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Football/Organisation du Mondial 2010

Publié le, 26 août 2009 par

Coupe des Confédérations 2009, début d’un « Yes we can » pour les Africains ?

Du 14 au 28 juin dernier, les champions des différentes confédérations affiliées à la Fifa (Fédération internationale de football association) ont mesuré leur talent en terre sud-africaine à la faveur de la 8ème édition de la Coupe des Confédérations. Soit un an avant une première organisation du Mondial en Afrique. Le bilan sportif que peut tirer tout Afro-optimiste de cette compétition est tout simple : les ambassadeurs du continent noir à cette grand-messe de 2010 peuvent réécrire l’histoire footballistique de leur continent en s’armant d’une détermination sans faille, et surtout en croyant davantage en leurs talents. Une dynamique qui ne pourra réellement prendre forme en Afrique que si la Caf s’en mêle ; hic et nunc. 

  Beaucoup d’observateurs attentifs du football international ne vendaient pas cher la peau des équipes africaines engagées dans la 8ème Coupe des Confédérations : il s’agissait de l’Afrique du Sud et de l’Egypte. Cette lecture sportive était justifiée par des arguments selon lesquels, d’une part, le niveau du football sud-africain périclite depuis sa victoire à la Can 1996 qu’elle a abritée, et d’autre part les Egyptiens n’arrivent souvent à damer le pion qu’à des adversaires africains. Mauvaise appréciation. Non seulement, les Bafana Bafana ont prouvé qu’ils sont progressivement en train de sortir de leur léthargie, mais aussi les Pharaons d’Egypte ont démontré qu’ils possèdent des atouts sur tous les plans pour tenir la dragée haute à n’importe quel onze national du monde. Même si la sélection égyptienne n’est bâtie essentiellement qu’avec des « joueurs locaux ». C’est-à-dire évoluant dans le championnat de leur pays. Cette volonté de bien faire de ces deux équipes nationales africaines a ainsi porté des fruits qui ne sont pas négligeables. Au premier tour dans le groupe B, les Egyptiens ont déjoué tous les pronostics en s’imposant devant une solide équipe italienne (championne du monde en titre !!!) qui n’a jamais baissé la garde durant cette confrontation. Les Sud-Africains de leur côté, avec un savant mélange de joueurs expatriés évoluant dans des championnats européens de seconde zone et des joueurs vendant leurs mollets sur leur terre natale, ont poussé les quintuples champions du monde (le Brésil) dans leur dernier retranchement lors de la première demi-finale de la Coupe des Confédérations 2009.

  Et de remettre cela lors du match de classement de ce même tournoi devant leurs adversaires espagnols, épatants champions d’Europe en titre. Autant  de faits d’armes qui devraient inciter les différents responsables des fédérations africaines de cette discipline sportive à ouvrir à partir de cette année des « chantiers de professionnalisation » de leurs championnats. Pourquoi la Caf (Confédération africaine de football) ne décernerait-elle pas à ce titre des primes de mérite à ses fédérations affiliées qui se montreraient des bonnes élèves de cette politique de professionnalisation ?

  De même que le football est d’origine anglo-saxonne mais a pour célèbres champions les Brésiliens, l’heure semble avoir sonné pour que l’Afrique imprime sa propre marque indélébile à l’Histoire du football mondial, du moins dans une compétition comme la Coupe du monde. Un peu comme les Chinois ont cru en leurs potentialités en se mettant très tôt au travail pour préparer les Jeux olympiques de 2008. Pari qu’ils  ont relevé en décrochant au cours de cette manifestation sportive, considérée comme la plus médiatisée du monde, le plus grand nombre de médailles. 

La révolution de l’Afrique passe aussi par les distinctions de la Caf 

  Rarement une cérémonie de distinction des meilleurs acteurs d’une saison écoulée du football africain aura déchaîné autant de passions verbales et écrites que la 39ème édition des Caf Awards (Cérémonie officielle de récompense annuelle organisée par la Confédération africaine de football) qui ont eu lieu en terre nigériane, plus précisément le 10 février 2009 à Lagos. Y-avait-il matière à polémiquer à l’issue de cette cérémonie ? Il faut dire que la Caf elle-même, à travers la définition des contours de ces Awards, continue toujours de nourrir les racines d’un charivari qui est loin d’être futile.

  Rares sont les Togolais qui n’ont pas affiché de façon ostensible leur fierté, mieux leur chauvinisme lorsqu’ils ont appris que c’est un des leurs, fût-il d’origine nigériane, qui a été couronné dans la plus prestigieuse catégorie des Caf Awards 2008 du titre de « Meilleur joueur africain de l’année ». Le Togolais qui fut l’objet de cette fierté n’est autre que le capitaine des Eperviers, Emmanuel Shéyi Adebayor, pensionnaire d’Arsenal, club de la Premier League anglaise. Cette attitude des compatriotes du joueur d’Arsenal se situe dans l’ordre normal des choses quand on sait que c’est la première fois qu’un Togolais parvient à gravir la marche la plus élevée de ces distinctions de l’instance qui régit le football continental. Echaudés par l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis de la dévolution du pouvoir qui a eu lieu au sommet de leur Etat en 2005, nombre d’habitants de la « Terre de nos aïeux » (Togo) ont donc vite fait de crier à la magouille lorsqu’une certaine lenteur entourait la proclamation définitive des résultats du sacre d’Adebayor, tout en vouant aux gémonies tous ceux qui continuent de contester le titre du « Ballon d’or » décerné à leur protégé Shéyi. Mais, au-delà du débat pro ou contre l’attaquant togolais, il faut concevoir sous un autre jour les critères qui servent à la Caf à couronner annuellement les meilleurs mollets du continent noir. 

Etre seulement meilleur dans sa réelle catégorie 

  Adebayor a été sacré « Meilleur joueur africain de l’année 2008 » ; l’Egyptien Abou Trika s’est vu honorer avec le trophée du « Meilleur joueur africain de l’année 2008 évoluant sur le continent noir ». Voilà ainsi énumérés les deux sujets qui ont suscité et continuent de susciter des quiproquos au sein de la grande famille du football africain, depuis la grande nuit de distinctions du 10 février 2009.

  Pourtant, ces deux sujets cités précédemment ne devraient pas induire en aval ces quiproquos dans le giron des férus du ballon rond en Afrique si la Caf prend en amont la mesure de la redéfinition des critères sur la base desquels elle attribue ses deux principaux trophées (Titres du « Meilleur joueur africain de l’année et du Meilleur joueur africain évoluant sur le continent »). En d’autres termes, si l’on s’en tient aux prix décernés respectivement à Adebayor et Abou Trika et au regard de leurs prestations au cours des douze derniers mois, l’on s’aperçoit aisément qu’il manque le complément circonstanciel de lieu à adjoindre à la récompense d’Adebayor. Dans le cas d’espèce, il fallait plutôt le désigner comme le « Meilleur joueur africain ayant évolué en 2008 en Europe », tant durant la léthargie des « éternels » Eto’o, Drogba, Essien, Kanoute la saison 2007-2008, l’ex-gamin de Kodjoviakopé (quartier de la capitale togolaise, Lomé) a épaté le reste du monde. Au même moment, sa prestation sur le continent durant cette même période a été terne. Le Togo n’ayant pas réussi à se qualifier pour la Can 2008, alors même que durant les précédentes éliminatoires combinées Can/Mondial (en 2006), il avait réussi avec brio à décrocher une double et historique qualification. Et Trika dans ce lot de prestations ?

  Le milieu de terrain du club cairote Al Ahly a tout simplement révélé  au reste du monde et aux yeux des Africains qu’on peut jouer en Afrique et rivaliser avec les talentueux fils du continent noir évoluant en Occident. Après la Can 2006 qu’il a conquise avec son équipe nationale sur leurs propres installations, le stratège d’Al Ahly va aider les mêmes Pharaons à conserver la Can en 2008, grâce à son but victorieux en finale. Outre ces faits d’armes, Trika a également été l’un des meilleurs joueurs de la Champions League africaine, version 2007-2008 remportée par le National du Caire de même que la Supercoupe d’Afrique 2009. A côté de ce palmarès déjà élogieux, il a aussi disputé la dernière édition de la Coupe du monde des clubs. Autant de faits qui le font être à cent lieues de l’avant-centre d’Arsenal, en termes de performances réalisées en Afrique en 2008 par un footballeur. Et qui devaient lui valoir le « Ballon d’or africain » si la Caf, par le biais des sélectionneurs africains qui opèrent ce vote, avait défini autrement les règles de « ce jeu ».

  Sous Issa Hayatou (actuel président de la Caf en poste depuis 1988), le football continental a connu beaucoup de développement à mettre à l’actif d’initiatives que ses proches collaborateurs et lui ont entreprises. Pour ne pas laisser un goût d’inachevé à leur chantier, ils devraient également, plus que jamais, penser à réformer les règles qui encadrent l’attribution du « Ballon d’or » africain. La distinction nette entre les honneurs réservés au « Meilleur africain évoluant en Europe ou en Occident au cours d’une saison » et ceux dont on entoure « le Meilleur africain jouant sur le continent-mère » devra être le fondamental et urgent chantier auquel I. Hayatou et compagnies devront s’attaquer.

  En faisant cela, ils contribueront assurément à donner une autre valeur aux émérites talents qui ont choisi de n’évoluer qu’en Afrique. Certes, le clinquant qu’offrent les championnats occidentaux n’a rien de commune mesure avec l’organisation des compétitions regroupant les clubs de l’élite africaine du football. Mais l’Egypte n’a-t-elle pas déjà à deux reprises consécutives (2006 et 2008) damé le pion à des sélections formées presqu’en totalité de stars des pelouses occidentales, alors même que son équipe n’était bâtie que sur la base de joueurs qu’on a pris l’habitude d’appeler des « locaux » ?

  A l’image de l’Asie, l’Afrique peut aussi et doit offrir son sourire propre à elle à la grande famille du football mondial comme les Sud-Coréens l’ont fait par exemple, lors de la phase finale du Mondial 2002 en atteignant le stade des demi-finales. La réforme du « Ballon d’or » de la Caf devrait donc enhardir dans cette optique les joueurs africains nés en Afrique et y moyennant leurs talents ! 

Edem Ganyra