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Clin d’oeil : LA MISSION FINLANDAISE A GENEVE

Publié le, 31 juillet 2004 par

Son Excellence M. Vesa Himanen « La Finlande cultive un partenariat privilégié fondé sur la cohérence et le long terme avec les pays du Sud»

Par Cécile QUAN

Pays pauvre jusqu’en 1945, la Finlande n’a pas eu de passé colonial. Un peu méconnu des Africains surtout francophones, ce pays a connu un développement économique fulgurant. Pourtant la Finlande n’a rien renié à son histoire et aux côtés des Africains lutte modestement et avec détermination pour une mondialisation plus humaine. Que connaissons-nous de la Finlande ? Ce pays scandinave situé au Nord de l’Europe dont la population - d’un peu plus de 5,2 millions d’individus - jouit d’un niveau de vie fort enviable. Rien ne vaut un micro-trottoir en ville pour palper une certaine réalité ou représentation collective.

A la question : Quelle image associez-vous à la Finlande ? La plupart des passants ont répondu spontanément : neige, moustiques, Père Noël, blond(e)s, rennes, vodka et poissons.
Force est de constater que les connaissances sur ce voisin européen relèvent plutôt du cliché. D’une manière générale, hormis deux noms de multinationales à succès : Nokia et Koné, de quelques vagues souvenirs de cours d’histoire relatant son rôle d’intermédiaire entre l’Ouest et l’Est pendant la période la guerre Froide, nous ne sommes guère loin du trou noir. La curiosité de mieux connaître ce pays et l’envie de battre en brèches les stéréotypes ont conduit nos pas à pousser la porte de la Mission permanente finlandaise à Genève.

LA FINLANDE GENEVOISE

L’actuel Ambassadeur, son Excellence M. Vesa Himanen connaît bien Genève et ses rouages pour y avoir déjà été en poste. Son rôle au sein de la Mission ? Il le résume d’une manière lapidaire : « Avoir et donner une vision d’ensemble » qui se traduit notamment par l’administration de son équipe, la participation à de très nombreuses réunions et une communication avec Helsinki et Brussels, passage obligé étant membre de l’Union européenne. Cette liaison assure une coordination efficace et informe utilement les uns et les autres des dernières décisions socio-économique et politique majeures.

Les dossiers traités s’articulent autour du triptyque : droits de l’Homme, aide humanitaire et commerce/économie. Une attention toute particulière mobilise la Finlande sur le dernier thème. Il s’agit naturellement dans le cadre de la mondialisation de veiller à la sauvegarde des intérêts nationaux.

Dans les instances internationales genevoises, la Finlande, malgré un personnel peu étoffé au regard des mastodontes que sont les Missions permanentes des Etats-Unis ou la Fédération de Russie, se révèle particulièrement active sur certains dossiers où elle peut faire valoir un savoir - faire indiscutable.

Pour preuve, lors du Sommet mondial de la société de l’information, la Finlande a joué un rôle actif et a marqué son soutien au processus par la venue de sa Présidente, Tarja Harlonen, accompagnée de deux ministres mais également de multinationales finnoises à la pointe des télécommunications telles que Nokia. A cet égard, M. Himanen a souligné avec vigueur que le problème du fossé numérique ne pouvait se résoudre que par la seule logique financière, mais qu’il importait d’associer tous les acteurs (société civile, secteur privé et public etc.) de manière à dégager les synergies nécessaires à la mise en place de solutions en adéquation avec les besoins de chaque pays. Autre initiative originale, l’organisation de réunions au niveau des ambassadeurs entre les Missions permanentes africaines et nordiques dont l’objectif est de renforcer par le biais d’un dialogue informel la coopération, en identifiant de nouveaux instruments de développements dans le cadre de la mondialisation. A cet égard, La Finlande nous explique son Ambassadeur, « cultive un partenariat privilégié fondé sur la cohérence et le long terme » avec les pays du Sud tels que l’Ethiopie, le Kenya et le Mozambique, le Népal, le Nicaragua et le Vietnam. Une politique qui s’inscrit dans un désengagement d’une logique d’assistanat pour embrasser une approche jugée plus constructive : l’établissement de relations commerciales et d’échanges, pour assurer in fine la croissance et le bien-être de la population.

Ces liens s’effectuent essentiellement avec les pays anglophones africains. Qu’en est – il de la partie francophone de l’Afrique ? Pourquoi cette absence de présence ? Des raisons historiques et de jeux d’influence sont avancés.

LES DEFIS

La Finlande à l’instar de nombreux pays doit faire face à la mondialisation qui met à mal, voire lamine des pans entiers de ses secteurs économiques traditionnels. C’est le cas notamment de l’industrie du papier, de la construction mécanique mais surtout de l’agriculture, un secteur largement subventionné. Pourtant l’enjeu est de taille pour la Finlande qui souhaite endiguer l’exode rural en maintenant des structures de petites fermes à travers le pays.
Toutefois, grâce à une politique soutenue en matière d’enseignement de recherche et de développement, le pays a pu réorienter son tissu industriel dans des secteurs de pointe tels que l’électronique, les communications et les nouvelles technologies, prenant une part de plus en plus importante dans les exportations et la stimulation de la croissance du pays.

Ce savoir faire et cette compétitivité, salués à l’échelle mondiale, ne doivent pas cependant masquer certaines inquiétudes liées à une concurrence en provenance des nouveaux pays membres de l’Union européenne et ceux des pays du Sud-est asiatique toujours plus offensifs. La crainte de délocalisations en cascade et la perte progressive de la capacité d’innover, d’attractivité a poussé le gouvernement à diminuer le taux d’imposition qui décourageait jusqu’à récemment bon nombre de Finlandais(e)s et de candidats à l’expatriation.

Confrontée à l’instar des autres pays européens à une démographie déclinante et une population vieillissante grandissante, la Finlande se pose légitimement la question des moyens pour maintenir son niveau de vie élevé.

L’immigration demeure relativement faible, quant aux réfugiés leur nombre oscille en fonction hélas des conflits et des politiques d’asile. Leur intégration s’effectue plus au moins bien. « Il faut du temps » confie notre interlocuteur qui connaît bien la problématique, à travers l’expérience de son épouse, enseignante auprès de réfugiés et d’ajouter « d’autant plus qu’il leur faut s’adapter à un environnement et des références complètement différents ». La communauté asiatique qui regroupe en majorité des Vietnamiens et des Chinois a fait preuve d’une étonnante capacité d’intégration, pour d’autres cela s’avère plus difficile, « histoire de climat » affirme malicieusement M. Himanen.

Les portes de la Mission permanente finnoise se sont refermées courtoisement derrière nous, toutefois elles ont ouvert un autre regard sur ce pays scandinave où la parité homme/femme est une réalité vécue au quotidien.

Tiesitkö… (Savez-vous…)

  • 72% du territoire est couvert de forêts et 10% d’eau ( soit 187,888 lacs)
  • Sauna est un mot finlandais, on en dénombre 1,7 millions soit un ratio d’un sauna pour 3 habitants· Tango et Finlande, un amour qui ne s’est jamais démenti, au point de décréter la Finlande deuxième patrie du Tango après l’Argentine· Le redoublement des élèves est inexistant· Le taux de participation lors des élections européennes en juin 2004 : 41,1%· La première femme présidente a été élue en 2000
  • La Finlande est classée 13ième sur 177, en terme d’indicateur du développement humain (IDH)* dans le rapport annuel 2004 publié par le PNUD
  • La consommation de café annuelle s’élève en moyenne à 14 kg/personne· + 24,97°, + 60,17° correspond à la longitude et latitude de la capitale finlandaise: Helsinki * Cet indicateur mesure les avancées de chaque pays à l’aune d’une série de paramètres sociaux et économiques fondamentaux.