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Par Abdoulatif DIOP, Correspondant en Italie.

Trouver un mari en Italie est une chose rare pour les « Fatou-Fatou ».

C’est du moins le constat fait au terme de ce reportage. Beaucoup d’immigrés sénégalais vivant en Italie n’ont pas confiance à certaines de nos sœurs qui éprouvent généralement des difficultés au pays transalpin.

De mésaventures aux déceptions, de tentations aux chantages, les jeunes filles sénégalaises débarquant en Italie en voient de toutes les couleurs.

Les jeunes filles sénégalaises commencent depuis quelques temps à investir le giron de l’immigration. L’Italie est devenue très prisée par ces "disquettes" ( jeunes filles dans le langage sénégalais) qui viennent chercher fortune au même titre que les hommes. Au Sénégal, les filles ne rêvent que d’être dans les murs de l’Europe. Surtout l’Italie un pays où l’immigration a connu des proportions fulgurantes. Mais arrivées au pays transalpin, ces nymphes sont face à un dilemme. Celui de trouver un abri convenable mais aussi un mari et fonder un foyer. Mais la vie en Europe n’est pas toujours rose surtout du côté de la gente féminine qui éprouve généralement des difficultés pour être à l’aise dans la promiscuité dont vivent quotidiennement la majorité des immigrés. Ainsi, elles veulent trouver coûte que coûte, un époux pour mener une vie tranquille.

Dans ce pays, les tentations et autres chantages sont tellement fréquents au niveau des filles à telle enseigne que beaucoup de nos sœurs tombent dans le piège de l’égarement ou des errements pour ne pas dire du vandalisme. Ainsi beaucoup parmi les hommes refusent d’épouser ces filles accusées de mauvaises mœurs et d’avoir beaucoup de liberté en Europe. « Mes parents ne me laisseront jamais trouver une femme dans ce pays », avertit Papis un immigré basé à Brescia. Pourtant Dieu sait qu’il y a des filles de "gros os" ( de bonne famille) dans ce pays qui sont bien éduquées et savent ce qu’elles veulent. Mais les hommes n’en ont cure. Ils n’ont en tout cas pas trop de confiance en elles. « Ici en Italie, les hommes mettent toutes les filles dans le même sac », se défend Fatou une fille de trente sept ans rencontrée à la gare de Padova au nord Est de l’Italie. « Les hommes veulent faire de nous un jouet, après ils nous jettent dans les poubelles comme des reliefs pourris » ajoute t-elle. Sa copine Coumba abonde dans le même sens. « Avec ça, il nous est difficile de trouver un mari car on ne connaît pas qui est sérieux, qui ne l’est pas.

On est là pour gagner honnêtement notre vie et aider notre famille au Sénégal. Et on doit avoir un mari et des enfants pour fonder une famille. Mais vous voyez, si on quitte le pays , on a peur de nous, on ne nous épouse pas… », renchérit – elle avec amertume. La colère de Coumba montre que la vie des sénégalaises célibataires en Italie n’est pas toujours des meilleures. Surtout quand il s’agit de trouver un gîte. La mésaventure de deux filles sénégalaises venues de Paris en constitue une parfaite illustration. Magou et Astel ont cartouché à l’université de Bordeaux en France. Elles ont décidé de venir en Italie après avoir cherché en vain de s’installer à Paris, pour trouver un job comme beaucoup de filles qui ont emprunté la même voie. Elles débarquent toutes les deux chez une copine qui vit avec son époux à Bergame. Après quelques mois, elles sont chassées de la maison par la supposée amie.

Cette dernière arguant que ces filles voulaient lui prendre son mari. Un autre sénégalais a décidé de les héberger chez lui avec des conditions bien sûr : vivre en concubinage avec elles. L’une a accepté faute de solution, l’autre est allée voir ailleurs. Cette dernière tombe sur un autre qui lui a promis de l’épouser en lui faisant croire naïvement qu’il est assez nanti. Elles s’en sortent toutes avec des grossesses sans « Al Khaïri» ( le mariage). Cette histoire rocambolesque est une parmi tant d’autres. La liste est loin d’être exhaustive pour des mésaventures de ce genre en Italie. Dans ce pays, quand on est pas avec le mari, on est l’objet de beaucoup de tentations. Même les femmes mariées naïves ou moins courageuses, ne sont pas à l’abri. En Europe, surtout au pays de Berlusconi, les filles sénégalaises craignent beaucoup à rester « vieilles filles » dans leur vie. Trouver un mari ou du moins le bon, n’est pas chose facile. « Moi j’ai 39 ans, je ne me suis pas encore mariée. Les hommes ne sont pas sérieux. Ils viennent et tournent le dos dès qu’ils auront découvert ton corps », remarque Astou qui avoue avoir connu plusieurs hommes en Italie, mais « tous m’ont trahie.» Certaines même pratiquent finalement la prostitution déguisée.

Mame, raconte : « J’ai laissé un enfant au Sénégal et je ne travaille pas ici depuis deux ans. Je suis obligée de jongler avec les hommes pour pouvoir payer mes frais de logement à la fin du mois, vivre et envoyer de l’argent à ma mère au pays. J’ai acheté un terrain et j’ai commencé les constructions. » Cependant, toutes les filles ne sont pas "mauvaises". Il y a une infime partie bien tranquille et qui a eu la chance de se marier dans ce pays. Mais généralement elles sont deuxième, troisième ou quatrième femme. Peu importe pour elles. « L’essentiel est d’avoir un mari qui subvient à tes besoins par ce que la vie est trop chère ici », déclare Fama qui a réussi cette prouesse. Les rares filles qui ont réussi à accrocher leur oiseau rare s’y accrochent avec les deux mains. « Dieuker moom, Doom diou goorla fii », s’extase Biguè en éclatant de rires.