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EDITORIAL: "TIRAILLEURS SENEGALAIS"

Publié le, 31 août 2004 par

Le voile se lève sur l'Invisibilité de l'Histoire, la Négativité, le Déni, et le Secret d'Etat

Pourquoi tant de secrets, d'oublis, de mémoire sélective, de rupture mémorielle provoquée pour enterrer la contribution de l'Afrique à la liberté de l'Humanité bafouée par la folie d'un homme passionnément délirant et extraordinairement puissant. Face à la terreur d'Hitler, les Africains ont répondu dès l'aube à l'appel du Général de Gaulle, héros de la France libre. Allons nous réveiller le Gouverneur Félix Eboué.

Mais plus on se rapprochait de l'Allemagne, plus leur effectif diminuait. 20.000 soldats seront démobilisés. On arrivait ainsi à un blanchiment des troupes au moment où l'histoire s'accomplissait. On avait éliminé, annonce Benjamin Stora, de la mémoire, la participation des " tirailleurs sénégalais". Pourtant, au nom de la République et de ses fondements : Liberté, Egalité, Fraternité, nos Pères les " Tirailleurs Sénégalais " armés d'humanité et de loyauté ont accompli leur part pour la liberté du Monde par un acte sacrificiel rédempteur.

Pourquoi avoir attendu 60 ans, pour reconnaître aux Tirailleurs leur geste courageux et héroïque qui au - delà de son symbole pour les nouvelles générations a renouvelé le pacte fraternel entre l'Occident et l'Afrique. Colonisés d'hier, martyrs des moments de la folie humaine, ils furent un rempart face à la peur nazie. Que les héritiers n'oublient jamais cette temporalité où l'Humanité a traversé ses pires moments !

L'occupation allemande a mis sur le même niveau les anciens maîtres et leurs disciples, engagés tous ensemble, épaule contre épaule pour la liberté. Fraternité d'armes, frères et sœurs de la République en lambeaux, égalité face à la mort même s'ils étaient les chairs à canons, inégalité de traitement dans les camps et à l'Heure de la gloire. La victoire leur offrit plus tard la liberté mais une liberté acquise après des siècles de persécution et des années de lutte fratricide pendant lesquelles, le cousin français a voulu nier l'apport sans " rapport " de son empire colonial.

Pourquoi tant de secrets, d'oubli, de mémoire sélective, et de rupture mémorielle ?

15 août 1944, l'Armée d'Afrique chasse les Allemands de la Provence. Les tirailleurs, constituaient près de 40% sur un total estimé à 400.000 soldats des forces alliées. Ces valeureux soldats, ont sacrifié leur jeunesse et donné leur sang, encore une fois, pour aller au secours de l'Occident: "…Jeunes de l'Algérie, du Maroc et de la Tunisie, fils de l'Afrique occidentale ou de l'Afrique équatoriale, de Madagascar ou de l'Océan indien, de l'Asie, de l'Amérique ou des Territoires du Pacifique, tous se sont magnifiquement illustrés dans les combats de notre Libération. Ils paieront un très lourd tribut à la victoire", reconnaît Jacques Chirac, le Président français. Chasseurs d'Afrique, goumiers, tabors, spahis, tirailleurs, zouaves... leurs noms résonnent pour toujours avec éclat dans nos mémoires. Combattants exemplaires, souvent héritiers de traditions guerrières immémoriales, admirables de courage, d'audace et de loyauté, ils ont été les inlassables artisans de la victoire, poursuit Chirac dans son discours et de dire à la vingtaine de présidents et Hauts représentants africains présents à l'hommage rendu aux tirailleurs: "… les fils de vos nations ont associé leurs noms à la légende militaire de la France. Ils ont à jamais mêlé leur sang au nôtre".

Pourtant le 1er décembre 1944, parce qu'ils voulaient échanger leur monnaie au cours normal, parce qu'ils demandaient leur dû après avoir accompli leur mission libératrice, nos pères les Tirailleurs, alors que nos mères attendaient le retour de leurs héros, furent fusillés par une France ingrate et oublieuse. Au Camp de Thiaroye ( quelques kilomètres de Dakar) ce jour là, les Africains redécouvrirent les horreurs de la guerre sur sol natal par une opération de Napalm. Un à un, ils furent fusillés. Un génocide, au sens de Catherine Coquio, c'est à dire " un précipité de violence " qui produit une rupture radicale, une rupture de l'humanité, qui touche le lien social, commis par la France au Sénégal est ignoré.

Senghor, certes, n'a jamais voulu que " la grandeur de la République " soit entachée pour quelque raison que ce soit. Il le dira encore au sujet de " la question algérienne " à l'ONU. Le Sérère de Joal, le tirailleur - président, était royal et loyal. Sa critique de la France face à ce massacre " Est ce donc vrai que la France n'est plus la France " ne se comprend qu'à travers sa déception " … Seigneur Dieu, Pardonne à la France, qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques… " ( Prière de Paix dédiée à Georges et Claude Pompidou, 1948). Peut être aussi sa vie de soldat, son amitié avec le Président Pompidou, ancien directeur de Cabinet de de Gaulle, sa tempérance,… Son successeur actuel le Président Wade a déposé le 23 août " Une gerbe de fleur " au Cimetière de Thiaroye, décrété une demi - journée chômée et payée pour que les générations futures " n'oublient jamais… "

Que le souvenir de ces moments, et l'acte de reconnaissance accompli tardivement et souhaitons le sincèrement par la France à travers le Président Chirac, lui - même, engagé en Algérie, puisse servir de tablier de méditation à la souffrance actuelle des Africains, de favoriser sur toutes les latitudes l'érection de nouveaux comportements de nouvelles postures pour la réécriture de l'Histoire de l'Afrique, la leçon non sue des savants, idéologues et autres journalistes occidentaux. Un nouveau départ, au - delà des festivités, serait le meilleur témoignage, le meilleur hommage qu'on peut rendre aux fils et aux filles d'Afrique, sacrifiés et continuellement humiliés et à tort. D'abord, revoir au nom de la justice et de l'Etat de Droit les pensions des anciens combattants cristallisés par la loi Debré du 26 décembre 1959 portant " gel des pensions militaires des anciennes colonies françaises" et dont décristallisation a été demandée par le Conseil d'Etat à la suite de l' "Affaire Diop " ( voir les articles du Dossier de ce mois consacré aux Tirailleurs).

Il en va de la grandeur de la République française, afin que la prière senghorienne, demeure éternelle " Seigneur Dieu parmi les Nations Blanches, Place la France à la droite du Père ". Chirac a posé un autre jalon pour la coopération Afrique - France en décidant " à titre exceptionnel et unique, de conférer aujourd'hui à la ville d'Alger, en tant que capitale de la France combattante, la croix de la Légion d'Honneur". Un acte de portée symbolique très fort ! Par ailleurs le travail de mémoire commun doit être poursuivi. Engagé entre la France et l'Algérie, ce travail a déjà, explique le Quai d'Orsay, produit des résultats sur des questions concrètes, comme la libre-circulation des Harkis, la réhabilitation des cimetières français en Algérie, et la duplication des actes d'état civil des rapatriés.

Le 1er novembre 2004, 50 ans après, Alger se souviendra de sa libération. ( lire l'interview avec Benjamin Stora). Votre magazine " Continentpremier" consacrera ce jour là un dossier spécial sur l'Algérie, dont l'indépendance a précipité l'accession à la souveraineté universelle des pays de l'empire colonial français.
L'histoire n'est victimaire que si elle est diluée, falsifiée ou instrumentalisée. La victimisation découle du déni et du révisionnisme. Il s'agit aujourd'hui, de réhabiliter l'Africain en Occident à travers les cours d'Histoire, les conférences, la presse….. C'est le minimum de sincérité, qui doit guider toute profession pour faciliter le dialogue Nord - Sud. De même Il n'y a pas pire perte pour un Africain que d'ignorer son histoire.

Que cette " Ndeup " ou thérapie psychanalytique de la France serve au dépassement, au pardon mais aussi au rétablissement d'une justice. Compagnons nous avons été hier, nous le resterons aujourd'hui et demain dans la liberté, l'égalité et la fraternité .
Ils avaient vingt ans les Tirailleurs! Cette jeunesse africaine à l'avant garde de la liberté de l'Europe. Leur souvenir sacrificiel doit rester dans nos mémoires, éternel.
Par EL HADJI GORGUI WADE NDOYE