a pas de force pour exiger des pouvoirs qu’elle la respecte. Ce que j’ai envie de dire à mes confrères est que plus qu’on sera proche de l’éthique professionnelle, plus on pourra réclamer la liberté de la presse et on sera fort pour la réclamer ».