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(TUNIS)- La Tunisie a abrité les 26-27 juin 2008 un symposium de haut niveau sur le thème : « Les TIC au service de l’éducation ». Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie a ouvert le symposium en présence de Mohamed Ghannouchi, Premier ministre tunisien et des ministres francophones en charge des TIC et de l'éducation. « Le temps est venu de voir l’apport des technologies de l’information et de la communication renouveler les approches pédagogiques, les démarches didactiques, la diffusion et l’assimilation des savoirs et des savoir-faire » a plaidé Abdou Diouf devant près de 200 experts et ministres francophones.

Cette manifestation s’inscrit dans le prolongement des travaux du Sommet mondial sur la société de l'information dont la Tunisie avait été l’hôte en 2005, après la première phase tenue en 2003 en Suisse. L’ancien Président du Sénégal a expliqué la nécessité de l’adaptation de l’école africaine et celle des pays de l’espace francophone dans un monde changent. Pour le Secrétaire général de la Francophonie : « La faiblesse des offres nationales en matière de ressources numériques expose la plupart de nos pays à une offre de contenus et de services mal adaptés aux besoins de leurs systèmes éducatifs parce que conçus et diffusés par des opérateurs extérieurs prioritairement sinon exclusivement soucieux de prendre des parts sur « le marché international de l’éducation.». Autant de défis qui rappellent l’urgence de mettre en œuvre les décisions prises le 23 mai 2008 à l’initiative de la Communauté française de Belgique pour qu’une action volontaire soit entreprise pour maintenir un service public d’éducation équitable et de qualité et veiller à ce que les services privés agréés par l’autorité publique répondent aux mêmes objectifs. Cependant poursuivant sa forte plaidoirie, Abdou Diouf reconnaît que rien ne se fera sans une réelle motivation des enseignants et une vraie volonté de démocratiser l’accès au savoir. « Les espoirs fondés que nous plaçons dans les techniques de l’information et de la communication ne sauraient nous dédouaner de notre responsabilité et de notre devoir de solidarité pour que s’érigent des murs d’école là où ils font défaut, pour que soient formés en nombre suffisant les enseignants et qu’ils soient convenablement rétribués, pour que l’obligation de scolarité soit partout respectée, pour que continue à exister le livre, pour que soient disponibles les infrastructures de première nécessité, pour que soit démocratisé l’accès à l’internet».
Le Symposium essaie d’apporter des réponses à de nombreuses questions. Comment appréhender et intégrer les pratiques pédagogiques fondées sur l’usage du numérique dans l’univers scolaire ? Comment éviter que les enseignants soient en situation de déstabilisation devant un environnement technique rapidement évolutif et des attentes nouvelles de l’encadrement et des élèves ? L’école doit-elle donner à tous les élèves les instruments intellectuels et sociaux de la maîtrise des usages de ces outils, incluant un regard critique nécessaire vis à vis de la multiplicité des informations qu’ils véhiculent ? Autant de questions rappelées par Abdou Diouf dans son discours d’ouverture et dont les réponses serviront de recommandations (voir par ailleurs) pour la prochaine programmation quadriennale dans les domaines de l’éducation et des technologies.

Par El Hadji Gorgui Wade Ndoye.