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CARTHAGE-(de notre envoyé spécial)- Le temps, est révolu où le pays d’accueil ne se préoccupe pas du pays d’origine et que ce dernier était finalement soulagé de voir ses charges allégées vis-à-vis d’une partie de sa population. Désormais, notre démarche, c’est celle d’une immigration concertée. Cela  se fait par la signature d’accords bilatéraux avec un certain nombre de pays dans lesquels nous avons des relations anciennes. Brice Hortefeux qui intervenait au 19ème symposium du RCD, nous dévoile ici la politique française décriée mais qui tend à favoriser les pays francophones. Sur les tests ADN, le ministre nous a donné rendez – vous à son bureau à Paris avant son voyage programmé à Dakar pour poursuivre la nouvelle politique de Nicolas Sarkozy.

Que vous inspire le lien «démocratie et développement » sujet du 19ème symposium du RCD et quel est votre regard sur l’expérience tunisienne?

«Ma conviction c’est qu’il ne peut y avoir de démocratie solide et enracinée si elle ne s’appuie pas sur le développement et symétriquement, il ne peut y avoir de développement dans la durée si cela ne s’exprime pas dans des institutions et des réflexes démocratiques. Les deux doivent aller de paire. J’observe que c’est ce qui est progressivement accompli en Tunisie».

Etes – vous d’accord avec Ben Ali qui a déclaré ce matin que «la mondialisation n’a aucun sens quant elle consacre la liberté de circulation des biens et des services et ferme les frontières pour des considérations stratégiques et sécuritaires»?

«La mondialisation  est un sujet essentiel qui touche l’ensemble des pays du Nord et du Sud. Elle suscite parfois des appréhensions et des craintes qu’il convient de surmonter ensemble. Mais la gestion des flux migratoires permet si elle est concertée si on le fait ensemble de surmonter un certain nombre de défis»

Monsieur le ministre qu’entendez – vous par gestion concertée de l’immigration?

«Cela passe par la signature d’accords bilatéraux avec un certain nombre de pays dans lesquels nous prenons en compte l’ancienneté de nos liens, les besoins, les aspirations et parfois les difficultés. Prenons l’exemple de la Tunisie. J’ai proposé que nous réfléchissions ensemble sur un accord de gestion concertée des flux migratoires qui prend en compte la grande qualité de la formation universitaire et scolaire. Un quart des étudiants tunisiens en France est de niveau doctorant. Ce qui est  un niveau très élevé ; il faudrait donc réfléchir ensemble sur des débouchés. Cela signifie qu’il faut prendre en compte la situation des jeunes professionnels»

Qu’est –ce que c’est, la nouvelle carte française?

«C’est la carte compétences et talents qui sera  mis en place avant la fin de l’année. Ce sera une migration de travail. C’est une nouvelle démarche qui se préoccupe autant du pays d’origine que des réalités du pays d’accueil. La réflexion est par exemple engagée avec les autorités tunisiennes. Elle a suscité l’intérêt des autorités qui souhaitent naturellement faire valoir un certain nombre de particularités auxquelles nous sommes prêts à entrer en matière».

Votre politique de gestion migratoire n’est – elle pas liée à un soucis sécuritaire?

«Ce n’est pas ce qui guide l’exercice de mes responsabilités. Ma préoccupation, c’est que nous ayons une gestion progressive des flux migratoires de manière concertée. Le moment est révolu où les pays d’accueil ne s’occupaient pas des pays d’origine et que ces derniers se soulageaient de voir leur population partir. C’est une nouvelle politique que propose la France»

Que proposez – vous aux migrants qui veulent par exemple investir dans  leur pays d’origine?

«Nous avons pris deux initiatives. D’abord avec une caisse d’épargne française avec la création d’un compte d’épargne co-développement. Le problème c’est que les fonds des migrants qui sont très importants de l’ordre de 8 millions d’euros (soit environ 5.240 milliards de Fcfa) sont consacrés pour 80 à 90% et presque exclusivement à des dépenses de consommation. Ces pays ont besoin d’investissement qui est un des moyens qui peut permettre d’arriver au développement.
Deuxièmement, il y a une dizaine de jours, nous avons aussi créé un livret épargne co-développement qui s’inscrit dans le même esprit. Cela signifie qu’il y a un effort du Gouvernement français qui est fait. Cela entraîne des déductions fiscales ou des primes qui sont dans les deux cas assumées par la France. Je signale que la France compte développer sa politique de co-développement»

Dites- nous qu’est –ce- qui motive votre politique actuelle?

«La réalité c’est qu’en France, il y a cent soixante cinq mille (165.000) titres de séjour qui sont délivrés chaque année. Quatre vingt douze mille (92.000) sont faits à titre de regroupement familial au détriment du regroupement économique. Il y a un fort déséquilibre. Ce que nous avons souhaité c’est de mettre un système de regroupement familial qui prévoit comme le font d’ailleurs d’autres pays un test de langue très rapide. Cela prend une quinzaine de minutes. Le test de langue s’il est satisfaisant, la question est réglée. Au cas contraire, s’il n’est pas satisfaisant, nous proposons une formation qui intégrera les éléments d’acquisition de la langue».

Pour vous donc la maîtrise de la langue française est essentielle pour s’intégrer en France?

«Il n’y a pas de meilleur vecteur d’intégration que la langue. Comment voulez-vous vous intégrer sans parler la langue du pays d’accueil? Cela veut dire que vous avez des difficultés  pour faire vos courses. Cela signifie que vous avez des difficultés pour comprendre le mécanisme scolaire de vos enfants. Ce qui est quand même important pour le regroupement familial. Cela signifie que vous ne pouvez pas naturellement trouver une activité professionnelle dans le pays d’accueil. C’est pour cela qu’à l’image d’autres pays, nous allons proposer le test linguistique».

Un test qui favorise les pays francophones…

«Il est évident que les pays francophones bénéficieront d’un avantage».

Vous voulez imposer les tests ADN aux immigrés subsahariens. Les Africains s’interrogent?

«C’est un autre sujet. Là je parle du symposium et de ce que j’ai évoqué avec les autorités tunisiennes. Nous nous verrons à Paris pour discuter des autres sujets avant mon voyage à Dakar».

Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade NDOYE