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Par Maïté BARBE, Sydney Australie

Je suis très fière de retrouver dans la Tribune l’article de Gorgui NDOYE « Le malaise des Africains est profond en Suisse ». Une bouffée d'oxygène dans une réflexion sur le racisme qui s'encroûte.
Le multiculturalisme est à la base de la création de la Confédération. Parler de solutions d'intégration, c'est une preuve quelque part que le multiculturalisme en Suisse n'est pas une référence. Comment aborder le multiculturalisme dans un pays toujours et continuellement divisé par le complexe du Rösti Graben? Certes, la question de peau ne se pose pas quand on garde la bouche fermée. Pour peu que les langues se délient, la porte s'ouvre sur les différences culturelles... Au sein de l'Europe, le protectionnisme Suisse alémanique fait sourire et on l'accepte avec amusement, tant son charme est folklorique.

En Suisse, en vertu de la loi du plus grand nombre, le Suisse allemand domine mais doit accepter que la langue nationale soit le Hoch Deutsh (le Schwyzerdütch n'étant pas une langue à part entière, mais un mix de plusieurs dialectes régionaux), le Tessinois rêve secrètement en dormant d'être Suisse allemand, tandis que le Romand se plie finalement aux décisions de la majorité.. Ainsi nos différences culturelles existent bel et bien, mais ne cohabitent pas toujours de manière exemplaire, uniforme et unifiée.

D'où ma question, comment penser le multiculturalisme en Suisse et sa politique d'intégration alors que l'esprit d'ouverture concernant les différences culturelles fondatrices du pays n'est pas remis en cause? En ce qui concerne l'intégration des Africains en Suisse, je crois à l'échange, au dialogue, à l'intercompréhension et au compromis. Avec les meilleures intentions humaines du monde les différences culturelles existent et ne peuvent cohabiter que sur des principes de tolérance, d'honnêteté, de sincérité, de loyauté et par dessus tout, d'éducation !!! Bien sûr, rien ne se fait sans amour et bonne volonté et c'est pourtant une des bases de la communication. Par exemple, quand on est opposé à la corrida, comme je le suis, on peut la respecter comme faisant partie intégrante de la culture hispanique. Donc je respecte la corrida en Espagne. Mais je désapprouve un gouvernement qui autorise la corrida en France. Si demain, je vais vivre en Espagne je ne vais pas m'insurger contre la corrida puisqu'elle appartient à la culture espagnole, donc je m'efforcerai de la respecter sans pour autant aller voir une corrida. Bref, il y a toujours un compromis, une négociation souvent implicite pour que deux cultures cohabitent. C'est parce que cette négociation est implicite, donc sans programme, sans projet d'échange éducatif qu'elle ne se passe pas toujours très bien. Et entre la France et l'Espagne... nous n'abordons que des différences de tradition et d'économie. Qu'en est-il quand ces différences incluent guerres, génocides, fléaux épidémiques, pauvreté, manque de travail...? Ce que l'on oublie souvent, ce sont les conséquences psychologiques et sociales qui dérivent de ces fléaux qui font qu'à un moment donné, on doit quitter son pays pour aller ailleurs dans l'espoir d'y vivre mieux, en sécurité, avec de quoi voir un avenir. Il faut un encadrement, une aide à l'intégration par des Suisses et des Suissesses qui ont une bonne expérience de leur pays et de l'étranger pour ne pas avoir peur de se baigner dans les préjugés jusqu'aux oreilles, de faire la part des choses et en ressortir grandis à travers le dialogue. De manière simple, il faut aider les populations qui viennent vivre en Suisse en leur expliquant ce qui se fait ou ne se fait pas tout en leur montrant que l'on comprend d'où elles viennent, comment elles avaient l'habitude de vivre et qu'on les accueille en sachant qu'elles vont apporter leur talent, leur culture et contribuer à renforcer une image multiculturelle Suisse qui remonte à la création de la Confédération.