Compte Utilisateur

Audios



Souscription

Le groupe

Directeur de publication
· Elh Gorgui W NDOYE

Rédacteur en chef
· Elh Gorgui W NDOYE

Comité de Rédaction
· El hadji DIOUF
· Papa Djadji Guèye
· Responsable Informatique
·
Alassane DIOP

Responsable Gestion
· Cécile QUAN

Webmaster
· REDACTION

Contact

Adresse
   Salle de Presse
   N0 1 Box 35
   8, Avenue de la
   Paix Palais des Nations Unies
   1211- Genève 10 Genève Suisse.
Téléphones

   +41 22 917 37 89
   +41 76 446 86 04

Service

Publicités, Abonnements et Souscriptions

Téléphone
· Suisse:
   +41(22)917 37-89
   +41(76)203 61-62

Ou envoyez un courriel à Info@ContinentPremier.com

Ainsi pourrait être la métaphore des derniers rapports entre les 2 anciens rivaux du second tour de la présidentielle française de 2007. Ils ont le secret de leur propre rengaine mutuelle et sont farouchement déterminés au-delà des apparences qu’il nous ait laissées de voir. C’est le genre de rapport qui n’accorde à l’adversaire ni reprise ni pardon ; et c’est un « pardon » qui va être la base des derniers coups.Il y aura irrémédiablement un avant et un après le « pardon de 6 avril 2009 » qui ne laisse personne indifférent.

Un discours qui marque les esprits non pas vraiment par son éloquence que par la circonstance choisie ; mais plutôt par la richesse de son enseignement ! Ségolène se plaçait depuis la longue diagonale de Dakar-Paris pour asséner son coup. Ni le cavalier contorsionniste Frédérique Lefèvre, ni le Fou Rama Yade ne purent s’y opposer efficacement. La tour Bernard Kouchner s’enlisait d’une configuration qu’il s’avait difficilement défendable. Ces interventions vaines traduisent toutes la richesse de l’action Royal dont les prémices remontent à la campagne présidentielle.

Il faut se souvenir que durant à sa campagne, Ségolène s’était autorisée un passage par la case Dakar où son accueil était triomphal ; bien plus que ce qui lui était parfois réservé en métropole.

Et pendant ce temps, Sarkozy était aussi en quête de promotion dans une tactique et optique bien différente. Pour cela, il faut se rappeler de son discours 9 mars 2007 à Caen où il annonçait un discours frisant le négationnisme total : « … Elle [la France] n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide… » Il ignorait que la France reconnaissait officiellement dans sa loi N° 2001-434 que la traite des noirs et l’esclavage, dont elle a participé activement, constituaient des crimes contre l’humanité.

Dans un autre meeting du 7 février 2007 à Toulon, Sarkozy y déclarait : « … A tous ceux d’entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n’emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. … » C’était le reflet de sa vision d’une colonisation positive qu’il complétait dans son fameux discours de la case Dakar, le 26 juillet 2007, par : « … Il [le colonisateur] a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs… » Il masquait les millions de victimes et souffrances en omettant d’envisager la sous-variante où Angéla Merkel aurait pu peindre l’occupation allemande comme non dénuée d’effet positif !

Mais ce discours Dakar répondait à une logique bien calculée par Sarkozy et trahissait sa façon de penser. Il espérait certainement faire comprendre aux Sénégalais/Africains qui ne le souhaitaient pas président que les choses devraient se passer autrement. D’entrée de discours, il annonçait que : « Je veux, ce soir, m'adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n'ont pas la même langue, qui n'ont pas la même religion, qui n'ont pas les mêmes coutumes, qui n'ont pas la même culture, qui n'ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l'Afrique. » C’est à se demander comment dans sa conception, l’Union Européenne s’est construite hors mystère ? Et il semble oublier que quand il combat l’idée de l’entrée de la Turquie dans l’UE sur ce même thème de la différence de culture/territoire, les pays d’Outre-Mer doivent se poser des questions sur sa manière de les considérer.

Par suite, Sarkozy déclarait encore à Dakar : « … Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères… Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser… » Et pourtant, durant le dîner annuel du CRIF de janvier 2008, Sarkozy demandait que chaque écolier français porte la mémoire d’une victime juive. C’est à se demander si l’effort de dépassement est une exclusivité africaine !

C’est important de faire ce succinct rappel afin de mieux appréhender la configuration dans laquelle intervenait la dame Royal pour repousser le mauvais souvenir laissé par le passage du roi Sarkozy. Et elle l’a fait dans les règles de l’art. Dans son pardon du 6 février à Dakar, elle a fait allusion à Sarkozy, par un "quelqu'un est venu vous dire..." sans le citer nommément. En se demandant si c’est la reprise du refrain de Carla Bruni, elle marque un coup très fort! Car du coup, l'adversaire politique visé doit accepter de se reconnaître dans le mauvais rôle décrit pour s’autoriser une réplique. Ce qui rend d’autant sa manoeuvre malaisée. Par la même occasion, elle prend de la hauteur car elle donne une suite à une parole d'un président. Quelle ne fut pas sa portée ! Au bilan, elle récolte l’ovation dakaroise que Sarkozy espérait secrètement obtenir et a réaffirmé ses prérogatives sur sa terre natale dakaroise.

Le timing était tout aussi bien choisi ; sa déclaration intervenait à mi-chemin entre le moment où le roi Sarkozy voudrait effacer l’épisode de Dakar et celui où il espérait revenir muni de pseudo justifications enrobées dans les usuelles promesses électorales pour 2012.

Voila une variante de stratégie de communication politique qui ne tarderait pas à s’inscrire dans les annales des écoles de stratégie politique.

Que faut-il rajouter de plus sur cet épisode ? Que le peuple d’Afrique, ni nul autre peuple, n’ont vocation à recevoir de leçon d’autrui. L’histoire, notre histoire commune, est la somme des récits élémentaires auquels nous avons tous contribué. 
 

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/discours-de-segolene-royal-a-dakar/06-04-2009-0

http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html