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MADAME MARIEME WANE LY,
leader du PARENA - PARTI POUR LA RENAISSANCE.

DAKAR – Sur la terrasse de l’Hôtel Téranga, l’océan atlantique qui semble signer un bail éternel de bonheur avec le Sénégal, s’étale sur un horizon infini. La joliesse de l’environnement a –t- elle transporté dans un univers onirique notre interlocutrice ? Mme Ly, qui allume son petit cigare, de blanc vêtue, est bien consciente.

Elle laisse apparaître un sourire majestueux. Signe d’espoir ! Demain, ce sera l’Afrique, elle est convaincue. Et les femmes porteront haut le Continent. Militante dès le début, de la cause féminine. Elle, la descendante de la famille maraboutique et princière des Almamy du Fouta, fût à l’âge de 18 ans, une marxiste - léniniste. On est en 1968. Admiratrice de Mao Tsé Toung « un Monsieur qui ne calque pas, qui ne triche pas, qui ne singe pas », Mme Marième Wane Ly, trouve dans le matérialisme historique et dialectique la force de ses convictions. Et chez le Pr Cheikh Anta Diop, le savant sénégalais et fondateur du RND une solide formation politique et la conscience historique avec lesquelles, les femmes bâtiront demain le magnifique temple de l’Afrique.

Pourquoi la Renaissance africaine ?

« Je suis très heureuse de recevoir ContinentPremier à Dakar. Comme vous le savez, je suis très sensible à l’apport de la diaspora africaine, de la jeunesse surtout au développement du Continent noir. Vous avez un rôle très important à jouer.

J’ai décidé de créer un parti politique et de l’appeler renaissance africaine car il faut comprendre déjà que si les naissances passent par les femmes, toute renaissance passera aussi nécessairement par elles. Et historiquement la femme africaine avait une place enviable »

Depuis quand avez - vous commencé à faire de la politique ?

« J’ai commencé à faire de la politique assez jeune en 1968. J’avais 18 ans. J’étais marxiste léniniste à l’époque. Une maoïste car je pensais que c’était ce qu il y avait de plus pur. Mao avait dit que j’applique le marxisme léninisme dans le contexte de la Chine. Les gens disaient que c’est le prolétariat qui mène la révolution. Lui, il disait non vous le dites pour votre pays mais pour le mien la révolution c’est la classe ouvrière. Nous, nous disions voici un Monsieur qui ne calque pas, qui ne triche pas, qui ne singe pas. Ce matérialisme historique et dialectique que Marx a créé, moi je l’applique à la Chine. De 1968 à 1976, j’étais marxiste léniniste. Je suis membre fondateur du Rassemblement national démocratique (RND) du Pr Cheikh Anta Diop. Je suis un pur produit de Cheikh, qui était un leader politique profondément attaché à la formation de ses militants »

Cheikh Anta Diop ne voulait pas « instrumentaliser » ses militants. Il n’était donc pas électoraliste ?

« Vous avez parfaitement raison. Il faut que les gens sachent exactement ce que l’on veut faire du pays pour qu’on puisse tirer les leçons de tout ce qui s’est passé et de pouvoir gagner les élections démocratiquement. L’Histoire ne sert qu’à cela.
Malheureusement dans beaucoup de partis politiques, ils disent massification. Ils prennent le maximum de voix. L’essentiel pour eux, c’est d’avoir des bulletins de vote qui leur soient favorables. Ils n’ont pas comme objectif d’éduquer, de former leurs militants pour réveiller et consolider la conscience citoyenne. Donc au RND, avec les séances de formation, j’étais imprégnée par les idées de Cheikh Anta. C’est ce qui fait que j’ai opté après mon bac en 1974 pour étudier l’histoire. Et je suis devenue aujourd’hui historienne. J’ai enseigné de 1980 à 2000, date à laquelle, je suis devenue conseillère à la primature»

Conseillère du Premier Ministre Maky Sall, vous voulez cependant devenir Présidente de la République du Sénégal. Quelles sont vos chances et avez - vous le soutien des femmes ?

« Les femmes m’ont toujours suivie. Vous savez, je suis une scientifique. Je n’ai pas beaucoup d’appréhensions. Mes professeurs qui liront votre document, pourront le confirmer, j’étais toujours première en mathématiques de l’élémentaire au Bac. J’ai eu 19,5 sur 20, j’aime les sciences. Je ne fais pas les choses au hasard. Je calcule bien. Quand j’ai lancé l’idée de créer le PARENA, j’avais pensé que j’aurais des problèmes avec la paysannerie, les marabouts mais aussi avec les femmes qui n’ont pas été à l’école. Mais j’ai eu l’agréable surprise de ma vie d’être soutenue par les marabouts Hal - Pulaar.
Je raconte toujours l’anecdote de cette dame dont le mari est aveugle et qui a réussi avec un bâton en faisant le tour de mon quartier, à retrouver ma maison parce que sa femme qui est de Casamance lui avait demandé de m’apporter son soutien.

J’étais candidate aux législatives. Quand je me rendais dans les régions, les vendeuses de cacahuètes, ce qu’on appelle les gens pauvres, ceux qui n’ont pas été à l’école, les gens des quartiers pauvres, la paysannerie, les marabouts,en un mot les vrais africains, m'accueillaient avec enthousiasme. C’est ce qui fait d’ailleurs que quand je parle de renaissance africaine, je sais sur qui je peux m’appuyer. Ce sont ces gens là qui me soutiennent le plus.

En 2000, je n’avais pas les moyens de ma politique. Quand j’arrivais en 2001 aux législatives, je n’avais même pas un rond dans mon compte. Disons jusqu’à un certain temps. Bref, j’ai été soutenu par les femmes. J’avais fait une campagne sans sou, avec rien du tout. Je disposais uniquement de 3 millions de FCFA. Les 2 millions sont déposés pour valoir de caution de participation aux élections. Le 1 million restant servait à entretenir la famille. J’ai donc fait une campagne avec des charrettes. Beaucoup ont applaudi, d’autres se sont bien marrés.

Je n’avais pas les moyens matériels pour avoir des représentants dans dans tous les bureaux de vote. Il fallait d’abord inscrire les militants en aval. Je n’avais rien du tout et pourtant j’ai eu beaucoup de voix à mon sens. On a avancé le chiffre de 3000. Ce n’est pas vrai. Au départ, on parlait de 6.000 voix. Disons même le chiffre de 3.000 voix favorables est louable. Je considère que les gens qui ne sont pas dans votre parti car je n’avais pas de structure quand j’allais aux élections, et qui votent pour vous, vous font une grande confiance.

C’est juste les trente (30) personnes à l’assemblée générale constitutive qui étaient le parti. Il n’y avait aucune structure départementale ou régionale.

Plus j’avançais dans la campagne, plus les gens venaient vers le parti… Beaucoup de gens me disent que nous avions voté pour vous.

D’ailleurs, je dis souvent aux amis du PDS ( Parti au pouvoir) est - ce que vous n’aviez pas triché? »

Madame, pensez - vous sérieusement que vous allez faire peur à Abdoulaye Wade en 2007 ?

« Vous savez, nous sommes en train de bâtir un parti qui gagne aux élections»
Abdoulaye Wade peut m’y aider. Il est du genre à pouvoir m’aider pour que je gagne. Il peut même me dire : « Marième, je vais vous donner le pouvoir gratuitement ! »

« C’est un gars bien. Il m’est arrivé deux choses avec Abdoulaye Wade :l’une : c’est au sortir des élections législatives, il a dit que tous les députés qui sont sur sa liste se retrouvent chez Sérigne Saliou Mbacké à Touba. J’ai dit à mon chauffeur « j’y vais aussi !» et pourtant, je n’avais rien à voir avec le PDS à l’époque. Alors j’y suis allé tout simplement pour montrer que je peux me rendre j’ai Sérigne Saliou, à la limite, pour le taquiner un peu. Mais quand je suis arrivée, je suis rentrée directement comme je suis de la famille de Sérigne Touba et les autres pensaient que j’étais sur la liste comme ils m’ont vu faire la campagne. Je suis donc rentrée, et lorsque je l’ai vu avec Sérigne Saliou assis, je m’attendais à une réaction du genre : « mais elle n’est pas de la délégation, comment a -t-elle fait pour entrer jusque dans la chambre ? ». Mais sa réaction était plutôt : « tiens ça c’est Marième ! Sérigne bi, « Gnaneul ka » (faîtes une prière pour cette dame), elle veut devenir Présidente de la République ».

« Et le Cheikh a fait une prière. Il faut avoir une vraie sympathie pour le faire. La deuxième chose, c’est lorsque Chirac est arrivé, il a tenu à faire un bain de foule, on nous a dit de venir l’accueillir. Il y avait tellement de bousculade que j’ai failli tomber et c’est le Président qui m’a tenue et il a dit « c’est la première dame candidate à la présidentielle, il faut lui serrer la main ».

Je lui ai expliqué dans son palais que si je suis candidate, ce n’est pas forcément contre qui que ce soit, c’est pour faire passer des idées pour les femmes! C’est pour montrer aux gens que les femmes peuvent et doivent participer aux prises de décision, aux activités à tous les niveaux : politique, économique, social et autres. C’est pour cela que je n’ai pas besoin aujourd’hui de saboter ce parti. Je n’ai aucune intention de le dissoudre dans aucun parti, fût – il celui du Président de la République ».

Donc, c’est sûr vous serez candidate en 2007 ?

« J’ai eu la mauvaise surprise de ma vie en lisant un journal européen, français peut-être ces propos: « Marième Wane a retiré sa candidature à la dernière minute aux présidentielles sous la pression des marabouts et des sénégalais ».

« Mais c’est totalement faux. Je serai candidate en 2007 ».