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Le pacte Menem-Kirchner
L’histoire du pot-de-vin de 25 millions de dollars payé par le groupe français Thales à l’entourage du président argentin Carlos Menem, racontée par Lionel Queudot, le broker genevois qui a fait circuler l’argent de la corruption. Le paradigme d’autres affaires de corruption présumée, apparemment coordonnés depuis la Suisse par Siemens et Alstom, firmes qui ont des contrats en Argentine pour 20 milliards de dollars. Les péripéties judiciaires et politiques des comptes helvétiques de Menem et de son secrétaire privé, Ramón Hernández. La piste des 520 millions de dollars déposés à Zurich par Néstor Kirchner, dont seulement 390 ont été restitués dans son pays en 2008.

Le 30 avril 2004 en Suisse, le protagoniste du livre voyage à l’arrière d’une Volvo banalisée avec plaque diplomatique. C’est la voiture de l’ambassadeur argentin à Berne, Guillermo González, qui a envoyé son chauffeur chercher un passager inconnu à Genève. Il s’agit de Lionel Queudot, titulaire d’une fiduciaire genevoise, Finego, qui a fait faillite. L’homme est un français de taille moyenne, 53 ans, blond, costume sombre, chemise blanche et cravate bleue. Il porte avec lui une serviette. En regardant le paysage qui passe rapidement à côté de lui le long de l’autoroute, il évoque dans sa mémoire les réunions avec les fonctionnaires gouvernementaux argentins: le ministre de la justice, Gustavo Beliz, et le procureur anticorruption, Daniel Morin, lesquels se portent garants légalement concernant la démarche qu’il s’apprête à faire. Ces conversations confidentielles ont fini de le convaincre pour une action spectaculaire: signer une déclaration consulaire spontanée en Suisse sur son intervention sous contrat avec la firme Thales pour payer 25 millions de dollars à des hommes du président Menem. Autrement dit, verser une commission occulte en rétribution de la concession du monopole de l’espace radioélectrique au bénéfice du groupe leader de l’électronique militaire et de la sécurité en France. Au numéro 1 de la Jungfraustrasse du quartier diplomatique de Berne, la cérémonie a été préparée dans les moindres détails. L’ambassadeur González le reçoit et lui présente la consul, Madame Ana Berta de Alberto. L’homme signe un document qui a été soigneusement rédigé. Dans quelques semaines, celui-ci sera accueilli dans le cabinet d’un juge d’instruction à Buenos Aires et sera connu publiquement. Le scandale a explosé dans la presse, ce qui a décidé plus tard le nouveau président argentin Néstor Kirchner d’annuler la concession en faveur de Thales. Ce livre raconte tout ce qui s’est passé avant cet éclat politique et donne les clefs pour connaître une affaire emblématique de corruption des années 90, l’époque où Carlos Menem régnait à la présidence argentine, qui est encore impunie devant les tribunaux.

Le fil conducteur du livre est un broker, c’est-à-dire un intermédiaire financier, lequel est habituel dans le paysage bancaire helvétique. Il s’agit d’hommes à tout faire, qui constituent des sociétés écrans pour offrir des services para-bancaires, des achats, des paiements, n’importe quoi au nom d’un tiers ; qui travaillent dans l’ombre pour dissimuler des transactions sous commande d’un client pour lesquelles ils touchent des honoraires. Le texte signé par Lionel Queudot a un mobile. C’est sa riposte après avoir été signalé dans la presse française par le journaliste Laurent Léger comme l’agent choisi par Thales pour corrompre le noyau des fidèles de Carlos Menem. Ces révélations journalistiques ont porté atteinte à sa carrière de fiduciaire, ce qui a précipité sa faillite. Il affirme avoir agi de bonne foi et dans le cadre de la loi suisse. Il rapporte ainsi aux autorités argentines comment a été organisé et payé un pot-de-vin international, versé par un grand groupe à un gouvernement corrompu du Cône Sud. Il dessine la route de l’argent, en traversant des comptes, des sociétés, des bureaux et des banques, en liaison avec des entrepreneurs et des aventuriers en Argentine, en Uruguay, aux Pays Bas, en France, en Suisse, aux États-Unis.

Cependant, quelques mois après la présentation de Queudot à l’ambassade d’Argentine à Berne, toujours en 2004, le président Néstor Kirchner annula un voyage en Suisse et décida de se séparer du ministre de la justice, Beliz, qui avait convaincu Queudot d’avouer. Sans transition, le gouvernement argentin refusa de signer un traité bilatéral avec la Suisse pour lutter contre la corruption, le blanchiment d’argent et le terrorisme. En plus, Kirchner ne fera pas de recours à Genève contre le classement de l’enquête pénale et de la procédure d’entraide avec son pays suite à la découverte de 7 millions de dollars trouvés dans des comptes de l’ancien président Carlos Menem et de son secrétaire privé, Ramón Hernández. En avril 2008, Kirchner fait rapatrier 390 millions de dollars déposés au Crédit Suisse à Zurich, sur les 520 millions de dollars initialement investis.

Ce livre décortique tous ces réseaux, qui font état d’un pacte de non agression entre Menem et Kirchner pour cacher leurs sales histoires en Suisse, en fournissant les preuves documentées et les témoignages. Il s’agit d’un grand reportage journalistique qui suit celui qui a été au cœur des faits, Lionel Queudot. Il a récemment fuit la Suisse après avoir confirmé son témoignage auprès des autorités helvétiques et françaises, qui continuent leurs procédures pénales à Paris et à Genève, en attendant que les tribunaux argentins se prononcent.

Juan Gasparini, 25 avril 2009.