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Mme Aminata Mbengue Ndiaye, ancienne ministre de la condition féminine du Sénégal et membre en exercice de l’Assemblée nationale du Sénégal, a été nommée rapporteur de la conférence des parlementaires sur les MGF.

À l’issue de la réunion, elle s’est rendue dans le village de Ker Simbara où elle a rencontré les hommes, les femmes et les responsables traditionnels et religieux de cette communauté pionnière qui a décidé d’abandonner la pratique de l’excision.

Au cours de la conférence, organisée à l’invitation de l’Assemblée nationale sénégalaise et en coopération avec l’Union parlementaire africaine (UPA), l’UIP et l’UNICEF, les législateurs ont insisté sur la nécessité d’engager une action coordonnée faisant intervenir toutes les composantes de la société – pouvoirs publics, responsables traditionnels et religieux, acteurs de la société civile et parlementaires – et d’inscrire ces efforts dans le cadre global de la lutte contre la pauvreté et des stratégies de développement. À la fin de la conférence, les participants ont adopté à l’unanimité une déclaration énumérant les mesures concertées requises.

ENTRETIEN AVEC MME AMINATA MBENGUE NDIAYE, Députée socialiste du Sénégal

Pourquoi avez-vous souhaité nous emmener dans ce village ?

Mme Aminata Mbengue Ndiaye: Parce que je suis fière de ces femmes et de la population du village de Ker Simbala. Tout le processus d'abandon de la tradition de l'excision est parti d'ici. J'ai rendu hommage à l'imam Demedaora, qui a été le premier à faire le tour des villages environnant pour parler aux populations. Tous ont compris dès le départ qu'il s'agissait d'un problème de communication et de dialogue. Car pour changer les traditions, il faut parler avec les gens, leur enseigner leurs droits et les notions de démocratie et de droits humains. C'est ce qui a été à la base de la transformation et du changement de mentalités au niveau de la population. Les femmes ont compris qu'elles avaient des droits, et notamment par rapport aux
enfants.

Comment cela s'est-il passé concrètement ?

A.M.N.: Le droit à la santé et à l'éducation à été mis en avant. Sur la base d'un programme d'alphabétisation, les femmes et les hommes du village ont pu être conscientisés, ce qui leur a permis de prendre position.
C'est leur prise de position qui a été salutaire dans la construction de la volonté politique. Le Sénégal a ratifié dès le départ la Convention sur le droit de l'enfant, et la Convention sur toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes. Mais il fallait aussi que l'environnement au niveau communautaire soit favorable, afin de lui permettre de légiférer, particulièrement par rapport aux pratiques traditionnelles. C'est ce qui a forgé cette volonté politique qui a permis de faire voter une loi en 1999.

Est-il suffisant de légiférer ?

A.M.N: La loi n'est pas suffisante, elle doit aller de pair avec l'éducation et la sensibilisation. Dans beaucoup de communautés, des associations de femmes s'activent pour faire comprendre à toutes et à tous ce que sont ces pratiques traditionnelles néfastes et quelles sont les répercutions sur la petite fille, sur
sa santé et son développement. Aujourd'hui, tout le monde sait qu'il y a de grandes répercutions qui peuvent aller jusqu'à la mort. Auparavant, il y avait un cercle fermé, de sorte que le problème n'était pas extériorisé.
Aujourd'hui, les gens savent qu'il existe une loi, qui peut être répressive, si les gens ne la respectent pas. Il faut aussi sensibiliser et former le personnel de police, car ils peuvent être des éducateurs.
Nous allons aussi essayer de mettre en place des programmes concertés au niveau frontalier. Des rencontres organisées par le réseau des parlementaires pour les questions de population ont lieu, à la frontière avec la Guinée Bissau, la Gambie et le Mali ou la Mauritanie, vers les pays qui n'ont peut-être pas encore légiféré, pour se concerter sur cette question.

Vous avez écouté les villageois. Que vous ont-ils dit d'autre ?

A.M.N.: Dans ce village qui a abandonné l'excision, les gens ont exprimé leurs besoins et parmi eux, le problème fondamental de l'eau. En tant que parlementaires, nous pouvons être leur porte-parole auprès
du gouvernement pour que cette doléance soit résolue.

( Source : Monde des Parlements : Plus d’infos sur le site web de l’UIP à l’adresse suivante :http://www.ipu.org/splz-f/dakar05.htm.)