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Etudiants et professeurs rencontrés plaident pour une intégration respectueuse de la diversité. Ils rigolent même parfois de ce nouveau concept, qui découle plus du prêt à porter que d’une réalité vécue.

A la veille du « Jeûne Genevois », nous nous sommes promenés à l’intérieur et aux alentours de l’Université de Genève à la rencontre des étudiants et professeurs. L’Alma Mater a réagi de manière clairvoyante en déclarant que Genève n’est pas Paris. Des réactions, se dégage un rejet d’un concept jugé comme pas naturel. Certes, disent – ils les attitudes mal comprises peuvent mener à des réactions de rejet de part et d’autre. Nos interlocuteurs prônent une meilleure compréhension et une intégration féconde des peuples. Un esprit bien genevois !

Mlle Maya 23 ans ( Canton de Bâle), étudiante en relations internationales :

« Je n’ai jamais senti de racisme envers moi de la part d’un Noir»

Melle Sabrina 22 ans ( Canton de Bâle) étudiante en relations internationales :

« J’ai rencontré très peu de Noirs en Suisse. A Washington où j’ai passé une année, ils étaient beaucoup plus visibles car la société est assez mélangée. J’ai l’impression qu’à Genève il y’ a des groupes distincts qui se forment et qui ne se mélangent pas trop. Je n’ai jamais été insultée par un Noir. Jamais »

Fanny 21 ans ( Genevoise) étudiante en Sciences économiques :

« Le racisme existe. On ne peut pas être raciste uniquement contre un peuple. Mais moi, le racisme anti – blanc, je ne l’ai jamais ressenti. Je rencontre beaucoup de Noirs. D’ailleurs ma meilleure amie est Noire d’origine Haïtienne. Je n’aime pas ces notions de racisme. Soit, on est raciste, soit on ne l’est pas»

Irina 22 ans ( Bulgarie), étudiante en Sciences économiques :

« Je vis en Suisse depuis deux ans. Moi, je n’ai pas ressentie de racisme de la part d’un Noir. Mais j’ai l’impression qu’actuellement, ce sont les Blacks qui se discriminent eux – mêmes. Quand je regarde la télévision, je vois que le racisme anti – blanc existe. Même à l’Université, les gens ont tendance à se retrouver en groupes distincts. Peut – être c’est dû au fait qu'ils ne se connaissent pas au début.. Peut être aussi qu’il y a de la timidité. Les Blacks peuvent se dire qu’ils ne vont pas nous aimer. Il y a en définitive des préjugés qui existent de part et d’autre»

Julien 26 ans ( Genevois) étudiant en informatique Ecole des ingénieurs :

« En Suisse pas du tout ! Vraiment pas alors ! Le racisme peut s’exprimer oralement ou se traduire par d’autres moyens par exemple physiquement. C’est un peu du tout»

Pierre Pascal, 21 ans ( Uruguayen et Suisse), étudiant en HEC

« Non. Pas forcément. Mais il y a des racistes partout. Par exemple je ressentirai du racisme à mon égard si je ne suis pas accepté dans un groupe de Noirs parce que je suis blanc. Les banlieues à Genève n’ont rien à voir avec les banlieues françaises. De plus, il y a des racistes et des extrémistes du côté des Blancs.
Il faudrait, je pense mieux intégrer les populations étrangères en évitant de les mettre isolés dans les banlieues »

Cédric 22 ans ( Genevois), étudiant en HEC

« Le racisme anti – blanc. Je l’ai vu. Je ne suis pas personnellement concerné car j’ai des amis noirs. Mais le mouvement est beaucoup plus apparenté avec la musique, le Rap par exemple. Ces jeunes suivent un peu ce qui se passent aux USA par le truchement de la musique Hip - Hip. D’un côté, je peux les comprendre étant donné que pendant des années, voire des siècles, les Noirs étaient sous l’emprise des Blancs mais je pense qu’ils se trompent de cibles. En France, on sentait de la jalousie de la part de ces Noirs pauvres en face des Blancs riches. Seulement, ils se battent contre des innocents. Ils feraient mieux de se battre contre le système politique qui favorise cette inégalité. Là aussi, on ne leur donne pas les moyens de s’exprimer. Tant qu’ils ne font pas des casses quelque chose de pas normal, personne ne parle d’eux. La colère et la jalousie sont des sentiments naturels même si je ne partage pas ces sentiments. On voit ça aussi avec les Latinos qui tendent à se regrouper en communauté. J’ai l’impression globalement qu’on commence à se regrouper suivant qu’on est d’une telle identité ou d’une autre. Il y a aujourd’hui une peur évidente de l’autre. Il y a aussi une concurrence entre ces différentes identités. A Genève, on a quand même la chance d’avoir des gens qui viennent de partout. Cela diminue à mon avis le sentiment de rejet envers l’autre. Peut – être si l’on mettait des habitations types HLM mixtes qui regrouperaient Noirs et Blancs, on apprendrait à mieux se connaître en évitant les tensions comme le racisme sous toutes ses formes »

Jean Marc 35 ans ( Suisse) Maître assistant en économie :

« Je ne sais pas si le racisme anti – blanc existe en tout cas je n’en suis pas victime, personnellement. Il faut peut – être poser la question aux gens qui habitent dans les banlieues genevoises. Vous savez d’une manière générale, en Suisse, on ne s’occupe pas de la couleur de la peau des gens. Pour moi, le seuil du racisme c’est à partir du moment où l’on fait référence à la race pour catégoriser un individu. Quand on le cantonne à sa communauté d’origine ! Si la société n’est pas mélangée, on fait référence à une structure de classe. Pour moi, les racistes ce sont des gens qui ont des préjugés sur d’autres personnes. Cela peut se traduire aussi par des tensions. Comment faire pour éviter ces tensions ? Bonne question, je pense que l’idéal serait une meilleure intégration des individus dans leur société d’accueil. Faire de telle sorte qu’ils se sentent membres à part entière de leur communauté d’accueil. Par contre, ce serait dommage de prôner une assimilation, d’enlever à ces individus leur identité. A mon avis, il faudrait dans le respect des différences, partager certaines valeurs de base fondamentales. Je ne comprends pas pourquoi les gens se détestent tant ! »

Giovanni 40 ans ( Suisse) Economiste :

« Je n’ai jamais été témoin de racisme anti – blanc. Du racisme noir anti – noir, oui. Je vous raconte une anecdote. Des Africains ont dit à un chauffeur de bus noir : « Tu es comme un Blanc! » Le conducteur leur avait demandé s’ils avaient payé, je pense, je ne suis plus sûr, leur billet de transport. Ils l’ont traité de « collabo!» Le racisme anti – blanc s’il existe, ne devrait pas être à mon avis quelque chose de naturel.
Je dirai que, ce serait du racisme anti – racisme qui participe d’une frustration, d’une colère. Pour moi, le racisme ne s’exprime pas forcément de manière explicite.
Je vous donne l’exemple de cette infirmière noire – au demeurant – suissesse qui s’est vu refuser un poste dans une clinique du seul fait de la couleur de sa peau. La presse en a parlé. Téméraire, la fille a porté plainte. Mais au finish, le Tribunal a donné raison à l’employeur qui arguait « Nous avons des patients majoritairement racistes. On ne peut pas vous prendre». Donc le Tribunal aurait statué en faveur de la clinique sous prétexte que l’employeur n’est pas raciste, mais ce sont les clients qui le sont. Comment faire pour lutter contre le racisme anti – noir ? Une solution envisageable serait de résoudre le problème du traitement des minorités par une volonté politique affirmée»

IRIS, 28 ans ( Suissesse d’origine italienne), économiste

« Je n’ai pas été victime ni témoin de racisme anti – blanc. Genève, est quand même une ville multiculturelle. On s’habitue à vivre avec des gens de différentes couleurs. Je trouve que personnellement, on abuse beaucoup de ce concept de racisme anti – blanc. Je pense que la question est beaucoup liée à la problématique des minorités plus qu’elle ne s’apparente à la race. Le racisme pour moi, est une question d’attitude. A Genève, on est assez intégré, il faudrait plutôt développer positivement les attitudes»

Pierre 43 ans ( Belge), économiste, mandataire de recherches

« A Genève, je ne sais pas s’il y a du racisme anti – blanc. Par contre, je sais que chez moi à Bruxelles qui est une ville qui abrite des quartiers avec une grande population africaine, on en arrive à un point où les Blancs ne peuvent plus fréquenter ces lieux.
Je pense que les regroupements identitaires et ethniques sont de nature à favoriser des actes racistes. En Belgique, je ne peux pas soutenir l’existence d’un racisme anti – blanc, cependant dans le cadre des activités du scoutisme au Rwanda, j’ai noté une grande méfiance à notre égard. A mon avis, les préjugés sont d’autant plus forts que le niveau d’éducation est faible ou moyenne. Ou d’autant plus fort que les individus sont en concurrence sur par exemple l’emploi, les femmes, sur un espace de vie …

Il y a une amertume parce que tel Black s’intéresse à telle blanche ou vice – versa. Des choses parfois liées à la quotidienneté. Quand, on essaie de passer devant quelqu’un… C’est souvent la perception qu’on a de la personne en face qui détermine notre réaction ! Parfois donc, ce sont les attitudes qui créent le rejet ».


Par Gorgui W. NDOYE