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Après la Mauritanie, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau a rompu ce matin du lundi 2 mars 2009 sa difficile marche vers la démocratie. Comme si les Africains, voulaient donner raison à ceux qui les infantilisent : « Ils ne sont pas mûrs pour la chose démocratique ». C’est encore la Presse française qui nous l’apprend : un Coup d’Etat en Afrique. Cette fois, comme dans de mauvais souvenirs remontant au début des indépendances africaines : le sang a coulé !

Accusé d’être « l'un des principaux responsables » de la mort du chef d'état-major de l'armée, le général Tagmé Na Waié, tué après un attentat à la bombe le dimanche soir, le président Joao Bernardo Vieira, est assassiné ce lundi matin 2 mars 2009, nous apprend la Radio France Internationale (RFI) alors qu’il essayait, dit-on de s'enfuir quand il avait été «fauché par des balles tirées par des militaires ». Et un officier de clamer : «Le pays va démarrer maintenant. Cet homme a bloqué tous les élans dans ce petit pays» selon l’AFP (Agence France Presse).

Nous savons bien que l’Afrique n’est pas que ça, une terre de sanguinaires, de politiciens corrompus, de policiers violents, de militaires ignorants, de fonctionnaires laxistes, de populations résignées et analphabètes, d’une élite orgueilleuse défaillante et égoïste, de journalistes incapables de mettre en perspective les réalités locales face aux bouleversements du monde, gangrénés par une emprise du politique et d’un environnement socio-économico-juridique incertain… J’ai cru en cette Afrique, loin d’être le seul, et beaucoup parmi nous ont investi courage, argent, intelligence, et renoncé à tant de choses pour faire valoir la parole et la place de l’Afrique, terre nourricière d’où a émergé l’Homme, donc la Civilisation. Dans un éditorial publié par le site panafricain ContinentPremier, j’écrivais « Faut-il désespérer de l’Afrique ? ». Oui, j’étais dans le doute sur beaucoup de choses malgré ma foi inébranlable pour un avenir radieux sur cette Terre de mes parents. Deux aînés, l’un est journaliste, Vieux Savané de Sud Quotidien, l’autre un Haut fonctionnaire des Nations-Unies, Adama Dieng, vice-secrétaire général de l’ONU et Greffier du Tribunal Pénal international du Rwanda (TPIR), m’ont écrit pour me dire en filigrane : « Gorgui, garde intacte ta Foi pour l’Afrique ».

Avec la mort de Césaire, je me suis repris en titrant, reprenant les propos de l’Antillais : « Désespérer, c’est refuser la vie ».

Mais, ce matin, alors que j’étais au téléphone avec l’Ambassadeur Carlos Mbaye du Sénégal à qui je demandais la confirmation de la présence - au Conseil des Droits de l’Homme qui s’ouvre ce matin jusqu’au 17 mars 2009- du Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères du Sénégal, mon ami Cheikh Tidiane Gadio, le diplomate sénégalais m’a dit : « Non, il ne viendra pas finalement ». Mais pourquoi, alors que sa présence est annoncée par l’ONU : « Je ne suis pas sûr mais peut-être c’est lié aux évènements qui se passent autour de nous ». Quoi donc ? : « Rfi a annoncé ce matin, la mort du Président Vieira ». Je lui ai dit : « merci, je vais m’informer, tout en lui disant, c’est triste pour notre Continent ».

Comment continuer à se battre pour que les médias occidentaux reflètent les véritables images de l’Afrique, loin de la guerre, du népotisme, de la famine, de la corruption, de l’incompétence, de la monarchie, du Sida avec la perpétuation de tels actes, comme les coups d’Etat, l’impunité, le trucage des élections, l’enrichissement illicite etc ?

J’ai mal !

Maman-Africa, Pardonne à tes Fils !

« S’il n’y avait pas eu de coup d’Etat militaire, je pense que notre développement se serait fait plus rapidement et plus harmonieusement », confiait le Poète-Président Léopold Sedar Senghor en 1981 à un journaliste canadien. « En général, disait-il, les auteurs de coups d'Etat sont d'anciens sous-officiers de carrière, et objectivement, ils manquent de culture. »

De quelle culture s’agit-il, quand c’est le Président Senghor qui le dit, c’est à dire avoir moins de références mentales par rapport à la culture française ? lui demande le journaliste Canadien. Et Senghor, dans son sourire légendaire, lui répond :

« Non, je pense qu’ils ont moins de culture Négro-africaine et moins de culture universelle. En même temps, ils n’ont pas assimilé leur langue propre, ils n’ont pas assimilé la langue française, ils n’ont pas fait assez de mathématique, les sciences etc. etc. Si vous voulez, ils n’ont pas une vue large de l’univers et des continents ».

Chefs d’Etat d’Afrique, l’Heure est venue d’Aimer Vraiment vos Peuples. Le silence, l’hypocrisie de vos amis occidentaux et l’inertie des Nations-Unies qui suivent ces coups d’Etat ne sont-ils pas révélateurs de l’échec de vos politiques et de vos postures ?

El Hadji Gorgui Wade NDOYE, directeur de publication du magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com (GENEVE-SUISSE)

Texte également disponible sur mon blog de la Tribune de Genève

http://gorguindoye.blog.tdg.ch/archive/2009/03/02/encore-un-coup-d-etat-en-afrique-j-ai-honte-et-je-suis-trist.html