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Le mariage forcé : un phénomène tabou !

Publié le, 11 décembre 2008 par

Par Chrystel DAYER

SION- (Envoyée spéciale)- La question du mariage forcé est alarmante. L’établissement du libre choix du partenaire, ce principe des droits de l’Homme n’est pas universellement respecté. La Suisse, ne fait pas exception* ! En effet, selon une étude parue en 2006 on estime le nombre de mariages forcés en Suisse à 17'000 victimes. Cependant, le nombre de cas reste difficile à recenser, et si la majorité des cas touche les femmes, les hommes ne sont pas épargnés.

Alors qu’en Suisse, l’institution du mariage est en perte de vitesse, le nombre de mariage diminuant et le nombre de divorce augmentant1, certaines cultures sacralisent toujours cet acte au point que des familles forcent leurs enfants à se marier. Contrairement à certains stéréotypes, le mariage forcé n’est pas un problème musulman. Basée sur l’honneur de la famille et sur des intérêts économiques, cette pratique n’est pas qu’une question religieuse et culturelle. Les personnes qui sont mariées sans leur consentement sont des victimes, et cette pratique viole les droits de l’Homme « le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux »2.

Selon l’Organisation Mondiale contre la Torture le mariage forcé peut être assimilé à l’idée de torture. Le plus souvent les victimes du mariage forcé sont maltraitées, et subissent des traitements inhumains ou dégradants. Dans certains pays, comme le Maroc, la personne qui a commis un viol peut épouser sa victime, en accord avec la famille, et les poursuites pénales sont abandonnées. De nouveau au Maroc, une Fatoua permet le mariage des filles à partir de neuf ans. Un acte qui viole le droit international.

En Suisse, cette pratique est exercée par des personnes originaires d’Ex-Yougoslavie, du Moyen-Orient, d’Asie centrale, du Maghreb et d’Afrique noire. La Grande Bretagne est aussi fortement touché par ce phénomène Ces personnes vivants en Suisse, ne laissent pas pour autant cette pratique de côté. Doit-on remettre en cause notre système d’intégration ? Nous pourrions envisager des actions sous l’angle de l’intégration, ce qui pourrait éviter une reproduction de ce comportement. Pourtant, les enfants nés en Suisse, mais de parents immigrés, que nous appelons communément les secondos (les secondes générations), sont souvent touchés par les pratiques culturelles et religieuses de leur parent, et cela malgré le fait qu’ils sont entièrement intégrés à la société suisse. Mais que faire quand notre famille nous donne un ordre et que s’il n’est pas respecté, nous tourne le dos ? La plupart du temps les victimes subissent un véritable lavage de cerveau et se retrouvent seules face à leur entourage. C’est la cas de Leila, une française d’origine marocaine, qui se retrouve mariée de force à un homme plus âgé, et qui aujourd’hui milite pour la cause : « Vous n’êtes rien au sein de la famille en étant une fille, vous êtes une offrande. »

Que pourrions nous faire pour éviter de telles attentes au droit de la personne ?

Le Conseil Fédéral a modifié en 2007 le code civil en insérant une disposition qui oblige l’officier public à s’assurer que le mariage a été librement consenti. Pourtant, sous la contrainte qu’exerce les familles sur les futurs époux, il me semble difficile de déterminer si la personne est consentante. L’Etat refuse de faire une législation pénale et préfère lancer des campagnes de sensibilisation et d’information. Les mariages qui sont jugés comme des mariages forcés sont annulés et la Suisse refuse de reconnaître les mariages conclu avec une personne qui n’a pas 18 ans.

Cependant, que la législation soit internationale ou nationale, cela ne suffit pas, les victimes du mariage forcé sont nombreuses en Europe et dans le monde.

Aujourd’hui une helpline a été créée en Suisse pour ces victimes, pourtant le phénomène reste tabou et les personnes concernées ont de la peine à sortir de cette machine infernale.

* L’Institut des droits de l’enfant a organisé en octobre 2008 un colloque sur le mariage forcé en Suisse intitulé « Mariage forcé, plus jamais ! », nom tiré du documentaire éponyme de Carole Roussopoulos, présenté officiellement ce jour là à Sion.