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Quand sport et féminité s’harmonisent

Publié le, 28 août 2007 par

UN SIFFLET AMAZONE

Par Edem Ganyra

TOGO - Portrait/ - Regard lucide et visage lisse supplantant une stature de sportive drapée dans les charmes de la femme africaine, Mlle Latré-Kayi Edzona Lawson-Hogban, épouse Addablah, fait incontestablement partie des grandes figures féminines du Togo auréolées de distinctions et d’admiration sur le plan international mais cependant mal connues sur leur terre natale. En effet, cette Togolaise de taille moyenne est actuellement sur le continent africain la seule Instructrice d’arbitres de la Fifa (Fédération internationale de football association).

Ses débuts dans le sport

Pour parvenir à ce sommet de l’ arbitrage mondial, Mme Addablah a dû tordre le cou à beaucoup de tabous dans lesquels le monde contemporain embastille encore la femme tout en repoussant par ses talents de féru de sport les limites de ou des exploits que peut réaliser une morphologie humaine jetée par le hasard ou la Providence dans un corps de femme. « Durant mon enfance, j’aimais les jeux pratiqués par les garçons. En 1963, quand j’ai commencé mes premiers pas à l’école, nos enseignants nous donnaient déjà un avant-goût de la pratique sportive », confie-t-elle en se souvenant de ses premiers pas dans le monde sportif en général. Pratiquante de l’athlétisme, du basket-ball et du handball au secondaire durant son cursus scolaire, elle s’est ensuite transformée en supportrice pour ses camarades footballeurs. Toutefois, le tournant dans sa vie de passionnée de sport s’est opéré en 1969 lorsqu’elle est devenue orpheline de père. Adoptée par son grand frère, Laté Ségnéamé Lawson (ancien secrétaire général adjoint de la Ftf, Fédération togolaise de football, futur arbitre et arbitre international, actuellement Instructeur d’arbitres de la Caf, Confédération africaine de football), pour poursuivre ses études à Bidjenga (dans la ville de Dapaong, dans le nord du Togo), Mme Addablah recevra de ce dernier ce qu’elle appelle « une éducation masculine ».                             

A l’école de l’arbitrage

Ancienne attaquante et gardienne de but de football au cours primaire, cette Togolaise débonnaire et au sourire affable prendra résolument la décision de se lancer sur le chemin de l’arbitrage sur proposition de son grand frère et surtout après avoir passé beaucoup de son temps à suivre de près et critiquer les coups de sifflet de ce dernier après des rencontres. Ainsi, à partir de 1991, elle va s’inscrire à des cours d’arbitrage à Lomé. De 1992 à 1993, elle a eu à officier des matches de D2 (Deuxième division) régionale. Son grade d’arbitre de district dans la poche en 1993, elle dirigera par la suite des rencontres de D2 nationale. 1995 a été pour elle l’année d’obtention de son grade d’arbitre de Ligue. Ella aura donc l’honneur et le privilège de diriger des matches de D1 (Première division) en tant qu’arbitre assistante. Ce parcours hors pair sera couronné en 1997 par la réussite à son examen du grade d’arbitre fédéral (le diplôme le plus gradé de sa profession).
A partir de 1998, les portes d’une carrière internationale vont s’ouvrir à cette détentrice d’un baccalauréat scientifique (série D) et secrétaire de direction de formation, avec son admission sur la liste Fifa en tant « qu’arbitre assistante internationale ». Sur son palmarès d’arbitre, on retrouve des matches internationaux dont un quart (1/4) de finale de la Coupe de l’Ufoa (Union des fédérations ouest-africaines). Par ailleurs, sur le plan national, Mme Addablah a eu à diriger presque toutes les finales des compétitions organisées par la Ftf. Cette progression atypique dans le monde du sifflet lui vaudra de ce fait en 2002 le « Prix Houinyigan de la femme sportive de l’année ».

Conseils à la jeune génération

A travers le prisme de son rang d’Instructrice d’arbitres Fifa, cette mère de deux filles estime que « l’arbitrage togolais se porte bien ». Elle conseille le « droit au sport pour les femmes, l’éducation par le sport et le changement de mentalité » à ses contemporains pour une plus grande représentativité de la femme dans le monde sportif. Partisane de la promotion du football sur le plan mondial, Mme Addablah qualifie cette discipline sportive de « courroie d’éducation pour toute une nation ». Aux jeunes filles, elle leur demande de se « mettre au sport pour être libérées du joug des hommes » !
Pour transmettre son savoir du sifflet à la jeune génération d’arbitres togolais, l’Instructrice Fifa est Secrétaire général de deux « Centres du football féminin » (dédiés à l’ initiation des jeunes Togolais aux règles du football) situés respectivement à Nyékonakpoè et à Adidigomé (deux quartiers de la capitale togolaise). Toujours dans la peau d’Instructrice de l’instance dirigeante du football mondial, Mme Addablah a eu à participer à la dernière Coupe du monde féminine (Russie 2006) en tant qu’assesseur. Elle a également été commissaire du match Cameroun-RD Congo comptant pour les éliminatoires des 9èmes Jeux africains. C’était juste en février 2007.