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GENEVE- Le nouveau rapport mondial d’ONUSIDA révèle que le monde a réussi à enrayer l’épidémie de Sida et qu’il commence à inverser la propagation du VIH.

Le Directeur Exécutif d’ONUSIDA, d’origine malienne, nous a accordé une interview à Genève. Il nous confie les espoirs que lui inspire le rapport au sujet de l’Afrique et le rôle que les pays émergents auront à jouer à l’avenir pour éradiquer totalement le VIH/Sida du globe.

 

Monsieur Sidibé, ONUSIDA estimait le nombre de personnes vivant avec le VIH à 33,3 million de personnes à la fin de 2009 contre 26,2 en 1999, soit une augmentation de 27% en 10 ans. Etes-vous satisfait de ces résultats ?

 

Je pense que le rapport montre de façon très claire que d’énormes progrès ont été effectués. C’est la première fois que nous réussissons à brisé la trajectoire de l’épidémie de sida et que nous avons réduit le nombre de nouvelles infections (-25%). Nous avons pratiquement évité 500.000 nouvelles infections durant les 10 dernières années. Cette stabilisation et réduction du nombre de nouvelles infections s’est déroulée dans 56 pays. Cela montre clairement que la prévention fonctionne, que les changements de comportement deviennent une réalité. La deuxième constatation est la diminution considérable de décès (1,8 millions), soit environ une baisse d’un cinquième comparé à 2004. De ce fait, les personnes vivant avec le Sida sont plus nombreuses en 2009 (33,3 millions) car on prolonge la vie des malades.

 

Malgré tout l’Afrique reste le continent le plus touché par le Sida ?

 En terme de population, l’Afrique est la plus affectée par le Sida (22,5 millions soit 68% de la charge mondiale du VIH), mais pas en terme de nouvelles infections. Aujourd’hui ce qui nous surprend le plus c’est que la stabilisation et la réduction rapide des infections se constate en Afrique. Sur les 56 pays mentionnés, les 34 pays africains stabilisent ou réduisent leurs infections (-25%). Mais là où l’infection est anormale c’est en Europe de l’Est et en Asie Centrale. Nous assistons à une augmentation alarmante de nouvelles infections de plus de 25%.

 2015 est  l’année où vous espérez ne plus assister dans le monde, à la naissance d’enfants infectés par le Sida. Est-ce un objectif réalisable ?

 Une génération sans Sida, c’est le début de la fin de l’épidémie. Ce qui m’encourage ce sont les progrès spectaculaires auxquels on assiste en Afrique du Sud. Ce pays, qui est le plus infecté par l’épidémie (5,6 millions de personnes séropositives),  a incroyablement progressé car actuellement la couverture du traitement antirétroviral visant à prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant a dépassé les 80%.  Au Botswana, la couverture dépasse les 90%. La même chose va se produire au Swaziland, en Namibie. La République Démocratique du Congo (RDC) a décidé d’inscrire ce problème comme prioritaire sur son agenda. Je souhaite que cela arrive également au Nigéria. Si on arrive à mobiliser ces trois grands pays (Afrique du Sud, RDC et Nigéria), on arrivera à réduire de 60% à 70% le nombre d’enfants qui naissent avec la Sida sur le continent africain. En 2015, je souhaite que l’Afrique puisse dire au monde : nous n’avons plus d’enfants nés avec la Sida !

 Pour réussir à atteindre l’objectif : « zéro nouvelle infection » allez-vous vous appuyer sur les pays émergents ?

 Je crois que la prochaine crise à laquelle nous devrons faire face est celle de l’accès aux médicaments. Cela me fait peur car 96% de nos malades en Afrique sont sous traitement grâce aux ressources provenant du Fonds mondial ou grâce à des financements américains. Il faut donc nécessairement s’engager dans une nouvelle voie. C’est là que les pays comme la Chine, le Brésil, l’Inde vont jouer un rôle important. L’Inde produit déjà des médicaments génériques pour 86% des malades africains sous traitements.

 Vous avez réussi à mobiliser 15,4 milliards de dollars pour lutter contre le Sida en 2009. En 2010 il vous manque 10 milliards pour compléter votre budget estimé à 26milliards de dollars. Est-ce l’effet de la crise financière?

 Utiliser la crise financière pour ne plus se battre à nos côtés est inadmissible ! C’est tout simplement briser l’espoir des 5 millions de personnes sous traitement et des 10 millions de personnes en attente de traitement. Aujourd’hui nous avons besoin de partager la responsabilité de la charge financière de l’épidémie car si demain quoi que ce soit arrive, les populations n’auront plus accès à aucun traitement. Nous devons faire en sorte que les ajustements se fassent à plusieurs niveaux. D’abord, dans les pays développés qui doivent continuer à mettre au centre de leurs priorités le soutien à la lutte. Il est aussi important d’associer les pays émergents tels la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud. Les pays africains devraient revoir leurs budgets nationaux pour voir dans quelle mesure une portion plus importante pourrait être affectée à la lutte nationale contre l’épidémie. L’Afrique du Sud s’est déjà engagée dans cette voie. Elle a augmenté son budget et maintenant elle parle de mettre 1 million de dollars à la disposition de la lutte contre le HIV/SIDA pour ses populations. Des personnes fortunées issues de pays émergents souhaitent agir. Maintenant la manière dont nous allons organiser et mobiliser les gens est la clé de l’avenir du VIH/ SIDA dans le monde.  

 Croyez-vous sincèrement pouvoir atteindre les objectifs : « zéro nouvelle infection », « zéro discrimination », « zéro décès liés au sida »?

 Je suis confiant car le « zéro » représente avant tout  la justice sociale, la distribution des opportunités et rien ne peut être plus fort à mes yeux que la recherche de l’équité. Je souhaite que le monde agisse avec humanité parce que les personnes sous traitement ou en attente de traitement, dans la plupart des cas, sont les plus pauvres d’entre les pauvres.

 

 Catherine FIANKAN-BOKONGA,

Journaliste, Accréditée au Palais des Nations Unies