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Image:Julie de Tribolet – Le Matin

« Avoir failli mourir du palu m’a donné une excellente leçon! »

Propos recueillis par Elise Jacqueson

Comme tant d’Occidentaux, Jean-Charles Simon* ne savait pas qu’on mourait aujourd’hui plus du paludisme que du VIH/sida. Lui-même se pensait inatteignable. En janvier 2004, il a appris que non à ses dépens, ayant bien failli succombé à un paludisme cérébral. Récit et interview d’un homme qui a changé son regard sur la vie et qui en est ressorti :

- Plus vivant

Décembre 2003, Jean-Charles Simon décolle pour 3 semaines de vacances à Madagascar. Ce n’est pas la première fois que le célèbre animateur radio se rend dans ce pays qu’il affectionne tout particulièrement. Le paludisme? Il a lu que l’OMS déconseillait de suivre un traitement. Il prend alors seulement des médicaments sur lui en cas de symptômes. Son séjour se déroule à merveille. C’est donc un Jean-Charles Simon en pleine forme que les auditeurs de la Radio Suisse Romande retrouvent en janvier 2004. Sauf que sans le savoir, l’homme à la voix théâtrale héberge déjà en lui depuis plusieurs semaines un « hôte » trop discret pour se montrer tout de suite. Son nom : le Plasmodium falciparum, la forme mortelle du paludisme qui sévit en Afrique. Très vite, les premiers signes qu’un corps étranger cohabite à l’intérieur de Jean-Charles Simon commencent à apparaître mais ce dernier pense à une grippe, rien de plus. Fatigué, il se réveille le 17 janvier avec 35,4° de fièvre. Pestant contre le thermomètre, il demande qu’on aille lui en acheter un autre. Dans l’intervalle, le palu n’en pouvant plus de jouer à cache-cache se montre au grand jour provoquant alors la stupeur du parasité qui tombe de haut…dans le coma. Rate sur le point d’exploser, œdème au cervelet, dysfonctionnement du foie et des reins. Durant treize jours, la lutte est interne. Finalement, le quinquagénaire en sort vainqueur, épuisé mais sauvé.

Jean Charles Simon avoue que cela a changé son regard sur la vie.

« Juste avant cela, je connaissais une période un peu difficile. Aujourd’hui, je donne moins d’importance à certaines choses qui m’auraient affectées avant. Et, croyez-moi, je suis très content d’être là, car pour moi tout ça, c’est du rab! »

-Plus conscient

Jean Charles Simon, alors comme ça, on est parti à Madagascar sans se protéger contre le paludisme?

« Et oui. Je pensais que le paludisme, c’était pour les autres. J’avais bien quelques médicaments au cas où mais bon, ça ne m’inquiétait pas outre mesure. Et puis en tant que pharmacien, je me disais: «tu sais ce qui est bon pour toi ».

Selon vous, d’où vient cette sorte d’inconscience que l’on retrouve chez pas mal de voyageurs?

« En ce qui me concerne, je me sentais hors de danger, Je pensais tout simplement que l’attraper était une question d’attitude, que ça n’arrivait qu’à ceux qui n’ont pas les moyens de se prémunir contre ».

Pensez vous différemment aujourd’hui ?

« Evidemment. J’ai pris une sacrée leçon ! Je ressens une moins grande envie de voyager mais ça va revenir. A ce moment-là, je consulterai la carte du paludisme et conseille à tout le monde d’en faire autant et d’apporter avec soi toutes sortes de médicaments pour se défendre en cas de premiers symptômes.
Enfin et surtout si ceux-ci ne se déclarent qu’au retour, tout de suite aller faire des analyses à l’hôpital. Et tant pis si elles ne révèlent finalement qu’une simple grippe. Dans ce cas, ça justifie de faire augmenter les dépenses des caisses-maladie ».

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle et notamment en Afrique?

« Je ne me suis pas mis à militer tout seul dans mon coin mais j’ai été approché par la fondation pilotée par le docteur Brice Genton du CHUV. Je suis avec grand intérêt tout ce qui touche au paludisme. Ce parasite, qui a bien failli me coûter la vie, m’a fait prendre conscience que je faisais partie des privilégiés. J’ai pu bénéficier des meilleurs soins au CHUV et avoir la vie sauve. La plupart des victimes n’ont pas cette chance ».

* Né le 13 mai 1948 à Genève et après une formation de pharmacien, Jean-Charles Simon* est à la fois comédien, metteur en scène et écrivain. Il a même fait de la politique un temps pour finalement revenir à ses amours de toujours: la Radio Suisse Romande où il s'exprime avec talent depuis trente ans. Aujourd'hui, il anime quotidiennement l'émission "Aqua Concert" avec son camarade Patrick Lapp sur la RSR/La Première.