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Rencontrée à Genève où elle présentait son dernier ouvrage « Afriques, années zéro»* co-écrit avec Jean Christophe Servant, Anne Cecile Robert journaliste française et auteure du fameux livre « L’Afrique au secours de l’Occident » a bien voulu partager avec nous son regard sur le Continent africain en pleine mutation….

Quelle est l’idée qui sous tend « Afriques, années zéro"» ?

« L’idée du livre est d’essayer d’identifier et de montrer les forces qui changent, les mouvements nouveaux qui émergent en Afrique sub-saharienne. En effet nous assistons à la fin d’une période historique et l’avènement d’une nouvelle période dans un nouveau contexte géopolitique, et la présence de nouvelles forces sociales. L’émergence de ces nouveaux acteurs politiques, étatiques et de la société civile dessine une nouvelle configuration pour le continent qu’il faut observer et analyser parce que cela peut produire des changements très importants. »

De la nécessité  de passer du bruit à la parole en Afrique?

  « Quand on regarde l’actualité africaine ou quand on se rend sur le Continent, on sent l’existence de beaucoup d’énergie malgré tous les problèmes qu’il y a: la pauvreté, la maladie etc. En réalité, les sociétés africaines sont extrêmement vivantes parce qu’elles sont jeunes. Le problème c’est que cette énergie qui se libère n’engendre pas pour l’instant de la transformation car elle manque de cohérence et une vision claire des choses. Cette énergie n’est pas constructive. Et l’idée de passer du bruit à la parole, c’est de se demander si malgré toute cette confusion, il n'y a pas un discours qui pourrait émerger et qui pourrait permettre aux sociétés africaines de coordonner leur force et leur énergie vers des objectifs bien définis.»

Ce n’est pas la parole qui manque, mais le discours africain est brouillé par l’Occident qui module et modère à sa guise la mondialisation?

 

« Il est clair que l’Afrique est indispensable à la mondialisation. C’est vrai aussi qu’économiquement, les annonces ne sont pas bonnes mais la mondialisation ne pourrait pas fonctionner sans les ressources africaines, sans les minerais, sans la main d’œuvre etc. Oui, l’Afrique est dans le jeu mondialisé mais le problème c’est qu’elle n’a pas de parole pour elle–même. C’est en gros des acteurs extérieurs qui vont utiliser le patrimoine africain et ses potentialités mais ce ne sont pas les populations africaines elles-mêmes qui vont utiliser ces ressources pour les mettre au service de leur propre développement. »

l’entrée de la Chine en Afrique peut-elle être salutaire ?

« L’arrivée des pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil est de nature à faire participer de nouveaux acteurs dans le jeu mondialisé et cela sort les pays africains de leur ancien tête à tête avec les anciennes puissances coloniales. Ce qui est assez intéressant car il y a du coup une espèce de concurrence qui se fait entre les acteurs qui veulent travailler  Afrique. Pour les pays du Continent cela peut être une occasion de faire valoir leur propre point de vue en mettant en concurrence toutes ces puissances. C’est un phénomène important qui ouvre le jeu cependant ce qu’on constate c’est que les Chinois se comportent comme des capitalistes classiques. Et malheureusement pour les peuples africains, les choses évoluent peu. Pour preuve, les conditions de travail les conditions de travail sont aussi difficiles que dans une entreprise occidentale.  Les entreprises chinoises rapatrient leur profit en Chine. Donc les richesses générées ne sont pas redistribuées en Afrique. C’est dire que la même mécanique d’exploitation se perpétue avec d’autres visages. Il faudra malgré tout, observer cette nouvelle configuration parce que le seul fait que les acteurs changent contribue à faire bouger le jeu ».

la France sera jalouse de perdre son influence en Afrique. Bolloré se serait même plaint au niveau du Président Sarkozy, ?

« Les commentaires qui nous proviennent en France des milieux économique ou politiques, c’est que les gens sont inquiets. Ces hommes d’Affaires ont l’impression que l’Afrique leur échappe. Ce n’est plus comme avant ! Il y a bien sûr  une part d’exagération de certains chefs d’entreprises parce qu’elles veulent obtenir plus de soutien des pouvoirs publics. On sait très bien que les entreprises françaises en Afrique continuent d’avoir des situations très importantes au Sénégal, au Togo, au Gabon et ailleurs. Elles sont cependant obligées aujourd’hui d’assumer une certaine concurrence et de se défendre. En effet, elles font face à de grandes puissances comme la Chine ou même les Etats –Unis qui veulent aussi leur place. Les entreprises françaises sont plus sur la défensive contrairement à ce qu’elles étaient avant.»

Malgré les sombres images d’une certaine presse occidentale sur l’Afrique, faudrait il encore miser sur l’Afrique. ?

« On a l’impression que le monde évolue quand même très vite. En quelques années, beaucoup de choses ont changé de manière positive-la crise financière est un choc énorme- mais le fait par exemple que Georges Bush soit parti des Etats-Unis et que cette grande puissance a un Président intelligent,  cela permet d’espérer. Le fait par ailleurs que certains pays africains aient commencé à payer leur dette grâce au prix des matières premières, le fait qu’il y ait une société civile malgré qu’elle soit un peu conformiste, tout cela montre qu’il y a des jalons qui sont bien posés. Même si tout cela ne constitue pas nécessairement un changement immédiat ou une révolution, on peut dire qu’il y a effectivement des indices  qui montrent que les choses bougent. Pour les citoyens c’est plus ouvert que cela ne pouvait être même si évidemment, les difficultés continuent au quotidien. Les choses restent donc bloquées et très dures mais on sent des espaces et des petits interstices et il faut s’engouffrer dedans, creuser des trous pour faire bouger les choses». 

* Afriques, années zéro : Du bruit à la parole. Version : livre papier, Éditeur : L'Atalante, Format : 13 x 18 cm

El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur de publication ContinentPremier.Com