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Par Chrystel DAYER

Alors que le film suscite la polémique dans le milieu bancaire et sort quelques cadavres du placard suisse, c’est avec sincérité et humour que Dominique Othenin-Girard, répond à ContinentPremier.

Une grande silhouette élancée s’avance dans le luxueux couloir du Palace Hôtel de Lausanne, c’est le réalisateur Dominique Othenin-Girard. Affichant un large sourire, il accueille chaleureusement notre reporter avant de courir à l’avant première de son film « Dirty Money-l’infiltré ». Au milieu de la discussion, Fausto Cattaneo, l’auteur du livre « Comment j’ai infiltré les cartels de la drogue », dont s’est inspiré Dominique Othenin-Girard, fait une apparition pour saluer son ami (notre photo).

Dominique, vous vous êtes souvent engagé dans des films sensibles et humanitaires, comme « Du rouge sur la croix », un film sur la vie d'Henri Dunant ou avec le court métrage sur le phénomène de féminicide dans la ville de Juarez au Mexique en partenariat avec l’organisation mondiale contre la torture, ou encore avec des films sur la thématique des handicapés mentaux. Aujourd'hui qu'est-ce qui vous a donné envie de réaliser un thriller sur le cartel de la drogue et le blanchiment d'argent?

« Ce qui m'a donné envie de réaliser ce film c'est le livre de Fausto Cattaneo. A travers ce livre, j'ai retrouvé des idées qui me sont proches comme une certaine utopie pour la justice et l'honnêteté. J'ai été fasciné par la capacité du personnage principal à changer de caractère, à s'adapter aux différentes situations, souvent extrêmement dangereuses, auxquelles il est quotidiennement confronté pour son travail. Ce personnage reste intègre malgré les milieux qu'il fréquente, et c'est une chose rare que j'admire beaucoup. On peut dire que dans ce film, il y a un parallèle entre la vie du réalisateur, la vie de Fausto Cattaneo et la vie du personnage. D'ailleurs le personnage de mon film s'appelle Marc Girard (rires) et ce n'est pas une coïncidence. »

Que pensez-vous du fait que la sortie de votre film coïncide avec un moment ou les banques suisses sont fortement critiquées par la communauté internationale? Est-ce que cela a été prémédité?

« C'est une pure coïncidence, mais aussi un hasard bienvenu (sourire). C'est le moment de rectifier l'image de la Suisse qui est mise à mal. Les banques exercent des activités sérieuses, et il faut réintégrer une image positive des banques suisses. D’autre part, il y a beaucoup choses qui sont tenues secrètes en Suisse et il faut dénoncer cette partie du système qui est malhonnête.»

Dès l’annonce de sa sortie votre film a été très polémiqué, quelle est votre opinion la dessus ?

« Ce film dérange, car il appuie sur des points sensibles. A un tel point qu’on a essayé de me dissuader de le faire. Je préfère prendre des risques sur des sujets réels et concrets, comme pointer du doigt certains faits bien cachés en Suisse. Certaines personnes bien placées détournent le système à leur profit et ne sont jamais inquiétées. Le livre de Fausto Cattaneo nous prouve qu'elles existent. »

A ce propos que pensez-vous de la réaction que la Banque Safdié, sur le fait qu'elle est visible dans une scène?

« Nous avons en effet des problèmes d'ordre juridique à régler. La Banque a peur que le film porte préjudice à son image. Mais si elle n'a rien à se reprocher, devrait-elle s'en inquiéter? En réalité le personnage rentre dans cette banque, mais le nom n'est pas vu en entier. De plus, le contexte de la scène ne met pas non plus en cause la banque. Même si ce film est basé sur des faits réels, cela reste avant tout une fiction. Paradoxalement, dans le film un bâtiment de l'UBS apparaît, mais pour l'instant il n'y a pas eu de plainte de celle-ci! »

Quel est le budget d'un tel film en Suisse (droit d'auteur, réalisation)?

« C'est un budget très bas et limité. Le cinéma suisse n'est pas une grande industrie et il est difficile de trouver des fonds. Au niveau de la manufacture il n'y a pas de problèmes, et il y a beaucoup de comédiens talentueux, de créateurs et de personnes motivées en Suisse. Mais au niveau de la production et de la recherche de fonds c'est très difficile. Nous avons été très bien reçu avec notre sujet, par exemple à l’Office Fédérale de la Culture ou les gens à qui nous nous sommes adressés étaient très enthousiastes. Seulement lorsque l'on commence à parler budget cela devient beaucoup plus complexe (rires). Le film a donc été réalisé avec divers partenaires.»

Pourtant vous avez-vécu à Hollywood, pourquoi retourner au cinéma suisse?

« A Hollywood, j'ai eu beaucoup de chance, j'y ai réalisé cinq films. Ce fût une grande expérience. Cependant, je préfère être pauvre et faire du cinéma engagé qui me tient à cœur (rires). »

Dominique Othenin-Girard a déjà d'autres projets en tête, comme un film inspiré du livre « Confessions d’un garde du corps et d'un ex-agent » de Stéphane Valente. Il a aussi un nouveau projet humanitaire sur Wangari Muta Maathai, la femme des arbres, qui se bat pour l’environnement et le droit des femmes au Kenya.

Né à Neuchâtel en 1958, Dominique Othenin-Girard est un réalisateur suisse d'expérience internationale. Dès le début de sa carrière, il fréquente le milieu du grand cinéma hollywoodien, avec, entre autres films, la réalisation "d'Halloween V, The Revenge" et "La malédiction IV", avant de se tourner vers un cinéma plus engagé. Dans les années 90, il fonde sa propre maison de production à L.A. et réalise alors un film sensible, sur la thématique des enfants trisomiques, "Sandra c'est la vie". Depuis, il a réalisé une dizaine de longs métrages pour le cinéma et la télévision dont "Henry Dunant, du rouge sur la croix" (2006) et "Dirty Money-l'infiltré" (2009). Ce dernier film soulève certains problèmes de corruption en Suisse. Entre de magnifiques prises de vue de paysages suisses et un scénario tiré d’une histoire vraie, Dominique Othenin-Girard nous ouvre les yeux sur le fait que les helvètes ont eux aussi leur part de malhonnêteté!