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Par Emilya CERMAK

(ARMENIE)- Après avoir passé trois mois en Arménie au sein d’une organisation non gouvernementale pour les droits de l’homme, notre correspondante est revenue la tête pleine d’impressions, de souvenirs tristes ou gais, d’espoirs et d’histoires. La prochaine étape sera l’Angleterre. Mais nous ne laisserons pas nos lectrices et lecteurs arméniens qui nous ont suivi depuis le lancement du magazine « Continentpremier » au Club Suisse de la Presse en avril dernier. ( Récit)

L’Arménie est un pays d’une richesse culturelle incroyable et d’une histoire vieille de plusieurs millénaires. Connu pour être le premier état chrétien, l’Arménie a survécu a plusieurs guerres et invasions, même si elle a perdu une grande portion de ses territoires. Mais les Arméniens restent connus pour être un peuple digne, courageux et humble. Il est fascinant de découvrir tout autour du pays des églises et monuments qui témoignent de l’histoire et de la richesse de ce pays.

L’Arménie souffre des séquelles du communisme

L’Arménie d’aujourd’hui est une Arménie qui souffre des séquelles du communisme : le passage d’une économie centralisée à une économie de marché, la corruption, la liberté d’expression, le manque de confiance envers le système politique et les politiciens et ce qui en découle sont autant de problèmes internes qui doivent être réglés pour une transition vers une vraie démocratie. Pendant mon séjour, j’ai assisté à plusieurs manifestations de l’opposition qui se plaignait de leur vécu.

Malheureusement, l’Arménie souffre aussi en politique étrangère, puisque deux de ses voisins directs, l’Azerbaïdjan et la Turquie lui font subir un blocus depuis la guerre pour la libération du territoire du Haut Karabagh. Privée de deux voies commerciales, l’Arménie rencontre d’autant plus de difficultés à se développer.

Ce qui m’a frappé dès mes premiers jours en Arménie ce sont les conditions difficiles dans lesquelles les gens vivaient : La disponibilité de l’eau qui est en moyenne de deux heures deux fois par jour et le prix de l’électricité qui s’élève à un prix exorbitant si on en utilise « trop » ; c'est-à-dire ce que nous utiliserions normalement. J’avais froid dans le dos rien que d’imaginer les hivers qu’ils devaient passer là-bas ; puisque la température peut descendre jusqu'à moins 30 degrés. Le salaire moyen d’une profession libérale s’élève à 200 dollars par mois. Autant dire qu’à première vue, il pourrait nous sembler difficile de supporter de telles conditions. Pourtant les gens sont heureux, ils se contentent des simples choses que la vie leur apporte. Le cliché est simple et connu mais il est vrai que l’on apprécie nos standards de vie lorsque l’on revient à la maison.

L’invité est toujours accueilli comme un dieu

L’insulte suprême pour un arménien est de dire que l’on n’a pas mangé à sa faim quand on a été invité chez lui. En Arménie, la famille est la cellule primaire de la société, tout tourne autour de la famille et surtout des enfants puisqu’ils représentent la perpétuation de la lignée familiale.

La sécurité sociale et l’aide gouvernementale sous quelque forme que ce soit à l’intention du peuple sont quasi-inexistantes mais ce manque est compensé par l’entraide familiale et la solidarité. L’hospitalité est une des valeurs primordiales des arméniens.

L’insulte suprême pour un arménien est de dire que l’on n’a pas mangé à sa faim quand on a été invité chez lui. Un invité est toujours accueilli comme un dieu, on dresse des tables royales et on prend des heures à préparer les meilleurs plats en quantités surabondantes pour faire honneur à l’hôte.

Et ceci est autant valable pour les familles les plus pauvres qui n’hésiteraient pas à cette occasion de dépenser l’argent du mois. Leur sens de la générosité m’a particulièrement touchée, je me suis souvent retrouvée dans des situations, où la connaissance de la langue me faisant défaut, je parvenais seulement à balbutier quelques mots pour me faire comprendre, certaines conversations étaient chaotiques et houleuses mais une fois que je parvenais à me faire comprendre, la personne en face de moi pouvait remuer ciel et terre pour me venir en aide.

Le poids du conservatisme et de la culture pèse sur les jeunes

Il était aussi très intéressant pour moi de discuter avec des jeunes de mon âge, de connaître leurs parcours, leurs attentes et leurs sentiments par rapport à l’avenir de leur pays. La plupart des jeunes sont très cultivés sur l’histoire et la géopolitique internationale malgré le fait qu’ils aient des livres qui datent de l’époque soviétique et des professeurs qui soient quelque peu âgés. J’ai trouvé les jeunes très patriotes et fiers de leur pays voulant apporter leur contribution au développement du pays. Et pourtant, L’Arménie perd une grande partie de son intelligentsia. Dans la plupart des cas, c’est l’appât de l’argent et de formations plus intéressantes à l’étranger qui les poussent à s’en aller du pays ; et rares sont ceux qui reviennent. J’ai constaté ce phénomène lors de mon séjour en Arménie mais j’ai également constaté l’inverse. C'est-à-dire que j’ai pu voir énormément d’Arméniens de la diaspora revenir en Arménie soit pour s’installer soit pour lancer des initiatives et soutenir le développement dans quelque secteur que ce soit. Il y a un certain équilibrage dans les deux phénomènes. Il y a aussi le poids du conservatisme et de la culture qui pèse sur les jeunes. En effet on peut constater qu’il est plus difficile de trouver une femme ayant des responsabilités dans son travail qu’un homme. Et si c’est le cas, la femme n’est souvent pas mariée et sans enfants. L’image de la femme indépendante n’est pas encore socialement acceptée, la plupart pense encore que la fille ne peut quitter le domicile familial que pour aller se marier. Le sexe, aussi, est un tabou ; quant à l’homosexualité, elle est perçue comme une «anormalité» voire une maladie. Les mentalités ont plutôt tendance à évoluer vers une certaine ouverture d’esprit et tolérance, mais il est souvent difficile de remettre en question une personne qui était intimement confortée dans ses principes conservateurs.

L’Arménie un pays aux énormes opportunités

L’Arménie est un pays qui a énormément d’opportunités et ne demande qu’à être développé par des initiatives diverses ainsi qu’éradiquer les vestiges d’une époque révolue. Certes, la vie est dure mais les progrès sont visibles à l’œil nu. Lors de mon dernier passage il y a dix mois, la ville était dans un état de délabrement total, le coût de la vie était avantageux et une seule marque de voiture détenait le monopole de la circulation. Quand j’y suis retournée, la capitale était resplendissante et le tourisme avait fortement augmenté. Les rues étaient propres et et en très bon état ainsi que certains bâtiments nationaux (Musées, Hôtels, Opéra). Le coût de la vie avait augmenté et les marques de voitures se concurrençaient. Les volontés et les moyens se mobilisent, peut-être beaucoup plus de l’extérieure (aide internationale et diaspora) qu’intérieure mais les efforts sont là et j’ai l’intime conviction que l’orientation ne sera que positive.