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Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE

L’Afrique, sans passé, avec un présent moribond, n’a donc pas d’avenir et certainement pas d’histoire ! Rien à proposer, à part le rire et la danse, au reste du monde. Les tentatives d’explication, de reconstruction et du devenir du monde sont biaisées par des hypothèses décontextualisées qui ignorent royalement l’Afrique. Des paradigmes simplistes, suicidaires et séduisants comme ceux de Huntington teintés d’une vision hypocondriaque de la culture ne font qu’attiser le feu du mal. L’Américain qui fait tant d’émules dans le monde occidental, et même afro - arabe avec ses 7 ou 8 champs culturels : occidental, confucéen, japonais, islamique, indien, slave, orthodoxe, sud américain et probablement africain, a donné une caution morale et intellectuelle au « choc des civilisations ».

Thème d’ailleurs, qui n’est pas né avec lui, mais dont il est devenu, avec notre inculture, le maître à pensées et le créateur. La carte civilisationnelle huntingtoniènne situe le choc des civilisations comme le rendez – vous de la réalité et du devenir du monde.

L’Afrique, son prochain foyer des guerres, n’est qu’un bloc culturel homogène, disons un tout petit village avec un chef de famille, ses enfants et probablement son harem de femmes, qui lui sont tous soumis. Je tire sur les traits. Il ignore le Maghreb, il ignore le Sénégal, il ignore le Nigeria…, l’Afrique du Sud.

Avancer que « la prochaine guerre mondiale, s’il y en a, sera une guerre entre civilisations », c’est nous mettre la peur au ventre et au - dessus de nos têtes. Comme une épée de Damoclès. Tranchante !

On oublie que c’est par la négation de l’autre que Auschwitz, est aujourd’hui une insulte à la mémoire de l’Humanité. Que la traite négrière a fait long feu ( 4 siècles). Que la colonisation a été légitimée ! Ce n’est pas loin tout ça. Les peuples d’Afrique, d’Amérique Latine en payent aujourd’hui le fort prix. Ces affamés d’aujourd’hui, qui nourrissaient par leur sang rouge « les nouveaux maîtres du monde ». En lieu et place de demander Pardon ou d’une reconnaissance des torts subis, certains descendants et héritiers des fortunes de ces esclavagistes, excellent dans l’insulte dans une savante ignorance.

Et encore, on prépare pourtant, sous nos yeux, les guerres des dominants sur les dominés en leur donnant toute la légitimité intellectuelle, sans l’affirmer. Cette domination, n’est et ne peut être qu’économique avec l’emballage de la puissance militaire et l’idéologie fasciste renouvelée qui fait que l’autre est nécessairement « barbare », donc « à abattre». C’est une nouvelle formule de la « Fatwa ».

Le déterminant culturel est omniprésent dans le diagnostic prospectif imaginé par Samuel Huntington. Il entrevoit dans la culture, souligne –t- on, le moteur des conflits entre les nations, les peuples et les groupements humains distincts, notamment les lignes de fracture entre les différentes civilisations.

Pour lui, les raisons des conflits tiennent à quelque six facteurs essentiels : la religion, les interactions entre les civilisations, les changements économiques et sociaux, la conscience d’appartenir à une civilisation, les spécificités culturelles et le régionalisme économique.

L’Afrique, blessée et qui continue à être insultée par des racistes “afrocentristes” comme Stéphane Smith ( lire notre dossier), doit aujourd’hui plus qu’hier se positionner. D’abord s’unir. Pour l’avenir des générations futures.

Celles d’aujourd’hui mondialisées, n’ont pas le droit de délocaliser leur progéniture. Osons affronter la réalité en refusant le mensonge global sur l’Afrique, qu’entretiennent non seulement ces experts en destruction du Continent noir, mais aussi des africains convaincus de leur infériorité et entretenus dans des privilèges qui les empêchent de se regarder dans un miroir. Et découvrir qu’ils sont noirs !.

Un combat actuel

Les élites africaines des années 1930, « devaient affirmer à la face du monde qu’ils avaient une histoire et qu’ils vivaient dans un continent qui avait une histoire, une histoire qui avait été niée et ceux qui les avaient colonisés devaient pour pouvoir effectivement fonder leur contrôle de l’Afrique dire que c’étaient des non nations, c’étaient des sociétés sans histoire qu’il fallait emmener à la civilisation... », explique l’historien et politologue Mamadou Diouf de l’Université de Michigan.

Cette Afrique là, les nationalistes vont aller à l’assaut pour la découvrir et la présenter au monde. Dire face aux réalisations historiques de telle ou telle civilisation, l’Afrique a des réalisations comparables, réinscrire l’Afrique dans l’histoire du monde, dans l’histoire universelle en disant l’Afrique a été expulsée de cette histoire au 19ème siècle pour une raison simple quand les Européens ont décidé de conquérir l’Afrique, ils ont forgé un concept, le concept de mission civilisatrice. Pour civiliser quelqu’un il faut décréter qu’il est barbare ou qu’il est devenu barbare. Cependant toute l’histoire des Européens des égyptologues français avant le 19ème siècle était de dire comme Hérodote que la civilisation égyptienne était une civilisation noire, constate Mamadou Diouf. Mais l’Afrique pouvait - elle enjamber les frontières coloniales?
La revendication africaine d’une coopération basée sur l’esprit de peuples libres et égaux, ne date pas d’aujourd’hui. Le colonisateur a toujours ignoré le « sentiment national des masses africaines, leur aspiration à l’unité et leur volonté d’entrer dans le monde moderne » unies.
Le paradoxe d’une société ou du moins d’une élite qui reconstruit son histoire en sautant la parenthèse coloniale mais qui construit des Nations à l’intérieur des frontières artificielles pose la question : à quelle histoire appartenons - nous?
Est - ce que l’Afrique peut s’intégrer et enjamber les frontières coloniales ? se demande Mamadou Diouf.
N’est ce pas peut être probablement la seule possibilité de créer un nouveau cadre pour une nouvelle histoire ?
Il s’agit dès lors d’affirmer son identité pour dialoguer avec les autres.

Etre et reconnaître l’autre.

Souleymane Bachir Diagne, philosophe affirme pour sa part :

« Si la fatalité d’un ‘choc’ des cultures comme explication en dernière instance des conflits, tant dans le cadre international qu’au sein du continent africain, est par trop simpliste, il reste que ce paradigme pessimiste d’après guerre froide porte un enseignement : celui de l’importance du dialogue de ces mêmes cultures comme moyen d’élever dans l’esprit des humains les barricades de la paix ».