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Où est passée cette passion pour l’Afrique ?

Publié le, 11 octobre 2007 par

Par Papa Diadji Gueye

Le spleen est névrotique avec l’emploi au quotidien de termes tels que le développement, la pauvreté, le partenariat Nord-Sud ou Sud - Sud. L’Afrique, on en parle avec un œil condescendant en dépeignant ses malaises sociaux, ses épidémies, ses guerres fratricides, ses coups d’Etat, sa surpopulation, sa corruption, la rareté de ses biens et services dans un contexte de globalisation accrue. L’attention qu’on lui porte ne se justifie que par les retombées généralement diffuses, parfois manifestes qu’on peut lui extorquer sous la forme d’accords, de partenariat, de traités velléitaires et de politiques d’aide au développement. Sa rente géopolitique s’est étiolée depuis la fin de la guerre froide qui faisait d’elle un point stratégique de confrontation des deux puissances d’alors.


Aujourd’hui l’Afrique est devenue « obsolète », abstraction faite du champ de la rivalité économique entre les grandes puissances comme les Etats-Unis, l'Inde et la Chine à la recherche de nouveaux marchés.

Face à l'âpreté des conditions de vie, les peuples d'Afrique, principalement la jeunesse, ne trouvent qu'une alternative: fuir, fuir et fuir encore pour un improbable eldorado. La mal gouvernance est poignante dans la plupart des pays africains, à quoi s’ajoute une utilisation chaotique des deniers publics, creusant le fossé entre les immensément riches et les extrêmement pauvres.

Lorsque le salaire moyen ne permet plus de vivre de façon modeste, alors il ouvre la voie à la montée de la volonté d’émigration gouvernée par une illusion de la coupure d’avec un quotidien d'une dureté insoutenable.

L’immigration mordicus est devenue un dogme pour beaucoup de jeunes africains qui veulent battre en brèche l’argument de la fatalité de la misère.

Pendant ce temps l’Europe - forteresse organise sa riposte. Au niveau externe, elle brandit la coopération alors qu’elle vise la limitation de l’émigration. Où sont passés les promesses et autres projets comme la Commission Blair sur l’Afrique, les annonces des sommets du G8 etc ?

Au niveau interne l’Europe dresse ses citadelles et affûte la hache de guerre contre ses ennemis inoffensifs, les partenaires d’hier pourtant venus en rédempteurs. Les politiques à l’égard des étrangers sont discriminatoires, astreignantes et étouffantes.


En Suisse, l’affiche des « moutons de l’UDC » n’est que le couronnement d’une volonté politique bien pensée et qui continue encore à gagner en popularité. Pire encore, l’UDC (Union démocratique du centre) en Suisse inspire le Parti Néonazi allemand (NPD).

Ces partis nationalistes croient – ils vraiment à l’intégration des étrangers? Après tout, le social ne passe-t-il pas par la consolidation du national ? « D’abord, moi, ensuite viendront les autres », pense-t-on en citoyen rationnel.

L’illustration en est davantage faite par la victoire aux dernières élections présidentielles en France. Le constat est sans conteste : si vous voulez être élus, soyez sans pitié à l’égard des étrangers. L’amendement Mariani avec l’introduction des tests d’AND en France, n’est-il pas un moyen rusé pour la France de choisir ses partenaires étrangers et de débouter davantage les candidats à l’émigration? L’Europe « choisit ses pauvres » dans ce nouveau système international. Et l’Afrique, comme le montre l’ancienne politique suisse des « trois cercles » devenue aujourd’hui politique des « deux cercles », trône, imperturbable sur le siège du cercle extérieur. On n'a donc recours à sa population que « de façon exceptionnelle », stipule la loi fédérale, c’est-à-dire en cas de nécessité absolue, selon un besoin ponctuel.

Et les cerveaux continuent de fuir on ne sait où (peut-être au Canada devenu ouvert). Les experts mettent en avant l’argument des Etats-Unis d’Afrique pour sortir de cette crise. Abdou Diouf, Secrétaire général de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), invoque la thèse de l’intégration régionale comme solution face à la fuite des cerveaux. Pourtant, les tentatives d’union et de coopération dont la plus saillante est l’Union Africaine (UA) ont encore à faire leurs preuves après maintes années d'existence.

Le NEPAD est presque un mort-né. Ce projet africain présenté comme la « solution pour l’Afrique », est qualifié récemment d’« escroquerie intellectuelle » par le président Wade du Sénégal.

Les organisations censées permettre l’union économique ou régionale s’embourbent dans le labyrinthe de la résolution des conflits internes et fratricides, ce qui ne leur laisse même pas le temps d’œuvrer dans le sens de leur but initial. Pourtant l’heure est aux grands ensembles pour ceux qui veulent s’aligner dans ce contexte de mondialisation. Ceux qui ne le comprennent pas seront condamnés à demeurer la risée du monde industrialisé.