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Rencontre avec  Dorah Illunga, une des rares femmes métissées dans le paysage politique belge.

Par Lucie HAGE, correspondante en Belgique.

(BRUXELLES)- Être une femme dans le monde toujours très masculin de la politique ce n’est pas une situation des plus évidentes. Ce cliché, qu’on le veuille ou non, reste encore d’actualité.  Mais en plus, lorsqu’on est d’origine étrangère et que notre couleur de peau ne laisse aucuns doute à ce sujet, le parcours du combattant n’en est que plus intense.  Preuve en est que, pour le moment, seulement deux  femmes de couleur ont réussi à se nicher dans cette jungle ou le pouvoir que cette dernière peut engendrer se conjugue avec un véritable don de soi. Il y a Gisèle Mandaila, ancienne secrétaire d’Etat aux familles et à la personne handicapée, qui est aujourd’hui conseillère communale à Etterbeek, et Dorah Illunga, ex-échevine, et conseillère communale à Saint-Josse. 

« Lorsque je suis devenue échevine » se souvient-elle, « je ne suis pas passée inaperçue, j’ai même fait quelques gros titres seulement parce que je suis une femme noire ». Effectivement, lorsqu’elle prête serment, le 13 janvier 2003, Dorah est la première femme de couleur d’origine étrangère qui accède à un poste dans un exécutif en Belgique !

Une vocation pour l’action

Lorsqu’elle débarque à Bruxelles, à l’âge de 18 ans, elle ne décide pas d’emblée de devenir politicienne. D’ailleurs, elle ne fait pas d’études liées aux sciences politiques, elle se lance plutôt dans les sciences du travail. Mais avec un papa dans la politique et un esprit inné de contestation, sa vocation glisse petit à petit vers ce qu’elle appelle « le lieu où l’on peut faire bouger les choses ».  Elle commence, en 2001, un travail à la mission locale de Saint-Josse à Bruxelles, c’est d’ailleurs là qu’elle rencontre Gisèle Mandaila. Dorah se trouve alors embarquée dans un programme de suivi de chômeurs d’origine étrangère et tente d’aider ces derniers en étudiant leurs parcours et en essayant de résoudre les problèmes liés aux obstacles rencontrés dans ce contexte bien précis et qu’elle connait si bien. Mais pour elle, les difficultés ne viennent pas de l’origine étrangère de la personne, « le vrai problème c’est qu’un étranger qui vient étudier à Bruxelles et qui veut ensuite y travailler n’a pas de réseau de connaissance assez étendu alors que justement, un emploi se trouve principalement de manière informelle, via des amis ou des connaissances ».

« Je ne mets aucun échec sur le dos du racisme »

Après quelques mois passés au cabinet de Laurette Onkelinx, alors vice-Première Ministre et Ministre fédérale de l’Emploi et de l’Egalité des chances, Dorah entame un deuxième mandat en tant que conseillère communale à Saint-Josse. Dans son parcours professionnel elle affirme ne pas avoir été victime de racisme. «Le racisme reste sous la table et ça ne m’intéresse pas de mettre les difficultés sur le dos de celui-ci ». Par contre, la non-connaissance des autres cultures pousse, selon elle, à enraciner des clichés. « Certaines personnes me regardent en se demandant si je fonctionne comme eux et s’étonnent, par exemple, que je n’aime pas la nourriture pimentée ou que j’aie un caractère plutôt calme et posé ». Mais elle pense, malgré tout, qu’il suffit de faire ses preuves pour acquérir une crédibilité et un respect identique à toute autre personne. Le comble, selon elle, c’est que certains veulent aujourd’hui la protéger de sa propre communauté. Elle explique, en effet, le sourire aux lèvres : « on m’a mise en garde, par exemple, à ne pas me faire arnaquer par les africains. Je ne sais pas alors si je dois me réjouir ou m’attrister ». Elle en conclut tout simplement que « la plupart des gens vous classent dans une catégorie et lorsqu’on se fait accepter par l’une d’elle il est difficile de faire partie d’une autre en même temps ».

« Je suis heureuse lorsque je résouds un problème même s’il y en a dix autres à côté qui n’ont pas été solutionnés »

La vie d’une politicienne dont le seul objectif est de faire bouger les choses se double toujours d’un lot de casquettes différentes. Dorah en porte principalement quatre. Celle de conseillère communale mais aussi celle de présidente de son a.s.b.l. « DI & Associates » ainsi que celle d’employée chez Actiris où elle travaille au niveau de la communication. Enfin, elle ne se sépare jamais de son rôle le plus important, celui de maman de deux adolescents de 13 et 17 ans.

En fait, son bonheur ne tient qu’à une chose très simple : aider les gens à résoudre leurs difficultés. Et elle s’attache tout particulièrement à venir en aide aux femmes qui veulent entreprendre. C’est pourquoi elle a créé« DI & Associates », une entreprise qui lui permet de coacher des femmes qui souhaitent se lancer dans un projet d’entreprise mais qui n’arrivent pas toujours à s’en sortir avec les complications administratives de notre société ou tout simplement parce qu’elles n’ont pas les contacts nécessaires. « Le plus important reste la nécessité de tisser des liens avec des personnes adéquates et c’est en général ce que les femmes qui se sont occupées de leur foyer pendant un certain temps ont perdu ». Au Congo, où elle est née, son action se fait aussi sentir. En effet, elle s’est engagée à trouver des fonds pour soutenir la mise en place d’une école. Les ordinateurs, outils indispensables à ses yeux, sont déjà en route.  « Les gens ne cessent de se plaindre ici alors qu’au Congo cette école qui se dresse est le fruit d’un travail collectif de la part des parents d’élèves. Nous devons vraiment nous rendre compte de la chance que nous avons en Belgique ». Voilà comment avec un peu d’intelligence, de discernement, et de volonté, une politicienne de couleur peut, en Belgique, faire bouger les choses sans avoir l’impression de subir le poids de la discrimination, qu’elle soit de genre ou de race. 

PAR LUCIE HAGE