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Blaise LEMPEN : « Nous voulons développer le Droit International Humanitaire pour protéger les journalistes »

Par EL HADJI GORGUI WADE NDOYE

Journalistes du Sud comme du Nord, ils sont hantés par la mort en cas de conflits armés.

Ils devront pourtant, aller dans les zones de conflits. L à où il y a des morts et des blessés. Ils devront assister, non dans le sens d’aider comme le médecin, mais dans le sens d’observer et de témoigner. Ils devront prendre des risques souvent bien calculés. Malgré les têtes brûlées du métier ! La mort planant comme une épée de Damoclès. Mais ils devront quand même, y être.
Pour que nous sachions la vérité sur ce qui se passe ! L’idée d’avoir un emblème comparable à celui de la CROIX ROUGE, du Croissant Rouge, visible et distinctif, « donnera la même protection aux journalistes que celle des humanitaires» de l’avis du journaliste suisse. Blaise lempen, près de 30 ans de carrière, professionnel aguerri, responsable du Bureau de l’Agence Télégraphique Suisse (ATS) au Palais des Nations – Unies à Genève, ne veut pas rester les bras croisés face à la tuerie sans frais, dont sont victimes ses collègues.

Avec sa consœur Hedayat Abdel Nabi, ancienne présidente des correspondants accrédités à l’ONU et cheffe de Koweït News Agency (KUNA), Blaise, mène les contacts, essuie critiques et encouragements de par le monde. La campagne qu’il vient de lancer au nom de la PEC ( Presse emblem Campaign - www.pressemblem.ch) vise à fédérer les journalistes du monde entier autour de la nécessité d’inscrire la protection des journalistes dans un cadre juridique clair et internationalement reconnu. Pourquoi tant de journalistes meurent – ils au front ? Le seraient – ils, s’ils bénéficiaient d’une Convention comme celle de Genève, qui protège explicitement les travailleurs humanitaires de la CROIX – ROUGE ? Cela voudrait – il dire que les humanitaires, ne meurent pas sur les terrains des conflits ?

Blaise Lempen, sait que le chemin sera long, mais il y croit et argumente : « Le Droit international humanitaire ne correspond plus à l’évolution des conflits qui sont devenus plus des conflits internes. On est en présence de nouveaux acteurs non étatiques par exemple les groupes terroristes, les guerrias, qui ne respectent plus les règles du Droit international humanitaire et les Conventions de Genève ». De là, part la nécessité d’une adaptation de ce droit humanitaire en raison des lacunes des Conventions de Genève, qui sont essentiellement le Droit international des conflits armés internationaux. « Actuellement, poursuit notre confrère, les conflits sont des conflits internes et ces Conventions ne protègent plus véritablement les journalistes assimilés à des civils alors qu’ils sont en première ligne parce qu’ils sont des témoins privilégiés» ( Lire notre édition du 30 août 2004)

Pour bien faire leur travail, les journalistes doivent pouvoir constater ce qui se passe sur les zones de front et leur témoignage doit être fait de manière indépendante, assène notre confrère suisse. « C’est à dire sans être incorporés dans des armées. C’est très important de garder cette indépendance. Cette capacité donc de pouvoir témoigner de manière indépendante»

Il y a une augmentation du nombre de journalistes tués lors des conflits armés. Particulièrement dans ce conflit qui se passe en Irak. Dans d’autres lieux encore, nos confrères tombent chaque jour. Dans l’impunité la plus totale.

S’y ajoutent ceux qui meurent dans l’anonymat, en Colombie, en Philippines et en Côte d’Ivoire. « Les journalistes donc, payent le prix fort»

C’est ce qui fait qu’on renonce à aller dans les points chauds du Globe. « Il n y a pas de journalistes en Tchétchènie ni dans de nombreux pays africains comme au Congo… » se désole le journaliste. L’idée poursuit Blaise Lempen, c’est « de renforcer la protection des journalistes». Mais l’emblème est ce le meilleur choix ? Pour le confrère Suisse : « L’emblème permettra d’offrir la même protection aux journalistes qu’aux employés humanitaires de la CROIX ROUGE qui sont exposés aux mêmes risques que les journalistes» Une certaine égalité devant l’inconnu pour deux professions différentes mais exposées aux mêmes risques!

A propos de la Convention, dont la campagne d’adhésion lancée au mois de mai dernier a recueilli diverses réponses positives à travers le monde. Avec notamment le soutien de l’organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui lors de son Sommet de Ouagadougou a explicitement exprimé son point de vue favorable. Contenu du reste dans la Déclaration finale du Sommet de Ouaga.

Mais pour fédérer toutes les sensibilités, et donner corps à l’emblème et à la Convention, Blaise sait que la route sera longue. Les journalistes qui nous informent de l’actualité, qui font l’actualité, constituent un corps assez rigide. Parfois monolithique. C’est ce qui fait dire à notre confrère « Ce sera un travail de longue haleine. Le principal, c’est d’arriver à compléter les Conventions de Genève sous leur état actuel. Faire de sorte qu'on puisse disposer d'une Convention internationale pour les journalistes» S’il faut attendre dix ans, pour cela, Blaise, croit que cela en vaut la peine car il faudra, nécessairement protéger les journalistes. Au mois de septembre dernier à l’issue d’une rencontre de la cellule PEC, une Déclaration a été faite dans laquelle les participants, se sont engagés à prendre des mesures d’urgence pour renforcer la protection des journalistes. C’est donc un point de départ avant de mobiliser les gouvernements. Un nouvel Henry Dunant est né !

Le travail de sensibilisation, continue auprès de toutes les fédérations de journalistes reconnues. Mais aussi auprès du CICR, d’autorités politiques à travers les missions diplomatiques des pays accrédités à Genève qui devront transmettre le message de la campagne pour un emblème de la presse aux capitales.

Les résultats de la campagne mondiale lancée via le web et qui constitue une sorte de sondage y compris jusqu’en Chine pour leur demander s’ils sont d’accord avec les objectifs de la campagne : un emblème de presse et une Convention internationale de protection des journalistes, viennent d’être publiés.

Avec ce soutien fort appréciable ( lire ci contre les résultats) d'organisations internationales et d'associations de journalistes, l’idée est d’inviter les représentants des gouvernements et d’organiser une conférence mondiale avec eux l’année prochaine à Genève pour enfin lancer les travaux de la Convention internationale de protection des journalistes.