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1er mai 2006 – Hôtel Bristol – Genève- ( Suisse)- Ce jour là au Sénégal, la Télévision nationale passsait en rétrospective tous ses films. Qu'en pense -t-il : " Cela me fait plaisir". Quelle modestie cet Ousmane! Autodidacte, il a été couronné par le jury du Grand Prix du Président de la République pour les lettres pour l’ensemble de son oeuvre. A cette occasion Madior Diouf, Maître de Conférences à l'Université de Dakar et homme politique disciple de Cheikh Anta Diop écrivait: " Les trente-sept ans de vie littéraire de cet autodidacte grand romancier et nouvelliste ont ainsi été reconnus dans leur nature de phénomène majeur des lettres africaines de langue française. Ecrivain d’Afrique noire par la nature des choses qui ne relèvent guère d’un choix, SEMBENE a produit en langue française une oeuvre qui, comme le phare des mamelles à Dakar, comme la Tour Eifel ou La Princesse de Clèves, comme l’oeuvre de Léopold Sédar SENGHOR en poésie, celle de l’historien Cheikh Anta DIOP, celle de Birago DIOP conteur, s’impose par son originalité, son rôle historique et son art marqué par la vigueur et la fierté de l’innovation."

Pour Sembène, le plus important c'est l'action pour libérer son peuple et l'Afrique - Mère.

"Laissez - moi vivre ma vie. Vous verrez après ma mort". C'était Sembène Ousmane. Il croyait aux thèses de Cheikh Anta Diop, l'antiquisant qui a demandé à l'instar de Nkumah aux Africains de créer un Etat fédéral sinon ils vivraient l'enfer. Sembène, c'est l'Africain qui a défendu la cause des Tirailleurs Sénégalais avec son "Camp de Thiaroye", film dont on peut voir l'artiste panafricaniste Ismael Lo, tête rasée! Sur l'excision il est clair " Oui, je condamne l'excision".

Son film primé à Cannes « Moolaadé » ou « Lakhoo » en Wolof signifie le droit d'asile qui a toujours existé en Afrique. Ce film est une lutte au quotidien. L'héroïsme de Collé Ardo, une femme, surgit du substrat culturel car le droit d'asile est un droit inaliénable." L'Afrique n'est pas une planète hors de notre cosmos. Ce Continent est capable du bien comme du mal" soutenait Sembène. Pour lui " Se battre pour l'Afrique, est un acte individuel. C'est à chaque jeune de s'engager librement pour défendre le Continent".

Couronné dans la rubrique un "Certain Regard" du Festival du film de Cannes, il dit: " Je ne demande rien. J'ai fait mon travail. Cette distinction est la récompense du travail passé"

Et pour ceux qui croient que les Vieux ont toujours raison. Lui il avait 84 ans au moment où il me recevait à Genève avec mon collègue Jean Marc Baehler, animateur de l'émission "Republik Kalakuta" sur la Radio Couleurs 3 en Suisse. Il déclarait : " Il n’y a pas d'âge pour la bêtise. J'essaie de restituer à mon peuple son miroir tel que je le vois". Jean Marc était venu au rendez - vous avec ses deux enfants. Ils jouaient comme tous les gamins de leur âge. Ils étaient montés sur le lit. Ousmane ne disait rien. Et ce qui m'a le plus frappé, il tenait entre ses mains sa légendaire pipe. Il ne l'a jamais allumée devant nous. Devant les deux jeunes enfants. Quel respect!

Il croyait beaucoup en la jeunesse : " Il y a une nouvelle génération qui est en train de naître en Afrique" et d'ajouter : " Il y a une rupture avec une certaine vision européaniste du monde". Il affirmait avec courage " « On ne sort pas indemne de trois siècles d'esclavage, suivis d'un siècle de colonisation. Mais c'est à nous de nous solidifier". Et loin donc de mettre tout le malheur de l'Afrique sur les autres, il nous prophétisait : " Les Etats - Unis d'Afrique, constituent un regroupement positif. Nous avons tous en Afrique le même substrat culturel" et de poursuivre : " Le Sénégal tout seul, le Mali seul, la Guinée toute seule, constituent une faiblesse. C'est regroupés que nous sommes forts". " Les autres peuples, affirmaient - ils, m'ont appris des choses. Mais nous voulons nous retrouver et créer un nouvel Etat". Et son plaidoyer: " Nous devons appuyer et donner corps à un Etat fédéral". " Les Africains doivent connaître leur culture et en être fiers".

" J'essaie de donner conscience Je ne fais pas que transmettre, je participe aussi activement. Cependant c'est aux jeunes de continuer. C'est aux jeunes comme Gorgui d’aller plus loin". Quand il a cité mon nom dans sa phrase, lui que j'ai considéré comme un mythe. Et qui l'est resté. Je l'ai regardé. Au fond de moi je savais que je ne le reverrai plus. Je lui ai parlé de ContinentPremier dont il a été briefé par son attaché de presse un Suisse allemand, il a dit : " Se battre pour l'Afrique, est un acte individuel. C'est à chaque jeune de s'engager librement pour défendre le Continent". Il était d'avis qu'il faut réveiller les consciences. Les rappeurs, c'étaient ses amis: « Les rappeurs sont courageux. Le Rap, c'est ma musique préférée car il faut réveiller les consciences. J'approuve les rappeurs et je les admire".

« Avec son décès, l’Afrique perd un de ses plus grands cinéastes et un fervent défenseur de la liberté et de la justice sociale. Je rends hommage au pionnier du cinéma africain, à l’artiste et à l’écrivain qui a, le premier, montré l’Afrique au monde entier. Il a su, avec le talent immense qui le caractérisait, dépeindre un Continent fier de sa culture tout en dénonçant les injustices qui perdurent» a déclaré l'ancien président du Sénégal, Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie.

Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE