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" Je parle des homosexuels, des lesbiennes, des bisexuels et des transsexuels - des êtres humains nés libres et qui se sont vu donner, conférer l'égalité et la dignité, et qui ont le droit de les revendiquer. C'est bien l'un des derniers défis de notre époque en matière de droits de l'homme", a déclaré, Hilary Clinton, récemment , au Palais des Nations Unies.

GENEVE - A la veille de la célébration de la Journée internationale de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, Hilary Clinton, en déplacement dans le vieux continent européen, est passée à Genève, centre mondial de la diplomatie humanitaire, pour délivrer un message à la planète en faveur de la défense des droits humains des gays. La Secrétaire d’Etat a adopté la posture magistrale et grave des juges et s’est parée de l’éloquence des avocats pour présenter sa plaidoirie en faveur des droits des homosexuels. Une conviction, des questions, l’annonce d’actions concrètes avant de laisser au public un seul choix : celui d’être du ‘bon côté’ : la défense des droits des gays.


Indivisibilité des droits humains

‘Les droits de l'homme sont bafoués quand des gens sont battus ou tués en raison de leur orientation sexuelle, ou parce qu'ils ne se conforment pas aux normes culturelles imposant ce à quoi les hommes et les femmes doivent ressembler ou comment ils doivent se comporter.

Les droits de l'homme sont bafoués quand des gouvernements déclarent l'homosexualité illégale ou laissent impunis ceux qui font du mal aux homosexuels’, a annoncé Mme Clinton. Et de renchérir : ‘Les droits de l'homme sont bafoués quand des lesbiennes ou des transsexuelles sont soumises à des viols dits de correction ou qu'elles se font infliger des traitements hormonaux, quand des homosexuels se font assassiner après des appels publics à la violence contre eux ou quand ils sont contraints de fuir leur pays et de demander l'asile ailleurs pour avoir la vie sauve.’ A ses yeux, ‘le progrès découle de notre volonté de nous mettre à la place de quelqu'un d'autre.

Nous devons nous demander : Que ressentirais-je si c'était un délit d'aimer la personne que j'aime ? Que ressentirais-je si je faisais l'objet de discrimination pour un aspect de ma personne que je ne peux pas changer ? Le défi de répondre à ces questions s'impose à nous tous alors que nous nous penchons sur nos croyances les plus profondes, alors que nous cherchons à faire preuve de tolérance et de respect pour la dignité de toutes les personnes et que nous tendons la main avec humilité à ceux avec lesquels nous sommes en désaccord dans l'espoir d'arriver à une meilleure entente. Et la dernière question est de savoir comment nous pouvons faire, pour notre part, pour encourager le monde à respecter les droits de l'homme de toutes les personnes, y compris les Lgbt.’

Un fonds de 1, 470 milliard Cfa pour l’égalité

La ministre américaine, au-delà de l’appel moral, a informé l’audience de l’action de son gouvernement en faveur de l’égalité : ‘Je suis également heureuse, dit-elle, d'annoncer que nous lançons un nouveau fonds mondial pour l'égalité, qui appuiera l'œuvre des organisations de la société civile qui travaillent sur ces questions à travers le monde.’ Ce fonds les aidera à recueillir des informations qui leur permettront de mieux cibler leurs activités de sensibilisation, à apprendre à se servir des lois existantes, à gérer leur budget, à former leur personnel et à créer des partenariats avec des associations féminines et d'autres groupes de défense des droits de la personne, a précisé Mme Clinton. Cette dernière a annoncé : ‘Nous avons versé plus de 3 millions de dollars (environ 1, 470 milliard Cfa) dans le démarrage de ce fonds.’ La secrétaire d’État américaine nourrit l’espoir de voir les autres pays soutenir l’effort de son pays en se joignant au fonds.

Opportunisme politique ou réelle introspection ?

Le discours de Mme Clinton à l’Onu qui sonne comme une lettre d’amour aux homosexuels et lesbiennes du monde peut paraître pour certains une invite subtile basée sur les sentiments pour pousser les communautés gays biens organisées à voter pour Barack Obama à la prochaine présidentielle. Elle a d’ailleurs annoncé qu’’à Washington, le président Obama a mis en place la première stratégie conçue par un gouvernement des Etats-Unis pour lutter contre les atteintes aux droits des personnes Lgbt à l'étranger’. Opportunisme, dites-vous ? Ce n’est pourtant pas ce que laisse apparaître la Secrétaire d’Etat qui a nourri une réflexion sur la question de l’homosexualité. ‘Beaucoup de gens, et j'en suis, ont approfondi leurs propres convictions sur ce sujet, au cours des années où nous y avons réfléchi davantage, engagé des dialogues et des débats, et établi des relations personnelles et professionnelles avec des personnes qui sont homosexuelles.’ Elle explique que cette évolution est manifeste dans de nombreux endroits. Et de citer en exemple, ‘la Haute Cour de Delhi (qui) a dépénalisé l'homosexualité en Inde il y a deux ans, déclarant, et je cite : «S'il existe un principe dont on peut dire qu'il apparaît en filigrane dans la Constitution indienne, c'est celui de l'inclusion’

Hilary Rodham Clinton assénera, dans une émotion non voilée, à ses auditrices et auditeurs réunis à la grande salle des Assemblées des Nations Unies : ‘Aux hommes et aux femmes Lgbt de par le monde, je voudrais dire ceci : partout où vous vivez et quelles que soient les circonstances de votre vie, que vous soyez connectés à un réseau ou à un groupe de soutien ou que vous vous sentiez isolés et vulnérables, sachez que vous n'êtes pas seuls. Dans le monde entier, il y a des gens résolus à vous soutenir et à mettre un terme aux injustices et aux dangers que vous rencontrez.’

Être du bon côté de l’Histoire

Et ces gens-là, elle les assimile à des justes. Hilary Clinton est assurée d’avoir tenu à Genève le discours qu’il fallait. Pour elle celles et ceux qui défendent les homos ont pris la bonne décision. Ils sont, assure-t-elle, du ‘bon côté de l’Histoire’. Elle s’explique, en puisant dans l’histoire de son pays : ‘Il y a une expression qu'on emploie aux États-Unis pour exhorter les autres à soutenir les droits de l'homme : soyez du bon côté de l'histoire. L'histoire des États-Unis est celle d'une nation qui a maintes fois dû faire face à l'intolérance et à l'inégalité. Nous avons eu une guerre civile brutale au sujet de l'esclavage. D'un bout du pays à l'autre, des citoyens ont organisé des campagnes visant à faire reconnaître les droits des femmes, des peuples autochtones, des minorités raciales, des enfants, des handicapés, des immigrés, des travailleurs, et de bien d'autres encore. Et la marche vers l'égalité et la justice s'est poursuivie. Ceux qui préconisent d'élargir le cercle des droits de l'homme ont toujours été du bon côté de l'histoire, et l'histoire leur rend hommage. Ceux qui ont essayé de restreindre les droits de l'homme ont eu tort, et l'histoire reflète cela également.’

Le modèle sud-africain

Rappelons, à la suite de Hilary Clinton, que c’est l’Afrique du Sud qui a mené la bataille finale pour l’adoption à Genève d’un consensus sur les droits humains des gays. ‘Ici, à Genève, a-t-elle insisté, la communauté internationale a agi cette année pour renforcer le consensus sur les droits de l'homme des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres.’ Au Conseil des droits de l'homme, en mars dernier, 85 pays de toutes les régions du monde ont appuyé une déclaration appelant à mettre fin à la criminalisation (des Lgbt) et à la violence contre les personnes en raison de leur orientation et leur identité sexuelles. ‘Aux sessions suivantes du conseil en juin, l'Afrique du Sud a parrainé un projet de résolution sur la violence à l'égard des Lgbt.Sa délégation s'est exprimée éloquemment sur l'expérience de la lutte pour l'égalité et l'indivisibilité humaines en Afrique du Sud. Lorsque la mesure fut adoptée, elle devint la toute première résolution des Nations unies à reconnaître les droits de l'homme des gays dans le monde entier’, a-t-elle martelé.
 
El Hadji Gorgui Wade NDOYE