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REPENSER L’IMAGE DE L’AFRIQUE

Publié le, 30 septembre 2004 par

Gorgui W. NDOYE

L’Eternel retour d’images et de stéréotypes, sur l’Afrique, l’Africain et les Noirs d’une manière générale, ne devrait – il pas interpeller les consciences des politiques, intellectuels, …sur toutes les latitudes. Ceci est un tableau peint depuis au moins 600 ans. Les pinceaux et les couleurs, ont semble –t- il résisté aux effets des Lumières !
La peur du diable et de la mort constituait l’univers quotidien de l’occidental qui a cru se réfugier vers un univers où « survivrait l’âge d’or perdu », ce paradis terrestre que Dante et Lulle placèrent successivement sur les bords de l’Indus et aux sources du Nil... Dans l’imaginaire de l’occidental chrétien, le Nil est identifié au Géon qui avec le Fison, le Tigre et l’Euphrate (l’ancienne Mésopotamie et l’actuel Irak), constituent les quatre fleuves du Paradis.


La montagne accoucha d’une souris, l’Afrique noire, était aussi pauvre que l’Occident. Seul bémol, la découverte de l’Amérique en 1492, ouvre les portes de l’espoir aux européens et ferme celles de la liberté aux africains. Pendant trois siècles, ils seront forcés de faire le voyage à ticket simple dans ce qu’on appelle aujourd’hui la terre des Libertés ( Les Etats – Unis d’Amérique)
Jusqu’au milieu du 15ème siècle, il n y a presque pas eu de contacts entre l’Occident et le Continent noir. Les Portugais seront les premiers à débarquer dans les embouchures du Sénégal et du Cap Vert. Dénis Dias a ouvert la porte de l’Afrique à l’Europe qui croyait dans ses rêves découvrir de l’or en abondance dans une Afrique « réservoir surréaliste des merveilles réjouissantes, le puissant royaume du mythique Prêtre Jean... ».

Le mythe du Prêtre Jean « instrument idéologique de combat» utilisé contre l’islam était même transposé en Afrique, où devait se réaliser le rêve de « l’alliance de revers ». Précisément en Ethiopie, les frères Pizigani racontent l’abondance en or, des dignitaires couvrant même « leurs maisons de toits à lames d’or » et l’intérieur « orné avec de l’or travaillé » et les soldats aux « armes en or ... quand ils vont à la guerre, les reflets du soleil les rendent si brillant que personne ne peut les regarder».

Idéalisé, l’homme noir, sera vite assimilé au moyen âge comme le descendant de Cham, le fils maudit de Noé, donc corvéable à souhait, d’où la justification par l’église de l’esclavage.

Avec Henri le navigateur, les Portugais longent les côtes africaines et atteignent le cap de l’extrême sud du continent en 1488.
Duarte Pacheco Pereira parle de la nudité des Africains, obscénité et perversion sexuelle dans la morale chrétienne, « sauf dit - il, les nobles et les hommes honorables... ils peuvent avoir autant de femmes qu’ils veulent... ». Il dira plus loin « Ils sont vicieux, rarement en paix les uns avec les autres et sont de grands voleurs et menteurs... de grands buveurs et très ingrats... sans honte ils ne cessent de mendier... Ils ont tous les défauts qu’un homme peut avoir » Pereira, 1956 ( in Diop Brahim « L’Afrique noire telle que l’Occident la perçoit » 15ème - 18ème siècles, entre mythes et réalités).

De ces Africains:

« l’on ne peut rien apprendre de bon, ni pour les mœurs, ni pour l’éducation.. ils sont très bornés du côté des sciences... ils dégagent une odeur répugnante surtout lorsqu’ils ont chaud » écrit Le Page du Pratz en 1758.

Et d’ajouter, une paresse congénitale, une indolence, une apathie, une nonchalance et une ignorance de quoi faire d’eux - mêmes, d’où en consequence:

« les guider, les diriger», ces gens dont « la danse est leur passion favorite. Il n’y a pas un peuple au monde qui y soit plus attaché qu’eux renchérit Labat.

C’est « un peuple de rire et de la danse ». Ils passent le plus clair de leur temps à piailler, à caqueter et à s’esclaffer, dit David. Avant de renforcer « Ils se pillent, volent et assassinent impunément». Des évangélistes étaient convaincus qu’on ne pourrait jamais faire des Africains de bons chrétiens. Le Révérend Père Labat soutient:

« Il est certain que leur tempérament chaud, leur humeur inconstante et libertine, la facilité et l’impunité qu’ils trouvent à commettre toutes sortes de crime, ne les rend guère propres à embrasser une religion dont la justice et la mortification... la continence... l’amour des ennemis, le mépris des richesses, etc. sont les fondements».

Le terrain est bien préparé pour assouvir le désir de la domination de l’homme par l’homme : Réduire en servitude ces hommes frappés d’une « indignité naturelle » et dont le profil moral est très bas peut poser un problème de conscience.

En 1776, Chambonneau décrit une certaine partie du Sénégal de la manière suivante en parlant du roi qui :
« n’a fait que tuer, prendre captifs, piller et brusler e pays... gaster les mils et les couper en verd en sorte que les gens...estoient contraints de manger de l’herbe... et des charognes ».

D’autres par contre ont insisté sur la beauté des Africains, sur leur générosité, leur fidélité et leur bonne humeur :

« Ce qui indique la grandeur, des qualités morales ou intellectuelles et donc qui est un signe de majesté et de noblesse selon David. Ils vouent un grand respect aux vieillards. » Ils ne les appellent jamais par leur nom, à en croire Labat, qu’ils n’y joignent celui de père. Quoiqu’ils ne soient point leurs parents, ils ne laissent pas de leur obéir, et de les soulager en toutes choses».