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GENEVE - Parmi ses nombreux projets de coopération avec les parlements africains, l’UIP, forte de près de 144 membres, soutient ses adhérents du Continent africain à bâtir des parlements modernes et pluralistes.

C’est l’exemple au Gabon, au Rwanda, au Burundi, en Ethiopie et au Kenya. Pour favoriser la présence des femmes dans les assemblées nationales et aux sénats, l’UIP donne des points aux pays où l’égalité homme - femme est relativement atteinte.

Son Secrétaire général, le Suédois Anders B. Johnsson, revient dans cette interview sur la fonction de cette institution.

Il porte aussi un regard sur la démocratie sénégalaise avec la proposition de Me Wade de créer un statut pour l’opposition et le cas du député Abdourahim Agne ( relâché) et qui avait été soupçonné d’avoir appelé le peuple sénégalais à la révolte.

M. le Secrétaire général, l’UIP fondée en 1889 est aujourd’hui la doyenne des organisations politiques internationales. Elle compte de Frédéric Passy à Henry Buisson, 8 « Prix – Nobel » de la paix. Avez – vous le sentiment que la diplomatie parlementaire est reconnue ?

« La diplomatie, ne doit pas uniquement être laissée entre les mains des gouvernements. Les parlementaires, représentent des idées politiques, parfois eux – mêmes ou des partis politiques. Avoir une institution internationale où les politiques, peuvent se rencontrer est d’une valeur ajoutée inestimable. Surtout dans un monde plus caractérisé par la paix que la guerre. Nous sommes à la base du système multilatéral qui existe aujourd’hui. Le processus Est - Ouest, c’est nous. On l’oublie souvent. Pour le renforcement de la sécurité et de la stabilité internationale, l’UIP a mis en place un Comité Moyen – Orient qui facilite les réunions entre parlementaires israéliens et palestiniens. Nous travaillons pour amener la paix dans les conflits notamment ceux qui secouent l’Afrique. Mais nous avons une politique discrète. Un Comité travaillant de manière confidentielle. Evidemment, quant il s’agit d’une violation grave des droits de l’Homme, une procédure publique est enclenchée. Pour faire libérer des parlementaires, il nous est arrivé de négocier directement avec le Chef d’Etat du pays en cause. Nous avons participé aux efforts de libération de Alpha Condé en Guinée, de Ngarléji Yorongar au Tchad. Mais aussi de l’actuel président du Sénégal, quant il était dans l’opposition et victime des violations des droits de l’Homme du régime de l’époque. Pour nous la solidarité à l’égard de nos collègues victimes de violations de leurs droits de l’homme et de leurs droits de parlementaires est un devoir. Par ailleurs, le Comité des droits de l’Homme des parlementaires ne peut accepter, au regard des dispositions de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, q’une sanction aussi grave que la privation du mandat parlementaire puisse découler de la simple expression d’une opinion politique»


Est – ce à dire que l’UIP est un corporatisme parlementaire, qui soutient sans état d’âme un député soupçonné d’appeler son peuple à la « révolte ». Par exemple le cas de Abdourahim Agne au Sénégal ?

« Le Comité n’a pas été saisi du cas de M. Agne. Mais sachez que les mots prononcés par un parlementaire sont sacrés à l’intérieur du Parlement. A l’extérieur du parlement, le député est soumis aux Lois comme les autres. Quelqu’un qui appelle à la révolte, doit s’attendre à recevoir une peine. Cependant, on constate que le plus souvent ce sont des parlementaires de l’opposition qui sont emprisonnés. Pour nous, la liberté d’expression est la pierre angulaire de l’action parlementaire. La parole du parlementaire est protégé, mais il y a des limites à la liberté d’expression ( Diffamation atteinte à l’honneur, appels à la haine et au racisme). Nous ne faisons pas du tout du corporatisme aveugle. Nous défendons les parlementaires, dans le seul but de permettre les parlements de fonctionner. Ce qui est essentiel, dans un régime démocratique. L’UIP, ne défend pas un parlementaire qui prône la haine et le racisme ».


Soutenez - vous l’idée d’un statut de l’opposition comme le préconise, sans succès le Président Abdoulaye Wade à son oppostion ?

« Effectivement, oui. Cela entre dans nos préoccupations déjà exprimées au séminaire parlementaire de Libreville ( Gabon 17 – 19 mai 1999). Le statut – type de l’opposition au parlement qui a accompagné la Déclaration de Libreville montre que les parlementaires africains ont aujourd’hui pleinement conscience que l’opposition est une composante nécessaire et utile de tout système démocratique, notamment pour assurer un gouvernement au service du peuple dans la transparence. De l’avais général, un ensemble de règles ( codifiées ou non) était nécessaire pour permettre la contribution de l’opposition au processus démocratique. Et comme le rappelait le professeur Guy Carcassonne : « Le premier des devoirs d’une opposition, c’est tout simplement d’exister de manière suffisamment crédible pour offrir aux électeurs une solution alternative» Le statut – type que nous avions proposé n’est pas exhaustif et il faudra encore l’améliorer. Je suis donc heureux de voir qu’au niveau du Sénégal, le Chef de l’Exécutif propose un statut à son opposition. Nous ne pouvons que l’encourager »

Ou en êtes – vous avec la place des femmes dans les parlements ?

« Vous savez l’UIP, est une organisation qui fait ce qu’elle prêche. Depuis 1978, nous avons la Réunion des femmes parlementaires, et depuis 1999, elle fait partie de la structure officielle de l’UIP. La Réunion des femmes, rend compte de ses travaux au Conseil composé de trois représentants de chaque délégation parlementaire et qui constitue l’organe directeur de notre organisation. Nous avons créé un système pour pénaliser les parlements qui ne satisfont pas à la mixité dans nos travaux. A défaut, les délégations exclusivement masculines ou exclusivement féminines sont limitées à deux membres. Ainsi, les voix de la délégation sont réduites au moment de la vote des résolutions. Un parlementaire namibien avait prononcé cette très forte idée que je partage : « L’Homme de qualité, ne doit pas craindre la femme en quête d’égalité»

D’une manière générale, on peut constater que dans les pays où les femmes ont pris une part active dans la lutte d’autodétermination, dans les usines, fermes … ; une fois que la paix sociale est revenue, les femmes, ne vont pas lâcher. Elles revendiquent, naturellement, la reconnaissance de leurs droits. En premier l’égalité. C’est le cas en Afrique du Sud, en Roumanie, où il y a aujourd’hui une grande participation des femmes dans la vie publique. En collaboration avec l’Union africaine, l’UIP a travaillé pour engendrer la Constitution Rwandaise et le renforcement des droits de l’Homme et les droits des parlementaires dans ce pays, qui caracole en tête des parlements mixtes de notre planète avec un taux de 48,8% de femmes.

Ensuite, il y a des pays où la scolarisation des filles, a permis aux femmes d’avoir le même statut que les hommes. Cependant, dans certaines cultures, il y a des pratiques patriarcales ou des interprétations religieuses qui prônent la minorité des femmes. Mais avec l’éducation, les femmes reprennent le pouvoir. C’est le cas au Koweït, Bahreïn. Le Koweït vient d’octroyer aux femmes le droit de voter et d’être candidates. C’est « une décision historique » selon les termes du Président de l’UIP, Sergio PAEZ, qui a adressé ses félicitations aux femmes koweïtiennes de leurs efforts et les législateurs de leur décision. Par ailleurs, il faudra noter que le combat pour une égalité effective homme - femme dans les parlements, a encore de beaux jours devant lui car même dans les pays scandinaves, comme en Suède, l’attribution des tâches n’est la meilleure. L’UIP s’est doté d’un plan d’actions pour une participation idéale des femmes à la gestion de l’espace public. Pour vous montrer toute notre détermination, je vous renvoie à la Déclaration universelle sur la démocratie de l’UIP adoptée en 1997, paragraphe 4 : « Il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires publiques où hommes et femmes agissent dans l’égalité et la complémentarité, en s’enrichissant mutuellement de leurs différences».


De l’UIP et de l’OMC, on a l’impression que les ministres décident de tout sans consulter leur parlement. Et vous vous faites devancer dans la contestation par la société civile. N’êtes vous pas en train de perdre votre rôle de représentants des peuples?


« Il y a une prise de conscience des parlementaires du fait que de plus en plus les acteurs économiques nous mettent devant de grands défis. Il est donc tout à fait naturel que les parlements qui jouissent d’un mandat populaire s’occupent de savoir comment les choses se passent. Comment le commerce est – il organisé chez eux et au niveau international ? Certes, la société civile est plus visible dans le combat pour un commerce durable et plus équitable, mais les parlementaires n’entendent pas pour autant faillir à leur mission de défendre leur peuple. Ils vont continuer à faire leur travail. Et la meilleure façon, est de donner aux parlementaires la capacité de comprendre, pour mieux agir. Nous recherchons des outils pour pouvoir effectivement mieux contrôler ce qui se fait au niveau international dans le domaine commercial. Nous pouvons interroger les ministres du commerce, commanditer des enquêtes. C’est donc, des outils qui existent déjà et que nous allons utiliser. Ce travail se fait, dans certains parlements, il faudra l’intensifier. Chaque ministre est redevable devant son parlement. Avec l’OMC, l’IUP, a entamé des séries de rencontres et d’échanges pour peser dans les négociations afin que le cycle de Doha s’achève dans de bonnes conditions et au profit du développement durable.

Nous avons eu à rencontrer le Directeur général de l’OMC, pour être mieux informés et lui faire - part de nos préoccupations. En décembre 2005, l’UIP organisera en marge de la ministérielle à Hong Kong une conférence parlementaire sur l’OMC en collaboration avec le Parlement européen. Par ailleurs, nous avons commencé à interroger la Banque mondiale, le FMI… avec les Nations – Unies, nous avons un Accord de coopération stratégique en 1996. En outre, l’UIP a acquis statut de membre observateur depuis 2002 auprès de l’ONU avec le droit exceptionnel de faire circuler ses documents à l’assemblée générale. A la faveur de l’assemblée du Millénaire tenue à New York en 2000, l’UIP a organisé la première conférence des Présidents de Parlements nationaux en présence du Secrétaire Général Kofi Annan. Du 7 au 9 septembre prochain, aura lieu la deuxième conférence au siège de l’ONU à la salle des assemblées. M. Annan ouvrira nos travaux en présence de 150 présidents de parlements » ">

Par EL HADJI GORGUI WADE NDOYE