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MC. SOLAR, LE ROI DU RAP FRANÇAIS

Invité – vedette du festival de l’Espoir qui a drainé près de 55.000 fans au « Stade du Bout du monde » à Genève, le Franco – Sénégalais, nous a reçu après un concert époustouflant pour parler de son espoir pour l’Afrique, des jeunes africains et maghrébins de France accusés d’être des racistes anti - blanc, et de son prochain album. Loin du style trop vulgaire, agressif, le rap de MC. Solar, ressemble à de la poésie.

Le rappeur poète trouve dans les mots doux, dans sa voix calme, la force de sa révolte contre la société de l’argent et de l’exclusion. Son rap est un rythmique textuel, bien dosé où il joue avec les mots et les jeux de mots. Des paroles, un régal, que vous sert sa voix de miel, aux délices savoureuses. Ni tapage, ni arrogance. Que du Bonheur, filé d’une sagesse puisée des valeurs, de la force de son métissage franco – sénégalais.

Chanteur engagé, rappeur plein de classe et de modestie, vous êtes venus assister à un concert dit de « l’Espoir ». Un festival gratuit et sans cachet. Pourquoi ?

« L’initiateur me parlait d’espoir, de mal être, d’enfants malades… Il m’a convaincu sur son projet. Depuis, je viens à chaque fois qu’il m’appelle, donc tous les ans. J’ai vu dans son œil, que c’était quelqu’un d’extrêmement sincère. J’ai aussi trouvé le projet juste et bon »

Solar n’a pas pleuré pour ses fans, mais pour l’occasion sous une canicule extra, il s’est déshabillé. Nuit noire. Torse noir, laissant apparaître, sa couleur noire, qui est vie, pour reprendre Senghor. Expliquez – nous, le mystère MC - Solar ?

« Je descends de l’homme sage et non de l’homme singe. C’est mon concept et je pense que je regarde, j’observe. J’essaye de ne pas être au premier degré. De ne pas faire de mondanité pittoresque. Je suis comme les gens qui sont en face, finalement. Et certains même qui sont en face du podium et qui écoutent mon concert ont plus à m’apprendre que je n’aie à leur apprendre. Il n’y a qu’à aller voir quand ils viennent me demander des autographes, pour eux ou pour leurs enfants. Nous artistes, nous ne sommes pas supérieurs à eux parce que nous sommes sur scène. Ces gens qui sont en face de nous, beaucoup parmi eux, ont accompli beaucoup de choses »

Vous êtes venus à un concert pour l’espoir. Vous - mêmes, vous êtes originaire d’Afrique, un continent qui suscite beaucoup de pessimisme. Que dites - vous aujourd’hui aux Présidents d’Afrique et aux Africains qui tendent à perdre espoir ?

« J’ai eu un moment, moi – même, une espèce de pessimisme par rapport à l’avenir et au présent de l’Afrique. Mais je vous avoue qu’aujourd’hui, je rencontre de plus en plus de jeunes qui ont vraiment la Foi pour le devenir de l’Afrique. Qui aiment l’Afrique et cela, je ne le trouvais pas auparavant. Ils font leurs études. Ils montent des entreprises. Ils font des choses qui ont un lien avec l’Afrique pas juste pour maximiser les profits et faire de l’argent. Ils le font plutôt par Amour de l’Afrique.

Je rencontre de plus en plus de personnes qui ont entre 28 ans jusqu’à 40 ans, qui aiment beaucoup l’Afrique. Ce qui était rare. D’un autre côté, un sondage nous apprend que 86% des Africains du Continent, sont fiers d’être Africains»

Une question que nous avions posée à votre frère Youssou Ndour : les média occidentaux et l’Afrique : l’image récurrente de la guerre, le Sida, tout le schéma traditionnel que vous connaissez. Que faudrait – il faire pour changer cette image ?

« Je ne sais pas si cette image doit changer. Mais pour quelqu’un qui vit en Occident, il va sans dire qu’il n y a que ça. Cet arrêt sur image d’une Afrique sans espoir. Cependant, il faudrait aussi parler des choses qui ne vont pas. Il faudrait chercher un équilibre, montrer deux images. C’est à dire ce que l’Afrique peut faire. Par exemple, les Africains peuvent développer des affaires, être de véritables commerçants, prendre leur place dans le commerce mondial. Mais il ne faudrait surtout pas oublier de parler de ce qui ne va pas, dans ce cadre là. Comme ça, la personne qui reçoit le message pourra disposer au minimum de deux éléments pour se faire son propre opinion.

C’est vrai que souvent on a tendance à recevoir qu’un seul élément et finalement, les gens regardent l’Afrique et les Africains avec compassion, paternalisme. Un regard de médecin et de secouriste »

Que vous inspire ces mots racismes anti – Blanc, dont on parle souvent maintenant dans la presse française? Quelle analye faites – vous de cela ?

« Je ne sais pas comment l’analyser. Ce terme, a été créé, il y a un certain temps par un groupe de recherches pour contrer le droit à la différence.

C’est un terme, qui ressort, mais qui a déjà 25 ans.

C’est une rhétorique de l’extrême – droite. Le voir, ressortir aujourd’hui, je vois que cela grossit, stigmatise, gangstérise tous les jeunes d’origine arabe ou africaine. Sans raison.

Et c’est assez curieux que justement que des gens qui sont assez ouverts, reprennent ce vocabulaire. Parce que cela fait la presse d’extrême droite. C’est leur mot. Qu’il soit banalisé comme ça, quand il y aura une agression raciste, on parlera de symétrie. C’est ça le but. On va dire, c’est la réciproque. C’est la réciproque, c’est cela l’idée. Faire changer le sens des mots. Sinon c’est une réussite de l’extrême droite et on peut leur dire Bravo. Puisque même des journalistes sérieux, dans des journaux sérieux, reprennent leur vocabulaire. Ils ont réussi »

MC, de plus en plus les jeunes Africains et Maghrébins vivant en France, rencontrent des difficultés. Pour ne rien aider à leur intégration, ils sont taxés de racistes anti – Blanc par des média et certains intellectuels. Que leur dites - vous?

« Nous leur demandons d’être sereins, de poursuivre leurs études, d’être posés, analytiques. Mais, même s’ils sont posés et sereins et analytiques et qu’on leur mette une étiquette de racistes anti – Blanc, alors que dans le mot raciste, il y a toujours une notion de supériorité, je trouve qu’il y a une faute »

Revenons à la musique MC, cet art dont on dit qu’il adoucit les mœurs. On vous a peu entendu, ces derniers temps?

« C’est vrai, j’avais pris une année sabbatique »

Que sera votre prochain album ?

« Je ne sais pas encore »

Vous y travaillez, peut – être malgré les concerts ?

« Vous savez la vie d’un artiste, c’est un travail permanent. En un moment, c’est un feeling qui sort, une sensibilité… Je ne peux pas savoir ce que sera le prochain album mais il représentera, malheureusement ou heureusement, la vie d’un individu. C’est à dire moi et donc, c’est un album qui va retracer mes différentes trajectoires. Par exemple, être aujourd’hui à Genève, vivre à Paris, partir le lendemain en Amérique du Sud avec le Groupe pour jouer… On ne peut pas savoir. Chaque chose, peut me servir»

Ce sera donc un album qui reflète une certaine sagesse ?

« Oui, ça il le faut. Il faudra beaucoup de sagesse»

PROPOS RECUEILLIS PAR EL HADJI GORGUI WADE NDOYE