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Désormais il sera bien difficile de nier la signification politique de cette négrophobie et la nécessité d’y répondre de manière appropriée, analyse l’auteur de "L’Afrique au delà du miroir". L’ intellectuel sénégalais que nous avons contacté depuis New – York n’est pas surpris par les inepties de Nicolas Sarkozy.  En effet, dit – il des ouvrages négationnistes qui ont été des best-sellers en France aux récents propos de Sarkozy à Dakar, en passant par les insultes racistes de journalistes comme Marc-Olivier Fogiel et Pascal Sevran et la loi sur les “aspects positifs de la colonisation”, la ligne est droite, il y a une continuité absolue.


New – York - Je ne suis pas surpris par le discours de Sarkozy, je voyais cela arriver et je l’ai parfois écrit. Des ouvrages négationnistes qui ont été des best-sellers en France aux récents propos de Sarkozy à Dakar, en passant par les insultes racistes de journalistes comme Marc-Olivier Fogiel et Pascal Sevran et la loi sur les “aspects positifs de la colonisation”, la ligne est droite, il y a une continuité absolue. Beaucoup d’entre nous ne voulaient pas l’admettre mais une partie significative de la société francaise ne fait plus mystère de sa négrophobie depuis quelques années. Le président francais est bien informé de l´état de son opinion publique et il assume sans complexe de tels préjugés raciaux.


L’indigence du discours de Dakar est d´autant plus manifeste que le  nouveau président  a prétendu prendre de la hauteur. Pas par simple coquetterie, c´était aussi pour faire oublier les mots grossiers (“racaille “, “nettoyer au karcher”) qui l´ont beaucoup aidé dans sa marche vers le pouvoir.  Hélas pour lui, une telle grandiloquence, c’est sidérant, on ne sait absolument pas d’où ça sort ! L’emphase, cela peut parfois masquer le vide de la pensée mais très souvent elle en souligne cruellement la niaiserie. Cela a été le cas avec cette adresse à la jeunesse africaine.
 Tout le monde a bien noté que Sarkozy  a totalement fait abstraction de la politique africaine réelle de la France – soutien à des dictatures sanguinaires, pillage des ressources du continent et complicité dans le génocide des Tutsi du Rwanda – pour se fendre d´une plate apologie de la colonisation. Il n´est pas digne d´un chef d´Etat de parler de la Traite négrière dans les termes où il l’a fait. Ces mots-là vont peser très lourd dans un avenir proche et si la France avait des ambitions africaines hors de son pré-carré, c’est plutôt mal parti pour elle ! Comment expliquer cette attitude si incroyablement irrespectueuse  ? Certes, face à des présidents africains qui n´oseront jamais élever la moindre protestation contre son pays, Sarkozy sait bien qu´il n´a aucune raison de se gêner. Il méprise ces gens au-delà de toute expression. Mais au-delà de ce lien de sujétion politique,  un certain discours, nonchalant et désinvolte, de nos élites sur l’Afrique est en cause. Sarkozy vient de donner aux théoriciens de l’afro-pessimisme une bonne occasion de réajuster leurs analyses, du moins aux plus scrupuleux d´entre eux. La plupart  de ces intellectuels étaient sans doute de bonne foi mais leur réflexion était malheureusement par trop simpliste et désincarnée. Elle se tenait si loin des rapports de force politiques réels – par prudence ou par naiveté  ? – qu’il n’a pas été difficile de la “racialiser” et de la détourner de sa trajectoire naturelle. Au lieu d’aider à un sursaut  des Africains, la littérature afro-pessimiste a surtout fourni des arguments aux racistes – ils citent d´ailleurs ces ouvrages à tout bout de champ, avec une grande délectation – et conforté l’Occident dans son sentiment d´innocence. L’arrogance d´un Sarkozy vient en partie de là.  A mon avis ces auteurs devraient se soumettre, en toute honnêteté, à un examen de conscience. Il y a toutefois quelque chose de bien avec le discours de Sarkozy : il rend de plus en plus difficile, par sa brutalité même, les faux-semblants et les louvoiements. Le fait que Sarkozy  soit à la tête d´un pays important ne l’a pas empêché de dire des inepties mais son statut présidentiel leur donne de l’écho et attire au moins l’attention sur la gravité de la situation. Désormais il sera bien difficile de nier la signification politique de cette négrophobie et la nécessité d’y répondre de manière appropriée.