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Le Ministre sénégalais du travail et des organisations professionnelles se félicite de l’adoption par le Bureau International du Travail de la Convention internationale protégeant les travailleurs domestiques. Dans cet entretien exclusif, il explique comment son gouvernement compte mettre en œuvre le nouvel instrument juridique international. 

Vous êtes à Genève pour la 100ème session de la Cit, pouvez vSada Ndiaye s'exprime aussi sur la protection des travailleurs migrants sénégalais.
ous nous situer son importance ?

 La Conférence est importante parce qu’elle nous a permis de prendre contact avec le Directeur Général du BIT, M. Juan Somavia, de rencontrer le Ministre Camerounais du travail, M. Robert Nkili, Président de la 100ème session de la CIT, le plus ancien au poste. Ce qui est une reconnaissance internationale et une fierté pour tous les Africains surtout pour les ministres du travail. Nous avons aussi rencontré notre compatriote Assane Diop qui est directeur exécutif au BIT et qui nous a prodigué de bons conseils. Nous avons assisté au Conseil d’administration du CRAD (Conseil africain d’administration du travail) de même qu’à celui de la CIPRES. Ce sont de grands rendez-vous. De même nous nous sommes entretenus ici à Genève avec l’ensemble des centrales syndicales présentes patronat comme travailleurs. Nous avons bien échangé. Nous avons en face de nous de grands chantiers qui sont ouverts. Nous avons été présents à la commémoration de la Journée dédiée aux travailleurs de Palestine. Comme vous le savez depuis très longtemps, le Sénégal a été un des premiers Etats du monde à épouser la cause de la Palestine. Pendant longtemps le Comité chargé de veiller aux droits inaliénables du peuple palestinien est dirigé par le Sénégal. Là encore, le Sénégal fait figure de pionnier. C’est aussi cet acte que le Président de la République Abdoulaye Wade est entrain de poser en se rendant à Benghazi. Il est le premier Chef d’Etat du monde à fouler le sol libre de Benghazi en Libye. C’est cela aussi le Sénégal, c'est-à-dire le fait d’être pionnier, de savoir le sens du vent et d’y aller et emmener les autres dans son sillage. 

Une mention spéciale est à décerner à l’Ambassadeur Fodé Seck qui a fait un travail remarquable. Je loue son engagement, sa loyauté, ses compétences et son professionnalisme. En parlant de l’Ambassadeur Seck, je pense également à toutes celles et ceux qui sont derrière lui au niveau de la représentation diplomatique et qui l’épaulent quotidiennement dans l’accomplissement de sa mission pour le Sénégal.

 Quels sont les grands dossiers qui intéressent le Sénégal dans cette Conférence ?

 Je vous remercie pour l’opportunité que vous nous donnez de parler de cette centième Conférence historique. Historique parce que c’est la centième et elle est présidée par un ministre africain, de même les thèmes évoqués concernent tous les pays, notamment ceux de l’Afrique. Un atelier est consacré aux normes du travail, un autre aux travailleurs domestiques etc… C’est donc important car nous sommes à la veille de la naissance d’une grande Convention qui constitue une initiative majeure concernant la gestion des travailleurs domestiques. Ces derniers constituent une couche très vulnérable.

Il y a aussi un autre domaine très important, c’est le socle sur la protection sociale. En effet, il y a des thèmes récurrents, comme le travail des enfants mais cette année le thème du socle de la protection sociale constitue un élément central et du reste incontournable. Quand on dit socle, on pense à ce qui se passait auparavant pendant les années d’ajustement structurel, période pendant laquelle, on parlait de filet social.

 Entre le filet social et l’adoption prochaine d’un socle de protection sociale, qu’est ce qui va changer fondamentalement ?

 Un filet est fragile et par nature précaire. On peut revenir là-dessus, il y a des mailles alors qu’un socle est un tout. C’est une entièreté, une totalité avec toute sa résistance. Et cela est très important. Aujourd’hui qu’on laisse de côté le filet et qu’on parle de socle, cela veut dire que, de grands pas ont été accomplis. Et cela ne peut être qu’un élément central par rapport à la mission que j’ai à accomplir à la tête du ministère du travail et des organisations professionnelles.

 Comment allez-vous appliquer la Convention sur le travail domestique à votre retour au Sénégal ?

 L’intérêt et la particularité de cette Conférence, c’est qu’elle constitue un espace de dialogue tripartite où vous avez les gouvernements, les travailleurs et le patronat. Ces trois parties sont indissociables et ont chacune une responsabilité et une imputabilité dans la gestion des domaines qui ont été discutés. Maintenant quand on parle de travailleur domestique, on pense aux travailleurs de maison, notamment aux femmes, et dans ce domaine le Sénégal est en avant-garde. Le Sénégal disposait déjà d’une réglementation en la matière. Ma première sortie publique en tant que Ministre du travail a été d’inaugurer avec la CNTS le premier centre d’écoutes dédié aux travailleurs domestiques. Ce centre accueille des domestiques fraîchement arrivés à Dakar. Ce sont des travailleurs candides, innocents, désarmés. Le Centre d’écoutes les prépare donc à l’exercice de cette profession. Le Centre les accueille et les forme sur le plan professionnel en leur donnant des outils nécessaires pour assumer et assurer loyalement correctement et efficacement le travail de maison. On leur apprend les règles élémentaires de tenue d’une comptabilité. Ces travailleurs accueillis dans ce Centre sont logés nourris et blanchis.

 Mais du côté des travailleurs quels sont les devoirs vis-à-vis de ces travailleurs de maison ? 

 Il y a un volet sensibilisation qu’il faudra mener envers les employeurs. Il faut aussi noter que la montée en puissance de ce secteur est liée au fait que nos filles vont de plus en plus à l’école et y restent. La scolarisation et l’éducation de nos filles, de nos nièces et de nos femmes font qu’elles sont aujourd’hui des cadres. On les retrouve dans l’administration, dans le public comme dans le privé. Ce qui crée parallèlement un désengagement au niveau de la maison par rapport aux travaux domestiques. Ce manque doit être complété par l’apport du travailleur domestique. L’autre insuffisance c’est que les employeurs de domestiques n’ont pas non plus un syndicat. Il n’y a donc pas de syndicat d’employeurs des travailleurs de domestiques comme il en existe au niveau de la presse, de l’alimentation etc… C’est un secteur particulier qui a ses règles et ses particularités. Ce qu’on peut faire c’est donc de sensibiliser…

 Monsieur le Ministre, les responsabilités des domestiques de maison augmentant, il s’agit de savoir comment vous allez concrètement défendre leurs droits humains ?

 La grande innovation de la Convention c’est qu’elle reconnaît et normalise le travail domestique. Avec l’adoption de la Convention, un salaire sera fixé. Ce sera donc une norme internationale. On fera de sorte que la réglementation soit respectée par les Etats parties à la Convention. Plus précisément, l’embauche, le salaire, le congé, la sécurité sociale, la couverture médicale, tout ce qui protège le travailleur domestique. Ce sera donc un paquet global qui fait l’objet d’une étude au niveau de la Conférence internationale du travail. Cette Convention doit être acceptée par tous les Etats et internalisée. Ce sera une sorte de Code du travail comme celui qui régit le statut de la fonction publique. Le travailleur domestique aura comme charte de travail, comme réglementation fondamentale cette Convention. Ce qui devrait mettre fin aux salaires arrangés. Il y aura un Smig maintenant le travail au noir c’est du travail au noir car aujourd’hui malgré le Code du travail, beaucoup s’adonnent à ce type de travail qui du reste très fréquent dan les pays développés. J’en sais quelque chose pour avoir été Ministre des Sénégalais de l’extérieur. Des émigrés travaillent et ne sont pas payés dans les normes. Ils ne bénéficient d’aucune protection, ni de congé.

L’adoption d’une Convention internationale sur le travail domestique constitue un grand pas dans le cadre de la protection sociale des travailleurs domestiques.

 Concernant la protection des travailleurs migrants, est-il envisageable que le Sénégal facilite la portabilité de leur sécurité sociale en cas de retour au pays?  

 La portabilité n’est pas automatique. Chaque pays est souverain et ce sont des accords qui lient les parties contractantes. Dans le domaine des migrations, on dit à l’émigré de respecter la réglementation du pays d’accueil mais cela ne veut pas dire que els avantages dont l’émigré y bénéficie qu’il va les porter dans son pays d’origine. Il faut donc qu’il y ait l’existence de conventions entre les pays. Le Sénégal s’y attelle, déjà, dans le cadre de la Conférence interafricaine de prévoyance sociale (CIPRES). En effet, les 14 pays membres de cette organisation règlent cette question. Ce qui constitue un pas important. La CIPRES devance sur ce volet l’UEMOA. Nous avons les mêmes accords avec l’Italie, un travail est fait en direction de l’Espagne, demain ce peut-être envers les USA ou la Chine. Il y aussi un facteur important, c'est-à-dire le dynamisme des migrants qui doivent constituer un lobby dans ce domaine là. En France, c’est la communauté sénégalaise qui s’est battue. En Italie, c’est pareil, des Sénégalais bien introduits dans les structures étatiques ont fait le travail. Ils ont mis la pression en aidant à créer un lien entre le Sénégal et leur pays d’accueil. L’automaticité n’existe pas car on est en droit international.

M. Le Ministre, c’est le Président Wade qui nous disait ici même à Genève : « Ma Mission est de protéger les Sénégalais partout où ils se trouvent ». Sur cette base, et en tant qu’ancien Ministre des Sénégalais de l’Extérieur, l’Etat doit-il attendre d’être sollicité pour agir ?

 La Mission du Ministre des Sénégalais de l’Extérieur se résume dans ce triptyque, gestion, protection des Sénégalais et promotion du Sénégal. Le Sénégalais qui est à l’extérieur qu’il ait des papiers ou pas, qu’ils soient chômeurs ou pas, il bénéficie de la protection de son pays par l’entremise de l’Ambassadeur ou du Consul Honoraire. Tous les Sénégalais qui sont à l’extérieur ont la même dignité aux yeux des autorités sénégalaises. C’est une mission régalienne. Nous sommes tenus de lui apporter aide et protection. C’est d’ailleurs une rupture par rapport à ce qui existait auparavant. L’Ambassade doit lui donner une carte consulaire. On n’a même pas à lui demander comment il est arrivé dans le pays d’accueil. Il est Sénégalais, c’est cela qui compte avant tout. On doit lui donner impérativement une carte consulaire. Et cette disposition nous la devons au Président Abdoulaye Wade.

 Pouvez-nous nous réaffirmer que le Sénégal appliquera des dispositions idoines pour mettre fin à l’exploitation des enfants en conformité avec ses obligations internationales dans ce domaine ?

 Au Sénégal, l’enfant est protégé par la Constitution. En ce qui nous concerne nous ferons tout pour que force reste à la Loi. Les contrôleurs du travail font tout pour que les droits des uns et des autres soient protégés surtout ceux des enfants, des femmes, des paysans, des pasteurs, toutes ces couches sociales vulnérables qui constituent les maillons faibles de la chaîne. Le Sénégal a déjà ratifié toutes les Conventions internationales relatives aux droits des enfants. Dès qu’on ratifie une Convention, elle est internalisée et devient applicable comme une loi sénégalaise. Et celui qui viole la loi doit s’attendre de subir les conséquences relatives à cette violation.

 Pensez-vous que les élections de représentativité au niveau des syndicats initiées par l’ancienne ministre du travail, Mme Innocence Ntap Ndiaye, facilitent plus le dialogue social ?

 Oui car le jeu est clair. Je suis arrivé aux lendemains des élections de représentativité. Il faut noter que depuis que le Sénégal est indépendant il n’y a jamais eu ce type d’élections. Il y avait des enquêtes et une enquête est une enquête avec ses grandeurs et ses faiblesses, ses hauts et ses bas de même que ses sensibilités. Aujourd’hui, il y a eu des élections à l’échelle nationale. Au final, on a enregistré qu’un seul recours sur dix huit centrales en compétition. Désormais il y a un classement qui va du premier au dix huitième. Ce qui est très important.

Je suis heureux d’avoir eu la confiance du chef de l’Etat au moment où il y a cet éclairci. Il y a un ordonnancement, une netteté et nous avons de partenaires et nous savons avec qui nous parlons tout en sachant que tous les syndicats ont la même dignité à nos yeux.

On sait donc qui est qui et pour dialoguer il faut être deux et il faut se connaître. Chacun revendique un poids. Notons que nous avions au Sénégal une structure nationale qui s’occupait du dialogue sous la direction de M. Youssoupha Wade. Pendant cette période de transit des enquêtes étaient pratiquaient et servaient de boussole afin d’orienter et de calmer le jeu. 

Propos recueillis, à Genève, par El Hadji Gorgui Wade Ndoye