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Il existe une autre voie.

Publié le, 16 août 2011 par Révérend Wayne Lavender,

Virginia Beach (Virginie) - L'histoire des hommes s'écrit dans le sang et dans les larmes. Et les attentats du 11 septembre 2001 ne furent qu'un acte de plus d'une pièce interminable: ils nous tuent, nous les tuons. Et encore un bis. C'est le drame éternellement contemporain qui se joue entre les hommes depuis Caïn et Abel.

Une définition de la folie, dit-on, est de répéter encore et encore la même activité tout en espérant à chaque fois arriver à un résultat différent. Mais une chose est sûre: la mort et les destructions causées par la guerre engendrent un cercle vicieux qui conduit à des niveaux de violence de plus en plus insoutenables.

Or une autre voie existe: celle de la paix dans la justice — avec, au lieu de compétition et de conflit, la coopération et la collaboration. Une voie moins souvent empruntée. Mais c'est celle qu'il nous faut choisir à présent, car continuer à faire ce qui a été fait par le passé - avec, en plus, les progrès technologiques dans la capacité de l'humanité à tuer - nous conduira à coup sûr vers un avenir sombre et destructeur.

Quel est le contraire d'un terroriste?

Non, ce n'est pas une blague. C'est réellement la question que j'ai posée à mes fidèles dans la semaine qui a suivi les attentats de septembre 2001. Je suis parvenu à la conclusion que le contraire du terroriste doit être un bâtisseur. Après tout, le terroriste détruit, démolit et dévaste. Le bâtisseur, lui, innove, crée et construit.

Le terroriste crée la peur — le bâtisseur crée l'espoir.


La meilleure façon d'affronter le terroriste est de construire un monde de paix dans la justice. La peur commence là où s'arrête la faim. La paix commence lorsque les gens ont un travail rémunéré et peuvent accéder à un logement, à une éducation et à des soins de santé décents. La paix perdure là où règne la justice, prévenant ainsi la colère et le désespoir qui conduisent trop fréquemment à la violence.



Si je songe à ce que serait un monde de justice, je pense à la prochaine génération. Tous les ans, quelque dix millions d'enfants meurent des effets de l'extrême pauvreté, soit en moyenne 26.000 par jour. Au cours des dix années écoulées depuis les attentats de New York, cent millions d'enfants, environ, sont morts de pauvreté extrême. Voilà le vrai terrorisme, aussi silencieux que scandaleux, de notre époque. Distraits par d'autres soucis, les gens de foi sont restés sourds aux cris de ces enfants.


Un rapport des Nations Unies indiquait récemment qu'il y a sur la planète environ 200 millions d'orphelins, concentrés surtout dans les pays pauvres du sud. Seuls au monde, ces enfants n'ont personne pour les aimer, les soigner, les élever. Ces orphelins représentent une proportion indue du nombre total de la mortalité infantile.


Comment s'attaquer à ce drame? Certaines réponses nous sont données par nos traditions confessionnelles. Les religions abrahamiques partagent une foi monothéiste. Nos textes sacrés sont riches en références aux soins qui sont dus à l'orphelin. Ainsi, dans la Bible des Hébreux (l'Ancien Testament des chrétiens), nous lisons "Tu ne feras pas fléchir le jugement de l'étranger ni de l'orphelin" (Deutéronome 24.17) et dans le Coran "Ils nourrissent l'indigent, l'orphelin et le captif, malgré leur propre dénuement" (76.8).


Hélas, nous partageons la même propension à ignorer ces commandements.

Dans mon travail, j'ai appris ceci: le dialogue interconfessionnel est certes important, mais la parole n'est qu'un point de départ. Le travail interconfessionnel est plus utile: il permet de construire des relations, de créer des réseaux, d'alimenter la confiance, de détruire les stéréotypes et d'aménager un espace de compréhension et de paix. Au cours des quelques mois depuis que j'ai créé la Foundation 4 Orphans (F4O), organisation non gouvernementale internationale et interconfessionnelle qui se consacre aux besoins physiques, spirituels et psychologiques de l'orphelin, j'ai été béni dans mon œuvre par des juifs, des musulmans et des chrétiens.

Le premier don pour F4O m'est venu d'un ami musulman. J'ai fait ma première conférence dans une synagogue. Des juifs, des chrétiens et des musulmans siègent à mon conseil d'administration. Nous nous sommes rapprochés comme des frères et des sœurs dans un triple but: construire un monde de paix et de justice, nous acquitter de nos obligations incontournables et transformer le paradigme constant de l'histoire humaine.

Nous pouvons continuer de fonctionner comme tant de juifs, chrétiens et musulmans fonctionnent depuis de milliers d'années: si tu me frappes, je te frappe. C'est le cycle éternel de la violence. Telle fut la réaction des Etats-Unis aux attentats de 2001. Mais que dire du résultat?

Il y a une autre voie. Nous avons la possibilité et le choix de tracer une voie nouvelle, la voie qui conduit à la paix et à la justice, la voie où notre devoir d'amour pour notre prochain et de secours aux nécessiteux est pris aux sérieux. Cette voie est meilleure. Le choix nous appartient. Faisons en sorte que ce soit le bon.



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* Le révérend Wayne Lavender, Ph.D., est pasteur de l'Eglise Méthodiste Unifiée et directeur de Foundation 4 Orphans. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews) dans une série commémorant le 10e anniversaire du 11 septembre 2001.
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 12 août 2011, www.commongroundnews.org