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La réaction xénophobe et outrancièrement dégradante du porte - paroles de l’Union démocratique du centre (UDC) ( le parti le plus populaire de la Suisse avec 27% de l’électorat), qui dans un déni abject, rejette toute critique de la Suisse de la part d’un rapporteur spécial originaire du Sénégal et dûment mandaté par la Communauté des Nations – Unies, dénote de l’ignorance même par ce parti et de « son spécialiste » déclaré le Professeur Uli Windisch des mécanismes de fonctionnement des Nations – Unies dont le siège européen est basé à Genève. Qu’est ce qu’un rapporteur de l’ONU sur le racisme ? Comment lire la réaction de l’UDC ?

L’ONU compte des rapporteurs thématiques comme le Suisse bien aimé des africains, le Pr Jean Ziegler qui s’occupe de la faim dans le monde ( qui n’a jamais été insulté par un journaliste africain, ni par un parti politique du Continent « berceau de l’Humanité », ni par ses « ennemis » américains, parce qu’il était suisse ou blanc).
Il existe par ailleurs, des rapporteurs par pays. Pour notre gouverne, le mandat du Rapporteur Spécial est d’abord de suivre un thème, une question ou un pays, et de faire sur ce thème-là chaque année un rapport à la Commission des droits de l’homme, et un rapport global sur la situation soumis à l’Assemblée générale de l’ONU.

Selon le Haut Commissariat aux droits de l’Homme, les rapporteurs sont choisis sur la base de leur compétence. Dans le cas de M. Doudou Diène, ce dernier n’est pas un néophyte descendu des trous les plus sombres des ténèbres. Philosophe, politologue, chercheur, il a travaillé au sein du Temple du Savoir universel, l’UNESCO.

Le rapporteur sur le racisme, la discrimination et la xénophobie, soumet un rapport intérimaire à l’AG de l’ONU chaque année. En plus de cela, il a deux autres possibilités très fortes qui sont très intéressantes pour son mandat : la Commission des droits de l’Homme et l’Assemblée générale, peuvent le saisir à part son rapport général sur des thèmes très précis dans le cadre du racisme et de la xénophobie.

Par exemple depuis 4 ans, la Commission des droits de l’Homme lui a demandé un rapport sur l’islamophobie dans le monde et un rapport sur la démocratie et le racisme qu’il est en train de terminer pour la Commission etc. Mais l’autre aspect qu’il faut souligner de son mandat, c’est qu’il est investi d’autorité et d’une grande liberté d’actions, comme tous les rapporteurs spéciaux du système onusien.

Ce qui fait l’originalité de ce nouveau mandat, c’est que les rapporteurs spéciaux sont la seule procédure onusienne des droits de l’homme qui par l’indépendance qui leur est donnée, ne sont pas salariés par l’ONU. Ils ne sont non plus des fonctionnaires internationaux ni des diplomates. Par cette indépendance, la communauté internationale acceptait en créant ce mandat de leur accorder la liberté de visiter des pays, n’importe quel pays dans le monde pour faire une enquête par exemple sur le racisme, la discrimination et la xénophobie.

Les rapporteurs sont donc des experts indépendants. Ce qui est très intéressant, car ils constituent le seul mandat qui ait cette possibilité-là de dire par exemple, selon le cas de Doudou Diène : « Je voudrais visiter tel pays pour voir quelle est la situation spécifique du racisme chez vous et rendre compte à la communauté internationale pour illustrer telle ou telle facette de la question du racisme et de la xénophobie ». Par ailleurs, un autre aspect fort intéressant est que le rapporteur spécial a l’autorité ; de recevoir des complaintes individuelles et personnelles.

Première lecture de la déclaration de l’UDC : ce parti n’a pas encore digéré sa défaite contre les partisans du « Oui » pour une Suisse ouverte au reste du monde. Vis à vis de l’Afrique, M. Christophe Blocher, l’actuel Ministre fédéral de la justice et police en charge du reste des étrangers me confiait au Club Suisse de la presse : « Vous savez, je ne suis pas raciste, même ma sœur a construit un hôpital au Ghana».

Cependant toute sa politique actuelle tend à durcir l’émigration des non – européens et sa promesse d’intégrer les immigrés d’origine extra – UE, notamment africaine n’est pas encore tenue. Il est constant que l’UDC a toujours rejeté au nom de la neutralité l’adhésion de la Suisse aux Nations – Unies. Comme ce parti rejette, aujourd’hui, toute adhésion à l’Union Europèenne. Ceci dit que la pilule est trop amère pour Roman Jaggi, le porte – parole, de même pour Uli Windsich ( l’auteur d’un article au titre éloquent : « Doudou en Helvétie. Faut - il en rire ou pleurer» qui voient que l’honneur de la Suisse est entaché par un petit sénégalais. Si, M. Windisch savait ce que dans les oreilles de nos ancêtres qui n’avaient pas de comptes bancaires en Suisse, ce que le mot « Helvétie » voulait dire, il se montrerait moins pédant.

Ce qui permet de comprendre la seconde lecture, si nous étions fermés à l’ONU et nous mettre dans la posture confortable de recevoir les plus de 3 milliards de FCH que sa présence nous rapporte par an. Si nous avions renvoyé tous ces malheureux étrangers végétant dans la misère et la dictature chez eux, ce Sénégalais, dont le pays ne peut - être un modèle des droits de l’Homme, n’aurait rien à faire ici chez – nous. Surtout pour nous donner à nous Suisses, fondateurs de la Croix – Rouge et éternels bienfaiteurs des leçons de droits humains.

Par Gorgui Wade NDOYE